Le focus ingrédients cosmétiques met l’accent sur un composant ou groupe d’ingrédients cosmétiques qui nécessite un peu plus d’explications ou d’approfondissement.
Colorations pour cheveux « sans ammoniaque » ou « à base d’huile végétale » : greenwashing coloration cheveux
Depuis plus de dix ans, les analyses menées sur le site mettent en évidence une réalité constante : la majorité des colorations capillaires dites “naturelles” relèvent du greenwashing. Dès 2011, de nombreuses marques se sont retrouvées classées dans la catégorie « Attention, Greenwashing », notamment Naturtint, Herbatint ou encore Tints of Nature.
Le discours est désormais bien rodé. Illustrations botaniques, promesses rassurantes, mentions « sans ammoniaque », « à base d’huile végétale », « enrichi en extraits de plantes » ou même « vegan » : tout concourt à donner l’illusion d’une coloration plus douce, plus naturelle, donc supposément moins nocive. Est-ce que c’est réellement le cas ?
Greenwashing Coloration cheveux
L’analyse des compositions raconte une toute autre histoire.
« Sans ammoniaque » : un argument marketing, pas une garantie de sécurité
L’indication « sans ammoniaque » est devenue un incontournable des emballages. Pourtant, elle constitue l’un des exemples les plus flagrants de détournement marketing du risque.
Dans l’immense majorité des cas, l’ammoniaque est remplacée par des substances tout aussi controversées que l’éthanolamine, le resorcinol, P-Phenylenediamine, Monoéthanolamine outoluène-2,5-diamine sulfate, par exemple.
Sans ammoniaque, Ok, mais quels composants à la place ?
Les substances listées juste avant sont certes moins odorantes, elles n’en sont pas moins problématiques sur le plan toxicologique, notamment en raison de sa capacité à former des nitrosamines cancérigènes ou en tant que perturbateurs endocriniens..
Autrement dit, supprimer l’ammoniaque ne supprime pas les substances chimiques problématiques, mais modifie simplement la formulation globale
Huiles végétales et extraits de plantes : souvent un simple décor
De nombreuses marques revendiquent des formules «à base de composants naturels». Or, la présence d’huiles végétales ou d’extraits de plantes n’atténue en rien les risques des colorations chimiques. Ce sont les colorants d’oxydation, solvants, agents alcalins et autres substances de synthèse qui déterminent la nature et le niveau de risque du produit.
Greenwashing coloration cheveux
Le camouflage va parfois très loin : mention « vegan », mise en avant de micro-quantités d’ingrédients végétaux, discours axé sur le soin… pendant que la base chimique reste inchangée.
Exemple emblématique : INOA de L’Oréal
Présentée comme une coloration permanente « révolutionnaire », « sans ammoniaque », « à base d’huile » et « végane », la gamme INOA illustre parfaitement cette stratégie.
La liste INCI révèle pourtant une formulation composée de substances chimiques controversées, typiques des colorations d’oxydation. La promesse d’une coloration « douce » repose ici uniquement sur le discours, non sur la composition.
Conclusion : sans ammoniaque, peut-être ; à base d’huile, officiellement ; mais chimiquement identique à une coloration classique. A classifier dans la catégorie greenwashing coloration cheveux.
Beliflor Douss Color : le bio comme argument d’emballage
La coloration Douss Color met en avant des huiles végétales biologiques et une kératine dite végétale. L’analyse complète des listes INCI — émulsion révélatrice et crème colorante — montre pourtant une base chimique standard, comparable aux autres colorations permanentes.
Conclusion : quelques ingrédients bio, mais une coloration chimique avant tout. RAS, catégorie coloration cheveux greenwashing, également.
Herbatint : la promesse de la « formule douce »
Souvent aussi vendue en magasins bio, Herbatint affirme proposer une coloration permanente sans ammoniaque, sans PPD, sans résorcinol, enrichie en extraits végétaux.
La lecture attentive des ingrédients du gel colorant, du révélateur et du soin post-coloration montre toutefois la présence de colorants d’oxydation et d’agents chimiques classiques.
Conclusion : une simple coloration chimique, malgré une communication orientée « douceur » et naturalité. Et toujours : greenwashing coloration assuré.
Garnier Olia : « activée par l’huile », vraiment ?
Garnier présente Olia comme la première coloration permanente sans ammoniaque activée par 60 % d’huile. L’examen de la composition révèle cependant un mélange de substances chimiques controversées, utilisées pour l’oxydation et la fixation des pigments.
Conclusion : l’huile sert ici de levier marketing, pas de fondement formulatoire. Donc aussi à ranger dans la catégorie : greenwashing coloration cheveux.
Comment reconnaître une coloration chimiquement risquée ?
Coloration permanente = coloration d’oxydation
Toute mention de « coloration durable » ou « permanente » indique l’utilisation de mécanismes chimiques lourds modifiant la structure du cheveu.
Avertissements réglementaires
Les mentions obligatoires relatives aux allergies sévères sont caractéristiques des colorations chimiques. Leur présence est un indicateur clair.
Mentions « contient… »
Les substances à risque élevé doivent être signalées explicitement. Ces indications, souvent discrètes, sont essentielles pour identifier la nature réelle du produit.
Une même base chimique pour toutes les marques citées
Qu’il s’agisse de Garnier, Beliflor, Herbatint ou L’Oréal, les formulations reposent sur la même base de colorants chimiques autorisés par la réglementation européenne. Il n’existe donc pas, parmi les colorations permanentes, de produit réellement « moins risqué ».
Ce constat est d’autant plus problématique que certaines de ces colorations (Herbatint/ Beliflor) sont aussi vendues dans des magasins bio ou sur des sites spécialisés en cosmétique naturelle ou en magasins bio, parfois sans liste INCI clairement accessible.
Une seule alternative cohérente
Face à cette réalité, les colorations purement végétales, certifiées par des labels de cosmétique naturelle et biologique (Cosmébio, Cosmos, BDIH, Natrue, Soil Association USDA Organic, Ecocert, etc), restent les seules alternatives aux colorations chimiques traditionnelles.
⚠️ Femmes enceintes, adolescentes, enfants : une population particulièrement vulnérable
La question des colorations chimiques est d’autant plus problématique pour les femmes enceintes, les adolescentes et les enfants. Ces populations sont plus sensibles à l’exposition répétée à des mélanges complexes de substances chimiques ( perturbateurs endocriniens, PFAS, microplastiques), notamment en raison de la concentration des composants, de la fréquence d’utilisation et de la problématique bien documentée de l’effet cocktail.
L’effet cocktail
Les colorations chimiques permanentes reposent sur des substances capables d’interagir entre elles, augmentant ainsi le risque potentiel, même lorsque chaque composant est autorisé individuellement. Cette exposition cumulative pose un enjeu majeur pour les populations particulièrement vulnérables aux perturbateurs endocriniens, dont les effets peuvent être amplifiés durant des périodes clés du développement, comme la grossesse, la puberté ou l’enfance.
Femmes enceintes & colorations chimiques : à éviter
Dans ce contexte, les colorations chimiques — qu’elles soient “sans ammoniaque”, “à base d’huile” ou “vegan” — devraient être strictement évitées pour ces catégories de population.
FAQ : Ce que le marketing des colorations pour cheveux ne dit pas
Une coloration sans ammoniaque est-elle moins risquée ?
Non. L’ammoniaque est généralement remplacée par d’autres substances chimiques, problématiques, en gardant le procédé chimique de coloration.
Les huiles végétales rendent-elles une coloration chimique plus sûre ?
Non. Elles n’annulent pas les risques liés aux composants chimiques responsables de la coloration.
Toutes les colorations vendues en magasin bio sont-elles forcément naturelles ?
Non. Certaines colorations chimiques sont vendues en magasin bio ou sur des sites spécialisés, sans que leur nature chimique soit clairement mise en avant.
Les colorations chimiques sont-elles adaptées aux femmes enceintes ?
Non. En raison de la concentration de substances chimiques, de l’effet cocktail et de la sensibilité accrue aux perturbateurs endocriniens, les colorations chimiques sont à bannir pendant la grossesse.
Les adolescentes et les enfants peuvent-ils utiliser des colorations chimiques ?
Ce n’est pas recommandé. Les adolescentes et les enfants constituent une population particulièrement vulnérable. L’exposition à des mélanges de substances chimiques, notamment des colorants d’oxydation, présente un risque accru et doit être évitée.
Existe-t-il des alternatives aux colorations chimiques ?
Oui. Les colorations purement végétales de marques certifiées, relevant de la cosmétique naturelle et biologique, constituent les seules alternatives aux colorations chimiques traditionnelles.
L’octocrylène, un ingrédient cosmétique sous surveillance
Le problème dans les crèmes solaires ne se limite pas à une simple question de marque ou de protection solaire, mais concerne surtout aussi la question des ingrédients controversés.
Qu’est-ce que l’octocrylène ?
Ces derniers temps c’est l’octocrylène, un filtre UV chimique largement utilisé dans les ingrédients cosmétiques (solaires, crèmes hydratantes, maquillages, parfums), qui est au cœur des débats et qui a fait le tour de la presse.
L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) a récemment demandé une restriction majeure de cette substance. La France appelle désormais l’Union européenne à limiter ou interdire l’usage de l’octocrylène dans les produits cosmétiques.
Chaque année, plus de 1 500 tonnes d’octocrylène sont utilisées dans les cosmétiques en Europe, selon l’ANSES.
Quels sont les risques pour la santé et l’environnement ?
Le risque pour l’environnement
L’octocrylène n’est pas qu’un simple ingrédient technique : selon les analyses de l’ANSES, il présente des risques pour l’environnement, notamment pour les espèces aquatiques comme Daphnia magna. Il a également été identifié comme problématique pour les eaux douces, marines, sédiments et sols agricoles.
