Actualités du secteur cosmétiques, thématiques de fond, analyses.
Le site d’information indépendant et gratuit pour vous informer en continu. Tout le long de l’année différent sujets de base ( les solaires, le maquillage, les huiles essentielles, la controverse autour de certains composants, etc) feront l’objet d’articles plus détaillés.
Pleins phares sur 3 composants : Benzophénone, Lyral (HICC) et Zinc Pyrithione (ZPT)
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Cette rubrique mettra régulièrement l’accent sur trois composants, qui soulèvent des questions, dont l’évaluation a évolué…. ou qui méritent quelques éclaircissements… La rubrique vient compléter les informations que vous trouverez dans les différents articles et tests produits sur le site tout le long de l’année.
Et ce mois-ci nous parlerons du Benzophénone, Hydroxyisohexyl 3-Cyclohexene Carboxaldehyde (HICC)/ Lyral et du Zinc Pyrithione (ZPT)
cosmétiques : focus ingrédients
1) BENZOPHÉNONE
(et ses différentes variantes :Benzophénone 1, -3 (oxybenzone), -4, -9)
Fonction :Filtre UV
Origine : chimique
➡️ Évaluation du site « La Vérité Sur les Cosmétiques » : insuffisant
Depuis août 2019, cette substance fait l’objet d’une consultation publique par l’ECHA pour son inclusion à l’annexe VI du règlement CLP. La proposition de classification est cancérigène de catégorie 2/ CMR *(C1B). Sans avis favorable (et défense) du SCCS, cette classification pourrait entrainer l’interdiction automatique en cosmétique de la benzophenone via un règlement omnibus qui amenderait le règlement 1223/2009.
Mis en ligne 2 juin 2020, le site edlists.orgrépertorie la liste des substances reconnues comme étant des perturbateurs endocriniens ou celle qui sont en cours d’évaluation (p.e. suspecté) dans la règlementation européenne sur les produits chimiques. Ce site est le résultat d’une coopération entre la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, et la France.
➡️ Évaluation du site « La Vérité Sur les Cosmétiques » : insuffisant
HICC (Lyral) : substance parfumante de synthèse allergisante
La mise sur le marché des produits contenant cette substance est interdite depuis 23 Août 2019. Les produits déjà dans la chaine de distribution pourront être écoulés jusqu’au 23 août 2021. Cette substance pouvant être naturellement présentes dans de nombreux composés de parfums; sur la base de l’article 17 du Règlement, sa présence semble acceptable dans le produit fini si et seulement si elle respecte 4 critères : présente en petite quantité, non intentionnelle, techniquement inévitable et sans risque pour la santé.
➡️ Composant interdit des cosmétiques par le Règlement (UE) 2017/1410 de la Commission du 2 août 2017,
« La mise sur le marché dans l’Union de produits cosmétiques contenant cette substance est interdite à partir du 23 août 2019. La mise à disposition sur le marché dans l’Union de produits cosmétiques contenant cette substance est interdite à partir du 23 août 2021.»
3) Zinc Pyrithione (ZPT)
Fonction :conservateur, antibactérien
Origine : chimique
➡️ Évaluation du site « La Vérité Sur les Cosmétiques » : insuffisant
Utilisation dans shampooings (principalement actif anti-pelliculaire)
➡️Avis du CSSC : Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs
Conformément aux conditions énoncées à l’article 15, point (d) du règlement (CE) no 1223/2009 et compte tenu des données scientifiques fournies, le CSSC considère la pyrithione de zinc (ZPT) est sûre lorsqu’elle est utilisée comme antipelliculaire dans les produits capillaires à rincer jusqu’à une concentration maximale de 1%.
➡️ En 2018, le comité d’évaluation des risques (RAC / Risk Assessment Committee ) de l’ECHA a adopté un avis proposant une classification en tant que substance CMR 1B en vertu du règlement (CE) n ° 1272/20081.
* Les substances CMR (Cancérogène, Mutagène et Réprotoxique) sont interdits dans les produits cosmétiques, sauf à titre exceptionnel ( = restrictions)
Karethic… Une marque innovante et un projet engagé… depuis ses débuts…
De temps en temps nous allons vous présenter également des projets ou marques cosmétiques et leur poser quelques questions. C’est au tour de Carole Tawema, fondatrice de la marque Karethic, de se prêter au jeu des questions-réponses.
Karethic Serum au miel de karité
Tout d’abord… comment cela se passe pour vous, vu le contexte ?
Comment une petite entreprise comme Karethic peut s’adapter à une situation inédite, comme celle que nous vivons actuellement ?
Carole Tawema, Karethic : A notre plus grande surprise, la situation se passe très bien. La petite taille de notre entreprise nous a permis de nous adapter rapidement à la situation. Les outils pour travailler à distance et la dématérialisation des documents sont une habitude chez Karethic.
