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ToggleColorations pour cheveux « sans ammoniaque » ou « à base d’huile végétale » : greenwashing coloration cheveux
Depuis plus de dix ans, les analyses menées sur le site mettent en évidence une réalité constante : la majorité des colorations capillaires dites “naturelles” relèvent du greenwashing. Dès 2011, de nombreuses marques se sont retrouvées classées dans la catégorie « Attention, Greenwashing », notamment Naturtint, Herbatint ou encore Tints of Nature.
Le discours est désormais bien rodé. Illustrations botaniques, promesses rassurantes, mentions « sans ammoniaque », « à base d’huile végétale », « enrichi en extraits de plantes » ou même « vegan » : tout concourt à donner l’illusion d’une coloration plus douce, plus naturelle, donc supposément moins nocive. Est-ce que c’est réellement le cas ?
Greenwashing Coloration cheveux
L’analyse des compositions raconte une toute autre histoire.
« Sans ammoniaque » : un argument marketing, pas une garantie de sécurité
L’indication « sans ammoniaque » est devenue un incontournable des emballages. Pourtant, elle constitue l’un des exemples les plus flagrants de détournement marketing du risque.
Dans l’immense majorité des cas, l’ammoniaque est remplacée par des substances tout aussi controversées que l’éthanolamine, le resorcinol, P-Phenylenediamine, Monoéthanolamine ou toluène-2,5-diamine sulfate, par exemple.
Sans ammoniaque, Ok, mais quels composants à la place ?
Les substances listées juste avant sont certes moins odorantes, elles n’en sont pas moins problématiques sur le plan toxicologique, notamment en raison de sa capacité à former des nitrosamines cancérigènes ou en tant que perturbateurs endocriniens..
Autrement dit, supprimer l’ammoniaque ne supprime pas les substances chimiques problématiques, mais modifie simplement la formulation globale
Huiles végétales et extraits de plantes : souvent un simple décor
De nombreuses marques revendiquent des formules «à base de composants naturels». Or, la présence d’huiles végétales ou d’extraits de plantes n’atténue en rien les risques des colorations chimiques.
Ce sont les colorants d’oxydation, solvants, agents alcalins et autres substances de synthèse qui déterminent la nature et le niveau de risque du produit.
Greenwashing coloration cheveux
Le camouflage va parfois très loin : mention « vegan », mise en avant de micro-quantités d’ingrédients végétaux, discours axé sur le soin… pendant que la base chimique reste inchangée.
Exemple emblématique : INOA de L’Oréal
Présentée comme une coloration permanente « révolutionnaire », « sans ammoniaque », « à base d’huile » et « végane », la gamme INOA illustre parfaitement cette stratégie.
La liste INCI révèle pourtant une formulation composée de substances chimiques controversées, typiques des colorations d’oxydation.
La promesse d’une coloration « douce » repose ici uniquement sur le discours, non sur la composition.
Conclusion : sans ammoniaque, peut-être ; à base d’huile, officiellement ; mais chimiquement identique à une coloration classique. A classifier dans la catégorie greenwashing coloration cheveux.
Beliflor Douss Color : le bio comme argument d’emballage
La coloration Douss Color met en avant des huiles végétales biologiques et une kératine dite végétale.
L’analyse complète des listes INCI — émulsion révélatrice et crème colorante — montre pourtant une base chimique standard, comparable aux autres colorations permanentes.
Conclusion : quelques ingrédients bio, mais une coloration chimique avant tout. RAS, catégorie coloration cheveux greenwashing, également.
Herbatint : la promesse de la « formule douce »
Souvent aussi vendue en magasins bio, Herbatint affirme proposer une coloration permanente sans ammoniaque, sans PPD, sans résorcinol, enrichie en extraits végétaux.
La lecture attentive des ingrédients du gel colorant, du révélateur et du soin post-coloration montre toutefois la présence de colorants d’oxydation et d’agents chimiques classiques.
Conclusion : une simple coloration chimique, malgré une communication orientée « douceur » et naturalité. Et toujours : greenwashing coloration assuré.
Garnier Olia : « activée par l’huile », vraiment ?
Garnier présente Olia comme la première coloration permanente sans ammoniaque activée par 60 % d’huile.
L’examen de la composition révèle cependant un mélange de substances chimiques controversées, utilisées pour l’oxydation et la fixation des pigments.