L’agence précise :
« La principale source de contamination de l’environnement vient des produits cosmétiques contenant de l’octocrylène. La substance appliquée sur la peau se retrouve dans les eaux usées et les milieux aquatiques. »
Au-delà de l’environnement : un danger pour la santé
Selon plusieurs études, l’octocrylène se dégrade dans le tube en benzophénone, un composé reconnu comme perturbateur endocrinien et suspecté d’être cancérogène. Cette découverte relance la question de la transparence des produits cosmétiques et de la nécessité d’un décodage précis des formules.
🔍 Ce décryptage d’étiquettes est essentiel: de nombreux produits conventionnels contiennent encore des substances chimiques classées CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) ou perturbateurs endocriniens.
« L’effet cocktail » des filtres UV chimiques
Même si l’octocrylène venait à être interdit, le problème ne s’arrêterait pas là. De nombreux autres filtres UV de synthèse comme le benzophénone-3 (oxybenzone), avobenzone, homosalate ou octinoxate continuent d’être utilisés, malgré leurs effets potentiels sur la santé et l’environnement.
Cet effet cocktail, c’est-à-dire l’accumulation de plusieurs substances chimiques controversées, augmente les risques de perturbations hormonales ou écologiques.
Comment choisir une crème solaire sans octocrylène ?
Pour éviter ces ingrédients problématiques, privilégiez les solaires certifiés bio.
Ces formules plus transparentes n’autorisent que deux filtres minéraux :
💡 En cas de doute, effectuez une analyse d’ingrédients via la liste INCI de votre produit et notre outil de décodage de formules pour vérifier la composition.
Vers plus de transparence dans les cosmétiques
Le débat autour de l’octocrylène illustre un besoin croissant de transparence des produits et d’un décodage clair des ingrédients cosmétiques.
Comprendre ce que contiennent réellement nos soins, c’est aussi agir pour notre santé et pour la planète.
Pourquoi la marque Charlotte Tilbury est-elle si populaire ?
Depuis le lancement de sa marque en 2013, Charlotte Tilbury est devenue une figure incontournable de l’univers du maquillage et du skincare.
Sa mission : « permettre à chacun de se sentir beau et confiant, grâce à des formules innovantes et au pouvoir transformateur des cosmétiques. »
Mais en ce qui concerne la célèbre Magic Cream, la formule est-elle réellement à la hauteur de ses promesses ?
Ce que la marque affirme sur la « Magic Cream »
Sur le site officiel, la Magic Cream est présentée comme un cocktail d’ingrédients naturels puissants aux effets hydratants, lissants et repulpants :
« Charlotte’s Magic Cream contient un mélange magique d’ingrédients puissants, sélectionnés avec soin par des experts et qui travaillent en synergie pour obtenir des résultats visibles cliniquement prouvés ! »
Cushion & Lift Mesh Technology – « un mélange composé à 4 % d’huile d’églantier, riche en vitamine F antioxydante, d’émollients repulpants et d’extrait d’avoine, riche en alpha-glucanes.«
Vitamines C & E – Pour un teint plus lumineux et uniforme.
Complexe de peptides repulpants – Pour réduire l’apparence des ridules.
Acide hyaluronique – Hydratation jusqu’à 24 h.
Aloe vera – Pour apaiser et hydrater.
Extrait de fleur de frangipanier – Effet adoucissant et parfum délicat.
Huile de camélia – Pour un fini lumineux.
Beurre de karité – Pour nourrir et adoucir.
À première vue, on imagine une formule naturelle et bienfaisante… Mais la liste INCI révèle une réalité différente.
Liste complète des ingrédients de la Magic Cream
Voici la liste officielle INCI de la Magic Cream :
Verdict : la Magic Cream tient-elle ses promesses ?
Malgré son image de luxe et la promesse d’une formule composée d’un mélange « magique d’ingrédients puissants »,la Magic Cream de Charlotte Tilbury est loin d’être le cocktail d’ingrédients naturels suggéré par la marque dans le descriptif du produit.
Les extraits végétaux représentent une faible proportion de la formule, largement dominée par des filtres solaires chimiques, silicones et conservateurs. Bref, « nothing new under the sun », comme on dirait en anglais.
➡️ Cette crème ne pourrait pas être certifiée bio selon des labels sérieux comme COSMOS, Ecocert, BDIH, Soil Association ou AIAB.
Conclusion : On est plus du côté d’une campagne marketing réussie que d’une formule magique d’une crème qui vous métamorphoserait comme par magie.
Comment choisir de meilleurs produits cosmétiques ?
Pour éviter ce type de formulation, il est essentiel de :
✅Apprendre à « lire une liste d’ingrédients », (sans tout apprendre par coeur) ✅Identifier les substances à éviter (voir toutes les ressources disponibles sur le site) ✅Se fier à des labels fiables (COSMOS, Ecocert, Nature & Progrès, etc.)
FAQ sur la Magic Cream de Charlotte Tilbury
Q : La Magic Cream est-elle naturelle ? R : Non. Malgré la communication marketing, la majorité des ingrédients sont synthétiques.
Q : La Magic Cream est-elle sans danger ? R : Elle est autorisée à la vente, bien sûr, mais contient plusieurs substances controversées (perturbateurs endocriniens suspectés, silicones, conservateurs controversés).
Q : Est-elle certifiée bio ? R : Non, elle ne respecte pas les critères des labels bio européens.
Q : Existe-t-il des alternatives plus sûres ? R : Oui, privilégiez les crèmes hydratantes portant un label certifié (COSMOS, Ecocert, Natrue, Soil Association, USDA organic, etc.) et sans ingrédients controversés, type perturbateurs endocriniens.
Vous voulez passer aux cosmétiques efficaces et sans perturbateurs endocriniens ?
À reconnaître les perturbateurs endocriniens les plus courants
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À identifier les labels fiables et les ingrédients sûrs
À passer à une routine plus saine… sans stress et sans culpabilité
Une enquête de BBC World Service révèle l’envers du décor
Le travail des enfants parfum est au cœur d’une enquête de la BBC. L’industrie du parfum de luxe, symbole de raffinement et de prestige, cache une réalité bien plus sombre : l’exploitation d’enfants dans la récolte des matières premières. Selon le documentaire « Perfume’s Dark Secret » diffusé par BBC World Service en juin 2024, certaines grandes marques mondiales seraient indirectement liées à l’utilisation de main-d’œuvre infantile dans leurs chaînes d’approvisionnement, notamment pour le jasmin égyptien, un ingrédient phare de parfums iconiques.
Le jasmin égyptien : une fleur précieuse au prix humain élevé
Plus de 50 % de la production mondiale de jasmin provient d’Égypte, notamment de la région d’Al-Gharbia. Dans le village de Shubra Beloula El-Sakhaweya, qui fournit 75 % du jasmin égyptien, des enfants – parfois âgés de seulement 5 ans – travaillent dans les champs dès 3 heures du matin. Payés moins d’un dollar par jour, ces cueilleurs subissent manque de sommeil, blessures, allergies cutanées et oculaires dues à la manipulation prolongée des fleurs.
Une réalité cachée derrière les senteurs les plus prisées
Des marques emblématiques mises en cause
L’enquête de la BBC pointe notamment :
Lancôme (L’Oréal) et son parfum Idôle L’Intense
Estée Lauder avec Aerin Ikat Jasmine et Limone Di Sicilia
Ces maisons affirment avoir une politique rigoureuse vis-à-vis du travail des enfants, mais les images tournées sur le terrain révèlent des violations flagrantes de leurs engagements.
Un problème structurel lié au prix d’achat
Le commerce du jasmin égyptien, estimé à 6,5 millions de dollars, repose sur une main-d’œuvre mal rémunérée. Un kilogramme de fleurs ne vaut que 45 EGP (environ 1 $), un tarif fixé par les usines qui alimente la précarité et pousse les familles à faire participer leurs enfants à la récolte.
Des audits inefficaces et un manque de transparence
Les systèmes de contrôle mis en place par l’industrie du parfum échouent à protéger les enfants. Tomoya Obokata, Rapporteur de l’ONU sur les formes contemporaines d’esclavage, s’est dit “profondément troublé” par les preuves recueillies par la BBC. Selon lui, les marques promettent sur le papier la transparence et l’éthique, mais la réalité montre qu’elles ne respectent pas toujours leurs engagements.
Un appel urgent à l’action
Pour mettre fin au travail des enfants dans la parfumerie, plusieurs mesures sont indispensables :
Payer un prix juste aux producteurs afin d’éviter le recours à la main-d’œuvre infantile
Renforcer les audits indépendants sur le terrain
Imposer la transparence légale des chaînes d’approvisionnement
Informer et mobiliser les consommateurs
Le rôle clé des consommateurs
Le combat contre l’exploitation des enfants dans l’industrie du parfum doit être mené à tous les niveaux, en commençant par une prise de conscience collective.
De votre côté, vous avez également la possibilité d’interpeller vos marques de parfum préféré et leur poser les questions sur les filières d’approvisionnement, par exemple.
Les consommateurs peuvent jouer un rôle central dans cette évolution en privilégiant les marques qui sont réellement engagées dans des pratiques éthiques.
En choisissant des marques réellement engagées dans des pratiques éthiques, les acheteurs peuvent exercer une pression sur l’industrie. Poser des questions sur l’origine des matières premières ou soutenir des labels certifiés peut contribuer à réconcilier luxe et respect des droits humains.
Réconcilier luxe et… éthique
Les entreprises concernées devraient prendre des mesures concrètes pour éliminer le travail des enfants, notamment en garantissant des prix équitables pour la récolte dès le départ.
Les responsables politiques ont également un rôle à jouer pour imposer la transparence des chaînes d’approvisionnement, et la pression des consommateurs peut également intervenir pour faire basculer le comportement des marques.
Le triclosan est un agent antibactérien et antifongique de synthèse, utilisé depuis les années 70 dans des centaines de produits du quotidien : cosmétiques, dentifrices, gels douche, déodorants, vêtements, jouets, ustensiles de cuisine, et même tapis ou sacs poubelle. Bref, on le retrouve un peu partout.
❌ Une molécule toujours présente, mais loin d’être anodine.
Derrière son image de « propreté” et de “bactéricide”, le triclosan est aujourd’hui dans le viseur de la communauté scientifique et des ONG environnementales. Pourquoi ? Parce qu’il s’accumule dans notre corps, dans l’environnement, et interfère avec notre système hormonal. Rien que ça.
⚠️ Pourquoi le triclosan est-il dangereux ?
1. Un perturbateur endocrinien suspecté
Le triclosan peut altérer le fonctionnement hormonal, avec des conséquences lourdes sur la santé :
Si aucune étude n’a, à ce jour, tranché de manière définitive sur la cancérogénicité directe du triclosan, son interaction avec le chlore (présent dans l’eau potable) peut générer du chloroforme, classé cancérigène possible par le CIRC. Il peut aussi être contaminé par des dioxines, substances hautement toxiques et bioaccumulables.
3. Un allergène et irritant potentiel
Le triclosan est suspecté de provoquer des réactions allergiques (asthme, eczéma, difficultés respiratoires). Une étude américaine a révélé que les enfants exposés au triclosan développaient davantage d’allergies que les autres.
Triclosan et environnement : un poison silencieux qui affecte aussi les animaux
🌍 Un polluant persistant
Le triclosan est non biodégradable,toxique pour la faune aquatique et hautement persistant. Il contamine les rivières, les sols, les océans, et par conséquence même les tissus des animaux marins.
Une étude menée entre 2012 et 2018 sur 83 dauphins et baleines échoués sur la côte sud-est des États-Unis a mis en évidence la présence de triclosan dans leur tissus.
👶 Triclosan et lait maternel : un danger pour les nourrissons
Une étude récente de la *University of California San Diego School of Medicine* (juillet 2022) a révélé que le triclosan, transféré via le lait maternel, pouvait provoquer une atteinte hépatique chez les nouveau-nés, notamment une stéatose hépatique non alcoolique.
Triclosan: Perturbateur endocrinien
💣 Le triclosan favorise-t-il les bactéries résistantes ?
Oui. Une étude publiée dans Antimicrobial Agents and Chemotherapy démontre que le triclosan pourrait favoriser l’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques, y compris E. coli, connue pour provoquer des colites et autres troubles intestinaux. Donc un agent antibactérien catégorie « Monsieur Propre », qui dépasse largement les bornes et finit par nuire dans tous les sens.
Dans quels produits retrouve-t-on encore du triclosan ?
✅ Cosmétiques autorisés par la réglementation européenne (concentrations maximales) :
Produit
Concentration max. autorisée
Dentifrices
0,3%
Gels douche, savons, déodorants (hors spray)
0,3%
Poudres visage, fonds de teint
0,3%
Produits pour ongles (nettoyage avant vernis artificiel)
0,3%
Bains de bouche
0,2%
❓ Le triclosan est-il encore autorisé par la législation en Europe ?
Oui. Malgré une mobilisation scientifique majeure, l’Europe autorise toujours son utilisation dans les produits mentionnés ci-dessus, même s’ils est autorisé que de manière encadré.
📢 Un appel international au bannissement du triclosan
🌿 Existe-t-il des alternatives sûres au triclosan ?
Heureusement, oui. Il suffit de se tourner vers toute la panoplie des conservateurs non toxiques qui peuvent remplacer le triclosan, notamment aussi ceux utilisés dans les cosmétiques naturels et bio.
Astuce :privilégiez les cosmétiques labellisés bio, le triclosan ne fait pas partie des ingrédients autorisés par les différents labels.
⚠️ L’effet cocktail : une menace invisible mais bien réelle
On n’est jamais exposé uniquement à une substance, comme le triclosan.
Ce composant s’ajoute à une multitude d’autres substances chimiques présentes dans nos produits du quotidien : parabènes, phtalates, filtres UV, parfums de synthèse, PFAS, microplastiques… Individuellement, chaque substance peut sembler inoffensive aux concentrations autorisées. Mais ensemble, leurs effets se cumulent et interagissent. Ce phénomène, appelé effet cocktail, est aujourd’hui largement sous-estimé par la réglementation.
Pourtant, il pourrait multiplier les risques sanitaires, en particulier sur le système endocrinien, immunitaire, ou lors de périodes sensibles comme la grossesse ou l’enfance.
Ce n’est pas la dose seule qui fait le poison, c’est la combinaison de toutes les expositions, invisibles mais quotidiennes. En ce qui concerne les produits cosmétiques, on retrouve malheureusement encore trop de substances préoccupantes (perturbateurs endocriniens et autres substances controversées), même dans les produits pour femmes enceintes, enfants ou tout-petits, comme le démontrent les différents tests produits du site.
✅ Conclusion : pourquoi faut-il éviter le triclosan à tout prix ?
Le triclosan est :
Un perturbateur endocrinien suspecté
Un polluant environnemental persistant
Un allergène et un irritant
Un contaminant détecté dans le lait maternel et la faune marine
Comment éviter les perturbateurs endocriniens au quotidien, d’ailleurs ?
On le soulignera jamais assez, la problématique ne concerne pas QUE certains composants cosmétiques, mais une grande partie de nos objets du quotidien et de notre alimentation. Éviter les pesticides dans l’alimentation, en favorisant l’agriculture biologique, va déjà dans ce sens.
Mais ce sont réellement nos choix de consommation, au quotidien, qui permettront déjà d’éviter de rajouter des perturbateurs endocriniens à ceux déjà présents sur le marché.
Cosmétiques et perturbateurs endocriniens : agir plutôt que subir
Son objectif : vous donner les clés scientifiques et pratiques pour :
Identifier les familles de molécules problématiques (phtalates, parabènes, alkylphénols, etc.)
Décoder les stratégies de greenwashing utilisées par certaines marques
Choisir en toute connaissance de cause des alternatives réellement plus sûres
Comment éviter les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques ?
Précautions légitimes ou perception biaisée ?
En France, les cosmétiques à base d’huiles essentielles font l’objet de nombreuses critiques, notamment dans la presse.
Entre précautions légitimes et exagérations, l’utilisation des huiles essentielles dans les soins de beauté est régulièrement pointée du doigt.
Mais ces avertissements sont-ils réellement fondés, ou relèvent-ils d’une perception biaisée ?
Les huiles essentielles : puissantes… par nature
Les huiles essentielles sont reconnues pour leurs propriétés puissantes : elles sont naturellement riches en actifs, ce qui explique leur efficacité en aromathérapie comme en cosmétique. Toutefois, leur utilisation doit être encadrée : certaines peuvent notamment être photosensibilisantes ou provoquer des réactions si elles sont utilisées pures ou à trop forte concentration. D’autres ne sont pas adaptées aux enfants ou femmes enceintes, par exemple.
Mais contrairement à bon nombre de substances chimiques utilisées dans les cosmétiques conventionnels, les huiles essentielles sont connues et documentées depuis des siècles. Leurs effets, interactions et précautions d’emploi sont bien établis, ce qui n’est pas toujours le cas des composés de synthèse, souvent relativement récents et peu étudiés sur le long terme. Surtout en ce qui concerne la problématique de leur interactions potentielles, connu sous le nom de « effet cocktail ».
Le paradoxe des cosmétiques naturels et bio à base d’huiles essentielles
Méfiance & mauvaises notes
Face à la montée des préoccupations sanitaires, de nombreux consommateurs se tournent vers des cosmétiques naturels ou certifiés bio, formulés avec des huiles essentielles à la place de substances synthétiques controversées, notamment pour la partie parfumante.
Pourtant, ces produits sont régulièrement déclassés ou en tout cas moins bien notés dans les tests consommateurs en France ou les applications d’évaluation des cosmétiques (Yuka, INCI Beauty etc) à cause de la présence de composants jugés « potentiellement allergènes » comme le Linalool ou le Géraniol, naturellement présents dans de nombreuses huiles essentielles.
Pourquoi les huiles essentielles sont essentielles en cosmétique
Dans les cosmétiques bio, les huiles essentielles jouent plusieurs rôles : elles servent d’agents parfumants naturels, apportent des propriétés actives (purifiantes, apaisantes, tonifiantes, etc.) et contribuent parfois aussi à la conservation du produit.
Les différents labels et chartes bio interdisent l’usage de parfums ou conservateurs de synthèse très controversés, ce qui fait des huiles essentielles un choix privilégié dans ces formulations.
Remplacer les huiles essentielles… par les parfums des synthèse ?
Renoncer totalement aux huiles essentielles reviendrait à privilégier des produits aux parfums de synthèse, souvent associés à des substances controversées comme les phtalates (perturbateurs endocriniens), les muscs synthétiques (bioaccumulables), ou d’autres composés chimiques, comme des conservateurs potentiellement toxiques ou polluants.
Tous les composants à base d’huiles essentielles sont-ils à éviter ?
La réglementation européenne impose d’indiquer certains composants potentiellement «allergènes» sur l’étiquette (liste INCI) dès qu’ils dépassent un seuil. Cela concerne aussi bien des composés naturels issus d’huiles essentielles (Citral, Limonene, Géraniol, etc.) que des parfums de synthèse.
Mais faut-il les éviter systématiquement ?
Des études, comme celles menées par l’IVDK en Allemagne, montrent qu’il existe de grandes différences de potentiel allergène entre ces substances. Par exemple, une substance fréquemment utilisée, mais rarement allergisante, est classée comme peu problématique.