Conclusion : l’huile sert ici de levier marketing, pas de fondement formulatoire. Donc aussi à ranger dans la catégorie : greenwashing coloration cheveux.
Comment reconnaître une coloration chimiquement risquée ?
Coloration permanente = coloration d’oxydation
Toute mention de « coloration durable » ou « permanente » indique l’utilisation de mécanismes chimiques lourds modifiant la structure du cheveu.
Avertissements réglementaires
Les mentions obligatoires relatives aux allergies sévères sont caractéristiques des colorations chimiques. Leur présence est un indicateur clair.
Mentions « contient… »
Les substances à risque élevé doivent être signalées explicitement. Ces indications, souvent discrètes, sont essentielles pour identifier la nature réelle du produit.
Une même base chimique pour toutes les marques citées
Qu’il s’agisse de Garnier, Beliflor, Herbatint ou L’Oréal, les formulations reposent sur la même base de colorants chimiques autorisés par la réglementation européenne. Il n’existe donc pas, parmi les colorations permanentes, de produit réellement « moins risqué ».
Ce constat est d’autant plus problématique que certaines de ces colorations (Herbatint/ Beliflor) sont aussi vendues dans des magasins bio ou sur des sites spécialisés en cosmétique naturelle ou en magasins bio, parfois sans liste INCI clairement accessible.
Une seule alternative cohérente
Face à cette réalité, les colorations purement végétales, certifiées par des labels de cosmétique naturelle et biologique (Cosmébio, Cosmos, BDIH, Natrue, Soil Association USDA Organic, Ecocert, etc), restent les seules alternatives aux colorations chimiques traditionnelles.
⚠️ Femmes enceintes, adolescentes, enfants : une population particulièrement vulnérable
La question des colorations chimiques est d’autant plus problématique pour les femmes enceintes, les adolescentes et les enfants. Ces populations sont plus sensibles à l’exposition répétée à des mélanges complexes de substances chimiques ( perturbateurs endocriniens, PFAS, microplastiques), notamment en raison de la concentration des composants, de la fréquence d’utilisation et de la problématique bien documentée de l’effet cocktail.
L’effet cocktail
Les colorations chimiques permanentes reposent sur des substances capables d’interagir entre elles, augmentant ainsi le risque potentiel, même lorsque chaque composant est autorisé individuellement. Cette exposition cumulative pose un enjeu majeur pour les populations particulièrement vulnérables aux perturbateurs endocriniens, dont les effets peuvent être amplifiés durant des périodes clés du développement, comme la grossesse, la puberté ou l’enfance.
Femmes enceintes & colorations chimiques : à éviter
Dans ce contexte, les colorations chimiques — qu’elles soient “sans ammoniaque”, “à base d’huile” ou “vegan” — devraient être strictement évitées pour ces catégories de population.
FAQ : Ce que le marketing des colorations pour cheveux ne dit pas
Une coloration sans ammoniaque est-elle moins risquée ?
Non. L’ammoniaque est généralement remplacée par d’autres substances chimiques, problématiques, en gardant le procédé chimique de coloration.
Les huiles végétales rendent-elles une coloration chimique plus sûre ?
Non. Elles n’annulent pas les risques liés aux composants chimiques responsables de la coloration.
Toutes les colorations vendues en magasin bio sont-elles forcément naturelles ?
Non. Certaines colorations chimiques sont vendues en magasin bio ou sur des sites spécialisés, sans que leur nature chimique soit clairement mise en avant.
Les colorations chimiques sont-elles adaptées aux femmes enceintes ?
Non. En raison de la concentration de substances chimiques, de l’effet cocktail et de la sensibilité accrue aux perturbateurs endocriniens, les colorations chimiques sont à bannir pendant la grossesse.
Les adolescentes et les enfants peuvent-ils utiliser des colorations chimiques ?
Ce n’est pas recommandé. Les adolescentes et les enfants constituent une population particulièrement vulnérable. L’exposition à des mélanges de substances chimiques, notamment des colorants d’oxydation, présente un risque accru et doit être évitée.
Existe-t-il des alternatives aux colorations chimiques ?
Oui. Les colorations purement végétales de marques certifiées, relevant de la cosmétique naturelle et biologique, constituent les seules alternatives aux colorations chimiques traditionnelles.
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