🔬1) Étude de l’IVDK (Allemagne) sur la sensibilisation aux huiles essentielles (2010–2019)
Cette étude, menée par le réseau IVDK (Information Network of Departments of Dermatology), a analysé les données de 10 930 patients testés par patch pour 12 huiles essentielles différentes. Les résultats ont montré que 8,3 % des patients ont réagi positivement à au moins une huile essentielle, avec des taux de réaction supérieurs à 1 % pour certaines huiles comme l’ylang-ylang, la citronnelle, le jasmin absolu, le bois de santal, le clou de girofle et le néroli. Les auteurs concluent que la sensibilisation aux huiles essentielles est relativement rare, mais plus fréquente chez certains groupes professionnels tels que les masseurs et les esthéticiennes.([osnascholar.ub.uni-osnabrueck.de][1], [cris.fau.de][2])
Une étude suédoise de University of Gothenburg, a examiné les réactions allergiques au géraniol, un composant courant de certaines huiles essentielles. Les résultats indiquent que le géraniol oxydé (= la forme synthétique) provoque plus de réactions allergiques que le géraniol à l’état pur. Par exemple, une étude a montré que 0,55 % des patients ont réagi au géraniol oxydé, contre 0,13 % au géraniol pur. Cela suggère que l’oxydation du géraniol augmente son potentiel allergène.
Ces études mettent en évidence l’importance de distinguer entre les composants naturels et synthétiques des huiles essentielles en matière de sensibilisation cutanée.
Elles soulignent également que, bien que certaines huiles essentielles puissent provoquer des réactions allergiques, leur potentiel allergène est généralement faible et dépend de divers facteurs, notamment la forme du composé, de la concentration et son mode d’utilisation.
Une méfiance exagérée envers les huiles essentielles ?
Refuser tous les produits contenant des composants d’huiles essentielles sous prétexte qu’ils sont potentiellement allergènes semble excessif.
En réalité, toutes les substances – même les plus naturelles comme les fruits – peuvent déclencher une réaction chez certaines personnes sensibles. De la même façon qu’on évite les fraises ou les agrumes si on y est allergique, il suffit de sélectionner les produits cosmétiques contenant des huiles essentielles adaptées à son profil.
Les mentions de composants du type « géraniol », « linalool » ou similaires sont une informations précieuse pour les personnes concernées, mais pas réellement pour les autres…
C’est un peu comparable à la notion « contient des noisettes » sur votre barre de chocolat préférée. Une information très importante pour les personnes allergiques à la noisette, mais qui ne concerne pas vraiment les autres personnes.
La position du Consortium Huiles Essentielles et l’importance des bons usages
Le Consortium souligne que la majorité des problèmes de santé signalés ne sont pas liés aux produits cosmétiques formulés avec précaution, mais à des mésusages : application pure sur la peau sans dilution, automédication excessive, ingestion sans encadrement, ou utilisation chez les jeunes enfants et les femmes enceintes.
Il est important de garder en tête que 90% des effets indésirables en lien avec des huiles essentielles sont dûs à des mésuages (source: centres antipoison).Par ailleurs, l’allergie au parfum représente 3,5% de la population, seulement une petite partie est liée aux huiles essentielles.
Cela montre que le risque vient davantage d’un usage mal informé que de la substance elle-même, quand elle est correctement intégrée à une formule cosmétique.
Une approche raisonnée permettrait d’éviter les confusions médiatiques et de préserver la réputation des huiles essentielles dans les formulations cosmétiques.
Huiles essentielles : se poser les bonnes questions
Que propose-t-on à la place ?
Des formulations sans huiles essentielles, mais avec des parfums de synthèse contenant des substances bien plus problématiques, par exemple ?
Applications d’évaluation cosmétique:
une grille de lecture biaisée pour les huiles essentielles ?
Les applications comme Yuka, INCI Beauty, Clean Beauty ou encore QuelCosmetic se sont imposées comme des outils populaires d’évaluation de la composition des cosmétiques.
Pourtant, l’évaluation de certains composants d’huiles essentielles peut aussi être interprétée comme une lecture biaisée de la composition des produits. Ces applications attribuent fréquemment une note mitigée aux formules contenant des composants naturels issus d’huiles essentielles (comme le linalool, le citral ou le géraniol), simplement parce qu’ils sont référencés comme potentiellement allergènes sur la base de listes de substances à déclarer, sans tenir compte ni du dosage réel, ni de la fréquence d’allergie avérée, ni du contexte d’utilisation.
Résultat ?
Un produit contenant uniquement des ingrédients naturels, intégrant des huiles essentielles à faibles doses et dans le respect des normes, peut être moins bien noté, tandis qu’un produit avec une composition synthétique complexe peut obtenir une « meilleure » note dès lors qu’aucune substance n’est allergène dans l’INCI.
Pour les utilisateurs soucieux de la qualité des produits cosmétiques, il est donc essentiel de ne pas se limiter à la note globale des applications, mais de comprendre le contexte d’usage des huiles essentielles, leur origine naturelle, leur fonction (actif, parfum, conservateur), et leur taux d’incorporation réel dans la formule, par exemple.
Conclusion : réhabiliter les huiles essentielles en cosmétique naturelle
Mettre sur le même plan les composants issus d’huiles essentielles et les composants synthétiques extrêmement controversés est une erreur d’analyse.
Si certaines fractions de ces substances peuvent présenter un risque pour une minorité de consommateurs, elles dans l’ensemble, bien documentés, et généralement utilisées en très faibles concentrations.
En gardant en tête que la majorité des problématiques autour des huiles essentielles est en lien avec des mésuages, généralement an application pure, à la maison. (voir plus haut)
Les huiles essentielles font partie intégrante de la cosmétique bio et naturelle,et leur exclusion systématique sous prétexte de précaution reviendrait à abandonner une alternative saine et documentée au profit de produits potentiellement bien plus nocifs.
Les perturbateurs endocriniens c’est quoi, au juste ? Et comment les éviter, au final ?
Quelques explications de base : le système endocrinien et les perturbateurs endocriniens
Ce que l’on appelle le « système endocrinien », c’est le système du corps humain qui regroupe l’ensemble des organes et tissus sécrétant des hormones. Notre santé dépend également du bon fonctionnement de ce système endocrinien. Ce système est composé de plusieurs organes appelées glandes (composées de cellules endocrines), qui produisent des hormones et les libèrent ensuite dans le sang. Ces hormones jouent un véritable rôle de « messager chimique », en diffusant dans tout l’organisme. Et les perturbateurs endocriniens vont venir interférer dans cet équilibre si précieux.
Le rôle des hormones
Les hormones ont des fonctions essentielles et variées ; elles stimulent la croissance et le développement, régulent les pulsions et les humeurs, contrôlent les grandes constantes physiologiques (ex. température corporelle, taux de glycémie, pression artérielle). Ce qui signifie aussi que l’équilibre de notre organisme ou notre santé dans sa globalité peut être fortement impacté, si ce système est perturbé ou altéré.
Et les perturbateurs endocriniens, alors ?
Les perturbateurs endocriniens sont d’origine parfois naturelle (hormones et phyto-ostrogènes) et souvent artificielle, c’est-à-dire contenus dans certains produits issus de l’industrie chimique ou de nombreux objets du quotidien (ex. cosmétiques, pesticides, détergents, matières plastiques, ameublements médicaments, textiles, etc).
Perturbateurs endocriniens : définition
Et leur impact sur la santé ? Quel danger ?
Les perturbateurs endocriniens peuvent impacter la santé sur plusieurs niveaux, par exemple en:
modifiant la production naturelle de nos hormones naturelles (œstrogènes, testostérone) en interférant avec leurs mécanismes de synthèse, de transport, ou d’excrétion.
en mimant l’action de ces hormones en se substituant à elles (on parle aussi parfois de «hormone-like» dans les processus biologiques qu’elles contrôlent)
en bloquant ou empêchant l’action de ces hormones, en se fixant sur les récepteurs avec lesquels elles interagissent habituellement
Problématiques de santé
Et toutes ces interférences hormonales peuvent tôt ou tard être rapprochées de problèmes de santé importants*, comme par exemple (*même si ces maladies sont souvent multi-factorielles, bien entendu) :
Ce qui poserait problème également, c’est que les perturbateurs endocriniens seraient problématiques et actifs même à faible dose, selon certaines études* :
« La faible dose d’exposition. Habituellement, en dessous d’un certain niveau d’exposition, les mécanismes de défense de l’organisme permettent d’éviter l’apparition d’effets sanitaires. On parle alors d’effet de seuil. Pour certaines substances dangereuses comme des molécules cancérigènes, on observe qu’il n’y a parfois pas d’effet de seuil, au moins à l’échelle d’une population donc, des effets possibles même à faible dose. Les perturbateurs endocriniens sont suspectés d’agir de même. » *ANSES
Perturbateurs endocriniens : définition
Quels produits contiennent des perturbateurs endocriniens, au final ?
On retrouve des perturbateurs endocriniens dans une grande partie de produits du quotidien (ameublement, textiles, jouets, vêtements, et aussi l’alimentation), comme par exemple
des phtalates, ou le bisphénol A utilisés dans les matières plastiques
des pesticides dans l’alimentation*
Des composants dans les cosmétiques (certains parabens, triclosan, des filtres UV, alkylphénols , BHT, BHA et aussi certains PFAS, polluants éternels)
des composés organochlorés (DDT, chlordécone…) utilisés dans les phytosanitaires,
des retardateurs de flammes (que l’on retrouve par exemple dans des meubles neufs)
*l’association Générations Futures fait un travail remarquable de mobilisation collective contre les pesticides et mérite notre soutien
Exemple de perturbateurs endocriniens dans un produit de maquillage, mascara Yves Saint Laurent.
Mascara Yves Saint Laurent: formulé avec perturbateurs endocriniens
Et les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques ?
Dans les cosmétiques, on peut retrouver des perturbateurs endocriniens (avérés ou confirmés) par exemple dans les segments suivants:
Colorations pour cheveux
Crèmes & lotions (visage, corps, etc)
Solaires
Déodorants
Maquillage
Hygiène dentaire
Parfums
Produits pour Enfants & Bébés
etc
Perturbateurs Endocriniens * & Cosmétiques *(suspectés ou avérés)
à titre d’exemples
liste non exhaustive !
les différents INCI peuvent se retrouvent dans différentes catégories !
*SOURCES : ECHA /EDLIST/ EWGSkinDeep + autres sources indépendantes
Il s’agit d’une une liste…. parfaitement…. incomplète, car de nombreuses substances sont en cours d’évaluation ou sont pointées du doigt par la communauté scientifique. Inutile donc de l’apprendre par coeur, car d’autres substances se rajouteront certainement à la liste des substances controversées ou pré-occupantes dans les années à venir -en fonction des recherches scientifiques, notamment. Les différents ingrédients peuvent se retrouver bien entendu dans la plupart des catégories de produits
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Les perturbateurs endocriniens : problématiques pour tout le monde ?
Les perturbateurs endocriniens représentent une problématique pour TOUS, mais les femmes enceintes, les fœtus, les enfants ou encore les personnes dont le système immunitaire est affaibli sont les personnes les plus à risques. Il est important de noter par exemple que l’exposition d’une femme enceinte à des perturbateurs endocriniens pourra avoir des répercussions sur la santé de son enfant, même si les effets ne se déclarent que plusieurs années après la naissance.
En 2016, une étude de Santé Publique France avait confirmé la présence de traces de perturbateurs endocriniens chez quasiment toutes les femmes enceintes testées au cours d’une vaste enquête, la première de cette ampleur en France sur ces substances.
Des études officielles
« L’étude, publiée mercredi 7 décembre 2016 par Santé publique France, a mesuré la présence de divers polluants organiques dans les urines de plus de 4.000 Françaises ayant accouché en 2011. Résultat : « le bisphénol A, les phtalates, les pyréthrinoïdes (famille d’insecticides), les dioxines, les furanes, les PCB, les retardateurs de flamme et les composés perfluorés » sont détectés « chez près de la totalité des femmes enceintes », explique l’agence française de santé publique, mandatée par le ministère de la Santé pour cette enquête. Par exemple, le bisphénol A était présent chez plus de 70 % des participantes, les phtalates chez 99,6 % d’entre elles, les dioxines, furanes et PCB ont été détectés dans… 100 % des cas ! »*
Une autre étude de Santé Publique France
Et une autre étude de 2019 de Santé Publique France montre également que six «polluants du quotidien» (dont les perturbateurs endocriniens font partie) «sont présents dans l’organisme de tous les Français» .
Santé publique France a mesuré les niveaux d’imprégnation de la population française par six familles de substances présentes dans l’environnement et cherché à identifier les sources d’exposition probables – produits ménagers, cosmétiques, emballages alimentaires, etc. Les mesures ont été réalisées entre 2014 et 2016 sur un échantillon représentatif de la population générale, composé d’environ 1.100 enfants et 2.500 adultes habitant en France continentale. Certaines substances sont considérées comme des perturbateurs endocriniens ou des cancérogènes avérés ou suspectés »
En ce qui concerne les produits cosmétiques, on retrouve malheureusement encore trop de substances préoccupantes (perturbateurs endocriniens et autres substances controversées), même dans les produits pour femmes enceintes, enfants ou tout-petits, comme le démontrent les différents tests produits du site
Où se cachent les perturbateurs endocriniens ?
Pourquoi ne pas interdire les perturbateurs endocriniens, tout simplement ?
D’une part, il n’existe pas de définition règlementaire européenne commune, même si de nombreux efforts ont été mis en place depuis 2017. Et surtout, entre les premières mises en gardes scientifiques et les interdictions de substances (que ce soit au niveau des composants cosmétiques ou des pesticides, par ailleurs) il peut se passer… plusieurs années. D’une part parce qu’il s’agit de processus administratifs lourds et complexes et d’autre part aussi parce que l’industrie concernée s’y opposera par tous les moyens (=Lobbying). L’encadrement des substances chimiques est régi par le règlement REACH qui s’applique sans transposition dans tous les États membres de l’UE. Il prévoit que les substances possédant des propriétés perturbant le système endocrinien et « présentant un niveau de préoccupation équivalent aux substances CMR (cancérigène – mutagène – toxique pour la reproduction) », puissent être identifiées comme des substances extrêmement préoccupantes, et ainsi être inscrites sur la liste des substances soumises à autorisation.
La règlementation en France
Depuis le 12 avril 2024, les industriels sont obligés de préciser la présence de perturbateurs endocriniens (avérée, présumée ou suspectée) dans les produits du quotidien.
Depuis 2024, il existe aussi en France une liste aussi une liste officielle de perturbateurs endocriniens «suspectés», «présumés», «avérés», établie par l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) et repérables par une applicationScan4chem qui regroupe les informations sur la présence de l’ensemble substances extrêmement préoccupantes définies par l’Anses.
Mais cette liste étant très limitée, elle ne prend pas forcément en compte ni l’ensemble des interprétations des substances à risques au niveau international... ni la question du délai des interdictions de substances chimiques à risque en Europe, par exemple.
La question épineuse des délais d’interdictions
D’après vous, quel est le délai moyen d’interdiction d’une substance chimique toxique, polluante our controversée en Europe ?
3 ans, 5 ans, 10 ans ? Réponse : 19 ans…
Interdiction d’ingrédients : quel est le délai ?
L’année dernière, le Bureau européen de l’environnement (EBB) a constaté qu’il fallait en moyenne 19 anset trois mois aux autorités de l’UE pour restreindre un produit chimique, alors qu’une entreprise peut obtenir une autorisation de mise sur le marché en trois semaines.
Le EBB est le plus grand regroupement et réseau européen d’associations pour l’environnement. (180 organisations membres de 40 pays). Le BEE défend le développement durable, la justice environnementale et la démocratie participative.
Il suffit de regarder le ballet incessant de « restrictions- interdiction- ré-autorisation » d’une substance avéré cancérigène et génotoxique comme le glyphosate, par exemple.
La règlementation en Europe
Au niveau Européen, la liste officielle disponible sur le site de l’ECHA est régulièrement mise à jour et concerne les substances potentiellement considérées comme perturbateurs endocriniens en cours d’évaluation ou déjà évaluée:
Cadre règlementaire : plus d’informations au sujet également sur le site du INRS:
A ce jour, l’absence de réglementation spécifique applicable aux perturbateurs endocriniens, s’explique par l’absence de définition réglementaire commune et officielle à l’ensemble de la législation européenne. En effet, une définition réglementaire européenne a été adoptée en septembre 2017, pour les perturbateurs endocriniens utilisés comme principes actifs biocides (règlement délégué n° 2017/2100 du 4 septembre 2017) puis en avril 2018 pour ceux utilisés comme pesticides (règlement 2018/605 de la Commission du 19 avril 2018). Toutefois, à ce jour, cette définition n’a pas encore été reprise dans le cadre des autres règlements européens relatifs aux produits chimiques (REACH et CLP)
Une initiative commune au niveau de l’Europe
Depuis 2020 il existe également une nouvelle initiative européenne, un site européen pour recenser les perturbateurs endocriniens appelée ED LIST. Cinq Pays Européens se sont regroupés pour créer un site destiné à établir une liste des substances perturbateurs avérées ou suspectées. Mis en ligne 2 juin 2020, le site edlists.orgrépertorie la liste des substances reconnues comme étant des perturbateurs endocriniens dans la règlementation européenne sur les produits chimiques. Ce site est le résultat d’une coopération entre la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, et la France.
Et les substances classées CMR (cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la réproduction), alors ?
Dans certains cas, des substances « interdites » (dont font partie certains perturbateurs endocriniens) peuvent faire l’objet de dérogations…et restent donc en circulation, comme le précise par exemple aussi la FEBEA, fédération de l’industrie des cosmétiques.
« Selon le Règlement européen cosmétique (n° 1223/2009), les substances CMR sont interdites en cosmétique « en raison de leurs propriétés dangereuses ». Toutefois, étant donné qu’une propriété dangereuse d’une substance n’entraîne pas nécessairement un risque, il existe des cas exceptionnels où ces ingrédients peuvent être utilisés. Par exemple, une substance classée dans la catégorie 2 peut être utilisée dans des produits cosmétiques si elle a été évaluée par le Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs (SCCS) et que celui-ci l’a jugée sûre pour l’utilisation dans les produits cosmétiques. De même, les substances CMR de catégorie 1A ou 1B peuvent être employées dans les produits cosmétiques si elles sont en conformité avec les exigences de sécurité alimentaire, s’il n’existe aucune autre substance de substitution appropriée et si le SCCS a considéré leur utilisation pour un usage déterminé comme sûr. »
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Et les huiles essentielles ? Perturbateurs ou pas ?
On entend parfois parler d’huiles essentielles qui seraient également concernées en tant que perturbateur endocrinien, qu’en est -il ?
Il existe bien entendu des plantes ou huiles essentielles ( = issues de plantes) qui ont des actions reconnues sur le système hormonal. Ces propriétés sont identifiées depuis des lustres et c’est d’ailleurs, entre autre, la raison pour laquelle on va les utiliser. C’est le cas de l’huile essentielle de sauge, par exemple. Ce qui veut dire aussi que ces plantes ou huiles essentielles sont accompagnées de restrictions d’utilisation, les huiles essentielles de sauge ou de menthe poivrée, pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres, sont notamment à prescrire pendant la grossesse. Ces plantes ou huiles essentielles seront donc utilisées dans des cadres thérapeutiques bien spécifiques. Concernant d’autres études au sujet des huiles essentielles, le Consortium Huiles Essentielles est une source d’information précieuse.
Une distinction importante entre huiles essentielles et perturbateur endocrinien
La problématique des perturbateurs endocriniens est différente : il s’agit de substances avec des propriétés ou fonctions bien spécifiques (conservateur, pesticide…etc) qui interfèrent « accessoirement » aussi de manière importante avec le système hormonal. Et dépassent ainsi leur fonction primaire.
Comment éviter les perturbateurs endocriniens au quotidien, alors ?
On le soulignera jamais assez, la problématique ne concerne pas QUE certains composants cosmétiques, mais une grande partie de nos objets du quotidien et de notre alimentation. Éviter les pesticides dans l’alimentation, en favorisant l’agriculture biologique, va déjà dans ce sens.
Mais ce sont réellement nos choix de consommation, au quotidien, qui permettront déjà d’éviter de rajouter des perturbateurs endocriniens à ceux déjà présents sur le marché.
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Perturbateurs endocriniens et cosmétiques : une problématique de santé publique
La présence de perturbateurs endocriniens dans les produits cosmétiques n’est plus un sujet anecdotique, mais un véritable enjeu sanitaire.cPour permettre à chacun de comprendre et d’agir, nous avons développé un module d’information approfondi : « Comment éviter les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques ? »
➡️ Disponible en auto-apprentissage, ce programme regroupe les données scientifiques actuelles, les substances identifiées par les autorités sanitaires ainsi que des stratégies concrètes pour réduire l’exposition.Vous y trouverez notamment :
Les mécanismes biologiques d’action des perturbateurs endocriniens
Les ingrédients reconnus comme perturbateurs dans les crèmes, shampoings, maquillages, etc.
Les sources officielles : listes réglementaires, publications scientifiques
Les produits et catégories les plus concernés
Des solutions réalistes pour adopter une consommation plus sûre
SANTE PUBLIQUE FRANCE : https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/perturbateurs-endocriniens/articles/que-sont-les-perturbateurs-endocriniens
TEDX EN : https://endocrinedisruption.org/interactive-tools/tedx-list-of-potential-endocrine-disruptors/search-the-tedx-list
CANCER ENVIRONNEMENT : https://www.cancer-environnement.fr/fiches/expositions-environnementales/perturbateurs-endocriniens/
CHEMTRUST : https://chemtrust.org/
Précisions : l’article date de 2020, mais sera mis à jour régulièrement.
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FAQ Perturbateurs endocriniens & cosmétiques
1. Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?
Un perturbateur endocrinien est une substance chimique capable d’interférer avec le système hormonal, même à très faibles doses.
2. Quels ingrédients cosmétiques sont les plus souvent concernés ?
Les plus cités (voir la liste dans l’article) sont certains parabènes, les phtalates, certains filtres UV (comme l’oxybenzone) et certain silicones, certains colorants capillaire.
3. Les perturbateurs endocriniens sont-ils dangereux ?
Ils peuvent être associés à des dérèglements hormonaux, des problèmes de fertilité, des problèmes de santé importants sur le long terme et des impacts sur le développement du fœtus.
4. Comment éviter les perturbateurs endocriniens dans les produits ?
Lire les listes INCI, utiliser des outils de décryptage pour lire les étiquettes des produits (moteur de recherche INCI gratuit disponible sur le site), privilégier les labels de cosmétique naturelle et bio réputés ou les produits minimalistes.
MAJ avril 2024 : l’Assemblée nationale vient de voter une loi pour interdire les polluants éternels dans les vêtements et les cosmétiques; une proposition de loi visant à restreindre la fabrication et la vente de produits contenant des PFAS, communément nommés «polluants éternels». Sur le site, nous alertons sur la problématiques des PFAS, notamment dans les cosmétiques, depuis 2022.
Les PFAS, c’est quoi – au juste ?
Les PFAS, substances poly- et perfluoroalkyles, sont des substances chimiques – fabriquées par l’humain – constituées d’environ 4 000 à 6 000 composants différents.La caractéristique des PFAS, (aussi appelés « Forever Chemicals » – « Polluants éternels », nommés ainsi pour la première fois par Joseph Allen de Harvard) est qu’ils sont persistants, se répandent rapidement et ne sont pas ou peu biodégradables. Certains PFAS sont fortement soupçonnés d’être toxiques, avec des risques pour la santé des humains, des animaux et de l’environnement.
PFAS – quels produits en contiennent?
On les retrouve notamment dans les textiles, les emballages alimentaires, les cosmétiques, les produits phytosanitaires, les ustensiles de cuisine, les vernis, et bien d’autres produits du quotidien.
Quelle est la problématique des PFAS – ces Polluants Éternels ?
Les PFAS sont extrêmement problématiques sur le plan environnemental et posent aussi des problèmes de santé. Certains PFAS ont récemment fait la une des journaux, car on peut désormais même les retracer dans l’eau de pluie, ce qui la rend désormais « impropre à la consommation »,selon une étude récente*.
PFAS et cosmétiques : le secteur est concerné, aussi
La problématique concernant les produits cosmétiques, c’est que d’une que part certains produits conventionnel en contiennent(voir la liste des INCI plus bas dans l’article) et que d’autre part, que l’on retrouve également parfois des PFAS dans des analyses de produits cosmétiques conventionnels, sans qu’ils soient clairement affichés sur les produits, selon une étude du Green Science Policy Institute sur les PFAS datant de Juin 2021.
« Selon une nouvelle étude du Green Science Policy Institute, publiée le 15 juin 2021 dans Environmental Science & Technology Letters, basée sur le test de 231 produits de maquillage commercialisés aux Etats-Unis et aux Canada, près de la moitié des mascaras, rouges à lèvres et fonds de teint testés seraient contaminés par les perfluorés. Pire, ces produits chimiques toxiques éternels associés à de nombreuses maladies ne seraient majoritairement pas indiqués dans la liste des ingrédients. » ….Peu après la publication de cette étude, la loi « No PFAS in Cosmetics Act » a été introduite à la Chambre et au Sénat américains pour interdire tous les PFAS dans les produits de maquillage et de soins personnels. En Europe, suite à la publication de la stratégie sur les produits chimiques, la Commission européenne devrait réviser la directive sur les cosmétiques. »
PFAS, c’est quoi ?
D’autres études confirment la problématique
Une autre étude de Katherine E. Boronow et son équipe, publiée dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology en 2019 révèle la présence de substances « perfluoroalkylées » et « polyfluoroalkylées » dans certains produits d’hygiène. Dans du fil dentaire, notamment, bien qu’il ne soit pas la seule source de PFAS, comme le précise bien l’étude.
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Que veut dire Pfas ?
A quoi servent les PFAS dans les cosmétiques, au juste ?
Dans les produits cosmétiques, les PFAS sont entre autre employés comme « agents d’entretiens » dans différents produits, ce qui permet de faciliter la pénétration d’autres substances et de rendre la peau plus brillante par exemple. Dans les produits du type fil dentaire, c’est leur aspect imperméabilisant qui intervient.
Et quels sont les risques pour la santé ?
Les composés perfluoroalkylés ne sont pas détruits dans le corps humain et se bioaccumulent, augmentant ainsi les risques sur la santé. Plusieurs PFAS sont fortement soupçonnés d’être toxiques, avec des risques pour la santé des humains, des animaux et de l’environnement. Il s’agit notamment des effets sur l’équilibre hormonal (fameux perturbateurs endocriniens), le système immunitaire, la reproduction et le développement de l’enfant à naître. Les propriétés exactes diffèrent pour chaque PFAS spécifique. Ces substances peuvent s’accumuler dans le corps humain, chez les animaux et dans les plantes. Les PFAS peuvent pénétrer dans le corps humain par les aliments, l’eau potable, l’inhalation ou la peau.
Les PFAS pénètrent dans l’organisme par inhalation ou ingestion, mais de nouveaux résultats, publiés en Juin dans la revue Environment International (étude de University of Birmingham, 24/06/24), confirment que les PFAS traversent aussi la peau. Ces substances ont été identifiées dans un grand nombre de produits en contact avec la peau : cosmétiques ,désinfectants pour les mains, vêtements hydrofuges etc.
La problématique identifiée par les autorités
En septembre 2019, Santé publique France publiait déjà une étude consacrée à «l’imprégnation de la population française par les composés perfluorés », rappelant comment, depuis les années 1950, ces substances créées par l’humain sont utilisées dans « de nombreuses applications industrielles et dans les produits de la consommation courante », dont les cosmétiques, comme le rappelle cet article :
Et que dit la loi ?
La production et l’utilisation de divers composés PFAS sont clairement limitées par des directives européennes. Dans les années à venir, diverses applications contenant des PFAS feront l’objet de restrictions supplémentaires. Et bien sûr que la loi qui vient d’être votée en France fera bouger les lignes, enfin !
MAIS entre l’identification de la problématique, les phases de restrictions partielles et l’interdiction définitive de composants ou classes de composants… il peut se passer des décennies.
Que signifie Pfas ?
Dans certains pays, ce sont les distributeurs qui ont réagi avant les restrictions légales, dont l’application prend souvent des années.
Interdictions au Danemark
En 2019, au Danemark, par exemple, le deuxième plus grand acteur de la grande distribution alimentaire du Danemark, le groupe Coop, a cessé immédiatement, comme le premier grand groupe de détail au monde, tout achat de cosmétiques et d’articles d’hygiène personnelle contenant des composés fluorés PFAS (polyfluoroalkyles et perfluoroalkyles).
« L’interdiction vaut aussi bien pour les marques propres du groupe que pour les marques internationales. Les ventes de produits contenant encore des PFAS s’arrêteront progressivement et au plus tard le 1er septembre 2019. Coop invite également le ministre danois de l’environnement et de l’alimentation à proposer une loi contre les PFAS dans les produits cosmétiques. »
La problématique concernant les produits cosmétiques, c’est que d’une que part certains produits conventionnel en contiennent (voir la liste des INCI dans l’article sur le site) et que d’autre part, que l’on retrouve également parfois des PFAS dans des analyses de produits cosmétiques conventionnels, sans qu’ils soient clairement affichés sur les produits, selon une étude du Green Science Policy Institute sur les PFAS datant de Juin 2021.
Les PFAS dissimulés
Le Green Science Policy Institute, en collaboration avec l’Université de Notre Dame (Canada), l’Université de Toronto, Indiana University, et le ETH Zurich, avaient testé 231 produits de maquillage de marques réputées aux Etats-Unis et au Canada. Selon cette étude une grande majorité des cosmétiques testés contenaient des PFAS dissimulés.
➡️ 29 produits présentant les niveaux de fluor les plus élevés, (un indicateur de la présence de PFAS), ont fait l’objet d’une analyse plus poussée et il a été confirmé qu’ils contenaient tous au moins quatre PFAS préoccupants. Il s’agissait de PFAS qui se décomposent en d’autres PFAS connus pour être hautement toxiques et nocifs pour l’environnement.
➡️Des ingrédients comme Methicone, des Acrylate est les polymères de Silicone existent aussi dans des versions qui contiennent déjà des PFAS à la base. Le chercheurs supposent donc que les PFAS détectés provenaient déjà en partie de ces ingrédients. Les concentrations de ces ingrédients correspondaientd’ailleurs aux concentrations les plus élevées de fluor mesurées dans l’analyse, ont-ils précisé.
Dans quel type de maquillage on retrouve des PFAS ?
Dans l’ensemble, 52 % des produits testés par Green Science Policy Institute, présentaient ce que les chercheurs considèrent comme une teneur plus « élevée » en fluor, particulièrement présent dans les produits présentés comme «waterproof» ou « de longue durée ».
Les PFAS ont pu être retracés dans :
82 % des mascaras waterproof.
58 % des autres produits de maquillage pour les yeux, tels que les ombres à paupières, les eyeliners et les crèmes pour les yeux.
63 % des fonds de teint
62 % des rouges à lèvres.
Sur les 17 produits canadiens testés, un seul affichant le PFAS sur l’étiquette de l’ingrédient.
Les PFAS médiatisés dans d’autres pays depuis des années
Il semblerait aussi que le sujet des PFAS, dans son ensemble soit davantage thématisé depuis des années dans les pays anglophones ou Nordiques, par exemple avec les ressources suivantes. Heureusement que la France vient de rattraper ce retard de visibilité dans les médias !
Dark Waters : un film pour alerter sur la pollution chimique par les perfluorés
EWG aux Etats-Unis qui s’interroge sur la présence de Teflon dans nos cosmétiques
Au Danemark, cette étude officielle de 2018 de l’Agence pour la protection environnementale danoise sur la problématique des PFAS
Petite aparté : polluant vs toxique pour l’humain
Un composant cosmétique classé « polluant » et classé d’abord principalement problématique pour l’environnement est -ce que c’est moins « grave » qu’un composant avéré principalement toxique pour l’humain ?
Pas vraiment, il suffit de regarder l’image globale… exemple des microplastiques. On sait par exemple que les microplastiques provenant (en partie) des cosmétiques sont déjà largement présents dans nos mers et qu’ils sont ingérés par les poissons que nous mangeons ensuite… La pollution des microplastiques dépasse bien entendu la question de la chaîne alimentaire et les sources de contamination sont multiples. Plusieurs études ont également confirmé récemment que les microplastiques sont désormais partout– et se retrouvent désormais aussi dans le corps humain (du placenta…jusque dans le sang en passant par les poumons). Et même si la pollution par microplastiques dans les ingrédients cosmétiques est en cours d’interdiction (interdiction partielle & progressive et limitation de polymères, microbilles, et tous les microplastiques dans les produits cosmétiques) dans de nombreux pays –la problématique persiste.
La problématique environnementale : tous concernés
Mais au-delà de la présence de microplastiques en tant qu’ingrédients cosmétiques, ces microparticules de plastiques proviennent aussi de la pollution plastique en général : emballages plastiques divers et variés (notamment aussi ceux des cosmétiques), qui passent à travers les filtres des stations d’épurations et se retrouvent dans les océans et eaux continentales en très grande quantité.
➡️ Chaque composant polluant rajoute donc à la problématique environnementale qui nous concernera tôt ou tard. Et qui nous concerne déjà largement à ce jour !
Fin de cette petite aparté sur les microplastiques qui illustre bien la problématique des composants polluants que l’on considère souvent – à tort – comme moins nocifs, controversés ou problématiques que les composants immédiatement identifiables comme substances toxiques pour l’humain. Et les PFAS représentent non seulement une problématique avéré pour la santé humaine (perturbation hormonale en tant que perturbateur endocrinien), mais une menace importante pour l’environnement et tous les éco-systèmes.
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Comment éviter les PFAS dans les cosmétiques, alors ?
La liste des ingrédients plus vous permettra déjà d’aborder la question des PFAS dans les produits cosmétiques et de choisir vos cosmétiques sans PFAS. La problématique de la pollution des PFAS dépasse bien entendu largement le secteur des cosmétiques, mais il en fait partie et doit prendre sa part de responsabilité pour bannir dès aujourd’hui ces composants qui ne sont absolument pas indispensables.
Le secteur des cosmétiques naturels et bio en est la preuve, ces composants font tout simplement pas partie des composants de formulation « autorisés » par les différents cahier des charges en cosmétique naturelle et bio. Idem pour les « Methicone, Acrylates est les polymères de Silicone » évoqués plus haut dans la problématique des PFAS dissimulés, ils ne sont pas autorisés pour la formulation des cosmétiques bio.
➡️ Choisir des cosmétiques certifiés bio, c’est déjà la garantie de base pour éviter les PFAS.
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A nous aussi d’agir en tant que consommateur
A nous donc aussi de faire émerger ce sujet en tant que consommateur éclairé et de demander aux marques – aussi ceux secteur cosmétique- de revoir leurs formulations au plus vite pour bannir les PFAS de leur produits. Les interdictions officielles par le biais de législation nationales ou internationales prendront beaucoup trop de temps pour contre-carrer cette problématique qui nous dépasse depuis longtemps.
03/2024 : Une vidéo très complète à ce sujet de Camille Etienne vient compléter les nombreuses ressources intéressantes et évoque aussi quelques pistes pour agir. Un projet de loi courageux a été porté par un député, en l’occurence pour les PFAS c’est Nicolas THIERRY.
FAQ — PFAS & cosmétiques
1. Que sont les PFAS dans les cosmétiques ?
Les PFAS sont des substances chimiques persistantes utilisées pour rendre les produits résistants à l’eau ou plus lisses. Elles sont considérées comme préoccupantes pour la santé et l’environnement.
2. Pourquoi les PFAS sont-ils problématiques ?
Ces molécules sont très stables, s’accumulent dans l’organisme et sont associées à des risques hormonaux, immunitaires et reproductifs.
3. Comment repérer les PFAS dans la liste INCI ?
Cherchez des termes comme PTFE, Polyperfluoro, Perfluorinated, ou tout ingrédient commençant par “Perfluoro-”. Plus de précisions dans l’articles
4. Les PFAS sont-ils interdits dans les cosmétiques ?
À ce jour, une grande partie des PFAS sont limités, mais la plupart ne sont pas totalement interdits (tous secteurs confondus). Les réglementations évoluent, notamment en Europe.
5. Comment éviter les PFAS dans sa routine beauté ?
Privilégiez des produits certifiés bio, des formules minimalistes et des marques transparentes sur leurs ingrédients.
Article mis à jour : 12/2025
L’industrie des cosmétiques est en constante évolution, avec de nouveaux produits et ingrédients qui font leur entrée sur le marché régulièrement. Cependant, derrière ce dynamisme glamour se cachent parfois des secrets plus sombres. Aujourd’hui, nous explorons le monde controversé du mica, un ingrédient cosmétique courant, et son sourcing peu éthique.
Le mica est une matière première (un pigment) largement utilisée dans nos produits quotidiens, tels que les peintures automobiles, les ordinateurs portables et les produits cosmétiques (maquillage, notamment). Cette matière a une belle brillance, résiste à la chaleur et utilisé dans les produits électroniques pour ses propriétés isolantes.
Pourquoi le mica est-il utilisé en cosmétique ?
Dans l’industrie cosmétique, le mica est un minéral largement utilisé pour ses propriétés scintillantes et sa capacité à ajouter un éclat subtil aux produits de maquillage comme -entre autre- les ombres à paupières, les rouges à lèvres ou les fonds de teint. Dans les cosmétiques, on le retrouve sous les appellations de mica ou le numéro INCI CI 77019.
Cependant, ce minéral précieux a une face cachée qui soulève des préoccupations éthiques.
Des mines illégales & travail d’enfants
Le mica est principalement extrait dans des régions du monde où l’exploitation des enfants est répandue. Certains de ces enfants sont forcés de travailler dans des mines de mica, exposés à des conditions de travail dangereuses et néfastes pour leur santé.
La majeure partie du mica provient d’Inde, issu de mines illégales. Dans les pays industrialisés peu de personnes sont conscients que sur place, de jeunes enfants travaillent dans des puits qu’ils ont creusés eux-mêmes jusqu’à 20 mètres de profondeur pour assurer la survie financière de leur famille. Leur travail est dangereux, ils sont mal payés et la plupart des enfants sont déscolarisés.
Selon l’organisation d’aide à l’enfance Terre des Hommes, environ 30.000 mineurs travaillent dans les mines illégales de Jharkhand, en Inde.
1.Mica en cosmétique : une chaine de sourcing peu transparente
Pour quelques centimes par kilo, au mieux 120 à 300 roupies (l’équivalent de 1,44 à 3,60 euros) par jour, la production journalière est revendue à des acheteurs sur place, qui acheminent ensuite le mica sur le marché mondial via deux ou trois autres intermédiaires. La stratégie de dissimulation implique de nombreuses étapes intermédiaires du commerce du mica. Au final, plus personne ne peut retracer la chaîne d’approvisionnement de manière claire. Ni les organisations humanitaires, ni les entreprises importatrices de mica ne sont ainsi encore en mesure d’exclure avec certitude le travail des enfants et d’autres violations des droits de l’homme.
2.Les implications éthiques pour l’industrie cosmétique
En utilisant du mica provenant de sources peu éthiques ou peu retraçables, l’industrie cosmétique est liée (même de manière indirecte) à l’exploitation des enfants. Cela soulève des questions éthiques importantes, notamment sur la responsabilité des marques qui continuent d’utiliser des ingrédients dont le sourcing est loin d’être éthique.
MICA un ingrédient minéral aussi utilisé en cosmétique
Plusieurs pistes pour améliorer la situation
Le rôle des consommateurs dans le changement : en tant que consommateurs avertis, nous avons le pouvoir d’influencer l’industrie cosmétique en demandant des produits fabriqués avec des ingrédients éthiques. En choisissant des marques qui s’engagent à sourcer leurs composants de manière plus éthique, nous pouvons envoyer un message fort à l’industrie dans son ensemble et contribuer à un changement réel et positif.
Le rôle des industries concernées – sourcing du mica:
Le sourcing des composants cosmétiques doit être étudié attentivement pour garantir des pratiques éthiques tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
Demander à la filière et l’industrie de s’informer et se positionner (Responsible Mica initiative)
Étudier la possibilité de remplacer le mica par d’autres substances (le label de certification NATRUE a par exemple choisi d’autoriser le Synthetic Fluorphlogopite à la place)
S’engager pour une chaîne d’approvisionnement transparente et organisée (Association Terre des Hommes)
Favoriser un sourcing plus transparent, éthiques (quelques initiatives en Finlande / USA)
Conclusion
Le mica, un ingrédient cosmétique couramment utilisé, a une face cachée sombre liée au sourcing peu éthique et à l’exploitation des enfants. Il est temps que l’industrie cosmétique prenne ses responsabilités et s’engage à sourcer ses ingrédients de manière plus éthique, garantissant ainsi des pratiques de travail justes et sûres. En tant que consommateurs, nous avons la possibilité de soutenir les marques qui font la différence, et cela commence par être conscients des problématiques qui se cachent parfois derrière la beauté apparente des produits que nous utilisons au quotidien.
FAQ Mica en cosmétiques
❓ Le mica est-il dangereux en cosmétique ?
Le mica utilisé en cosmétique n’est pas toxique en soi, mais sa provenance, son mode d’extraction et certaines formes peuvent poser des problèmes éthiques et environnementaux.
❓ Pourquoi le mica est-il controversé ?
Le mica est controversé en raison des conditions d’extraction, notamment le travail des enfants dans les pays d’extraction, ainsi que pour son impact environnemental.
❓ Le mica est-il naturel ou synthétique ?
Il existe du mica naturel et du mica synthétique. Le mica synthétique permet de limiter certaines problématiques éthiques liées à l’extraction.
❓ Comment reconnaître le mica dans les cosmétiques ?
Le mica apparaît dans la liste INCI sous le nom Mica ou CI 77019.
❓ Existe-t-il des alternatives au mica en cosmétique ?
Oui, certaines marques utilisent des pigments minéraux synthétiques ou d’autres alternatives pour réduire les impacts sociaux et environnementaux.
Article mis à jour : 12/2025
Eau & cosmétiques : la planète bleue….manque d’eau
Avant d’évoquer la problématique de la gestion de l’eau et des cosmétiques, il s’avère utile de remettre la problématique dans le contexte plus large.…
La « planète bleue », c’est le nom que nous donnons à la Terre. ¾ de la surface de notre planète est occupée par l’eau, mais seulement 0,1% de cette ressource est potable….Et comme le précise de manière officielle le service public d’information sur l’eau*, les enjeux sont multiples.
Les enjeux de l’eau
« La politique publique de l’eau s’inscrit ainsi pleinement dans le développement durable, en visant une gestion équilibrée des ressources en eau. Sur le long terme, elle doit permettre le développement des usages économiques de l’eau (enjeux économiques), assurer l’accès de tous à une eau de qualité (enjeux sociaux), tout en garantissant la préservation des ressources en eau et des milieux aquatiques (enjeux écologiques). »
Passons sur le fait que les communication officielles semblent évoquer les enjeux économiques bien avant la problématique réelle, celle du manque d’eau potable dans le monde qui fait partie des défi majeurs de 5 milliards d’êtres humains d’ici 2050. Cette problématique va donc bien au-delà de la gestion de l’eau dans les cosmétiques.
L’eau reste une ressource précieuse, même pour les cosmétiques
Surconsommation et changement climatique
Sous la pression de la « surconsommation » et du changement climatique, les pénuries d’eau «tendent à se généraliser», faisant peser un «risque imminent» d’une crise mondiale de l’eau, met en garde un rapport de l’ONU publié le 21 mars. Le monde doit se préparer à une « crise de l’eau douce », les pénuries vont se multiplier et créer de plus en plus de tensions.
Du côté de la surconsommation: l’agriculture consomme 90% de nos ressources en eau, comme le précise entre autre Juliette Duquesne. (L’eau que nous sommes. Un élément vital en péril -Presses du Châtelet, 2018). Comment gérer alors durablement la problématique de surconsommation d’eau ?
« D’abord en pratiquant une agriculture biologique, en agroécologie ou permaculture. Car le poids de l’agriculture est énorme, même par rapport à la consommation domestique ou industrielle. », précise l’auteur.
L’agriculture a un impact important sur la gestion de l’eau
Le lien entre agriculture bio et ressources en eau
Le fait d’encourager l’agriculture biologique, l’agroécologie ou la permaculture n’est donc pas juste un choix de « bobos à la mode », mais devient une nécessité pour protéger, entre autre, la pérennité de nos ressources en eau.
Sans évoquer des risques et dangers qu’engendre l’agriculture intensive (calé sur le rendement à grande louche de pesticides) pour notre santé et celle de la planète. Et bien sûr que l’agriculture biologique a un prix plus élevé… à moins que ce soit l’agriculture intensive qui ne soit pas assez «chère » ? Vu tout l’impact de destruction que l’agriculture productiviste engendre, de nombreuses analyses proposent désormais de calculer le coût à un plus large échelle.
Le bio pas pour tout le monde ?
Les produits issus de l’agriculture biologique ont un prix plus élevé ( = correspondant à la réalité du travail effectué) et que ce soit dans le domaine de l’alimentaire ou des cosmétiques, les produits bio sont désormais disponibles dans toutes les catégories de prix : du plus abordable … aux tarif de luxe. De nombreuses pistes existent désormais pour bénéficier de produits bio… même en fonction de son budget.
Et bien entendu que ce message s’adresse principalement et d’abord et en priorité à tous ceux et celles qui ont largement les moyens d’encourager l’agriculture biologique, au quotidien.
Eau ; et le secteur des cosmétiques, alors ?
Et pour en revenir au sujet des cosmétiques, il s’agit en France tout de même d’un secteur qui génère 26 MRd de chiffre d’affaires et donc de toute une industrie qui se sert également de l’eau pour la fabrication ou formulation de ses produits.
Exemple côtéformulation cosmétiques : un produit cosmétiques peut contenir 60- 90% d’eau…Au-delà des considérations politiques, quelles sont les solutions côté industriels ou même des consommateurs, en ce qui concerne les produits cosmétiques et nos habitudes dans la salle de bain ?
Deux leviers
Simplifions le débat, il y a principalement deux lévriers concernant la gestion de l’eau dans les cosmétiques:
éviter la surconsommation de l’eau à tous les niveaux &
réduire la pollution de l’eau
(=traitements couteux supplémentaires pour la rendre potable de nouveau)
Eau et cosmétiques : Côté Fabricants
1. Réduire l’utilisation d’eau dans les formulations cosmétiques
La première étape pour économiser de l’eau dans les cosmétiques consiste à repenser les formulations. Les fabricants peuvent adopter des techniques de formulation innovantes qui réduisent la quantité d’eau nécessaire sans compromettre l’efficacité des produits. Et aussi prendre en considération l’aspect eau dans le choix des matières premières (modes de cultivation, extraction, processus de transformation) et proposer des formulations de produits moins «énergivores en eau»
2. Encourager l’utilisation de produits cosmétiques sans eau
Une autre approche intéressante consiste à promouvoir les produits cosmétiques sans eau/cosmétiques solides. Ces produits sont fabriqués sans l’utilisation d’eau dans leur formulation, ce qui réduit considérablement la consommation d’eau associée à leur production. De plus, ils peuvent être plus concentrés en ingrédients actifs, offrant ainsi des avantages supplémentaires pour notre peau. Comme par exemple des cosmétiques solides (avec des formulations irréprochables, qui justement ne polluent pas davantage de nouveaux).
3. Sensibiliser à la pollution de l’eau due aux cosmétiques
L’utilisation de certains ingrédients dans les produits cosmétiques peut contribuer à la pollution de l’eau. Par exemple, les polyfluoroalkyls (PFAS aussi appelés polluants éternels), qui sont couramment utilisés, peuvent être toxiques pour les écosystèmes aquatiques et pour l’humain. Plus d’informations à ce sujet dans l’article Les PFAS c’est quoi – au juste ?
Il est primordial aussi d’écarter des ingrédients qui polluent davantage les nappes phréatiques : PFAS (polluants éternels), micro-plastiques, silicones, PEG, etc, Filtres UV de synthèse controversés, etc. Il est donc essentiel d’éviter les produits contenant ces substances et de choisir des alternatives plus respectueuses de l’environnement. (par ex. des cosmétiques bio certifiés, qui excluent systématiquement ces substances.) A défaut : lire les étiquettes.
Eau et cosmétiques : Coté consommateurs
Réduire -de manière considérable- le nombre de produits utilisés, cela fait toujours sens.
S’inspirer de la mouvance « zéro déchet », même pour la salle de bain.
Privilégier, quand cela fait sens, des produits solides, ainsi que des produits certifiés bio ou des produitsaux formulations irréprochables.
Appliquer, autant que possible, tous les éco-gestes dans la salle de bain, comme dans le reste de la maison pour éviter une sur-consommation d’eau.
Conclusion:
Pour économiser de l’eau et préserver cette précieuse ressource, il est important de repenser nos habitudes de consommation cosmétique et de s’engager aussi pour la sobriété hydrique- que ce soit du côté de l’industrie ou du côté des consommateurs. En réduisant l’utilisation d’eau dans les formulations, en encourageant les produits sans eau et en évitant les substances polluantes comme les PFAS, les silicones, les micro-plastiques, les PEG ou les filtres UV de synthèse nous pouvons tous contribuer partiellement à protéger davantage notre environnement et à préserver notre eau propre et saine.
La ressource de l’eau & les cosmétiques, un défi pour les années à venir