La première semaine fut bien sûr difficile car il a fallu prendre des décisions très vite, sans visibilité. Notre partenaire logistique qui emploie des personnes en situation de handicap a en effet dû fermer ses portes très vite. Nous avons pris le relais en préparant nous même les commandes pour les professionnels comme pour les particuliers et avons informé nos clients de la situation.
Cela fait un moment que vous évoluez dans le monde des cosmétiques naturels et bio maintenant, qu’est-ce qui vous a motivé à créer votre propre marque ?
Carole Tawema, Karethic :
Nous avons crééce qu’aucune autre marque de cosmétique ne voulait créer il y a 10 ans par dogmatisme et préjugés : des soins au beurre de karité brut non raffiné.
Quand nous avons débuté, cet ingrédient, le beurre de karité brut non raffiné, était perçu comme devant être obligatoirement raffiné avant d’être utilisé en cosmétique. Or ce processus est non seulement polluant mais il fait aussi intervenir plusieurs intermédiaires qui réduisent la rémunération des productrices de karité à la base de chaque kilo de beurre de karité produit dans le monde.
Mon mémoire de fin d’études sur les stratégies de développement du commerce international du karité m’a permis de comprendre que le beurre de karité était l’équivalent de l’huile d’olive.
Il n’avait simplement pas bénéficié du travail de recherche et de valorisation que l’huile d’olive, voire l’huile d’argan. J’étais jeune et disposais de toute l’énergie pour le faire car le métier de millions de femmes à la base de l’industrie de karité était en jeu.
En tant que françaises d’origine africaine (béninoises) et surtout en tant que femmes, nous avons mené ce travail avec ma sœur dans l’intérêt des productrices de karité et du consommateur car comme l’huile d’olive vierge, moins vous raffinez le karité, plus vous bénéficiez de ses vitamines.
Karité Grand Cru
Or le karité est l’huile végétale la plus riche en principes actifs réparateurs de la peau et des cheveux dès lors qu’elle n’est pas dénaturée, raffinée.
L’huile d’olive est connue et valorisée depuis l’antiquité. Le beurre de karité brut, vierge, frais est celui que nous qualifions de Grand Cru depuis 2010. Pourtant l’industrie utilise cet ingrédient, le karité, depuis des siècles mais en le raffinant industriellement.
Ce n’est donc pas uniquement une création de marque que nous avons effectué, mais un travail de recherche et de valorisation d’un ingrédient dans une démarche sociale et environnementale positive.
Le terme Grand Cru de karité que nous avons créé est reconnu par les autorités publiques en France depuis 2018. Il n’était pas possible auparavant de spécifier la qualité particulière du karité dans l’intérêt du consommateur.
Les marques proposant du karité raffiné n’ont en revanche aucune obligation de préciser qu’il est raffiné.
C’est ce qui explique que nous restons une petite entreprise – malgré tout le travail réalisé. Seules, nous ne pouvons pas grand-chose face à une industrie qui défend son droit à polluer et tromper le consommateur en exploitant des femmes.
Vous avez vu évoluer le secteur, les attentes des consommateurs, les enjeux entre secteur des cosmétiques bio celui du secteur conventionnel…
Quelles sont les tendances, concernant les habitudes de consommateurs ou concernant le secteur en général, que vous avez pu observer ?
Carole Tawema, Karethic :
La quête de réassurance et de garantie de qualité et d’innocuité est de plus en plus forte notamment chez les millénials adeptes d’applications permettant de décrypter les étiquettes. Et quand l’industrie ne parvient pas y répondre, le consommateur se tourne à raison vers le Do It Yourself. Le confinement a permis a des milliers d’hommes et de femmes de s’initier à la cosmétique faite maison et c’est une bonne chose. Ce sont 2 tendances fortes qui se combinent avec la volonté de protéger l’environnement, la vie animale et la réduction des déchets.
De mon point de vue, le secteur du conventionnel est dépassé par les demandes du consommateur. Il tente de se frayer un chemin avec des labels qui ne reposent sur aucun cahier des charges strict ni aucun contrôle comme le véganisme ou la clean beauty.
Le respects des producteurs à l’origine de chaque ingrédient
Le secteur bio peut répondre à ces nouvelles exigences du consommateur beaucoup plus aisément en renforçant sa démarche de transparence et de garantie basée sur les fondamentaux de l’agriculture biologique : Le respect à la fois de l’Homme et de son Environnement. Le respect de l’Homme ne se limite pas à la santé du consommateur, ça implique aussi les producteurs à l’origine de chaque ingrédient naturel utilisé dans une formule. La crise a mis en lumière le fait que ceux qui sont réellement essentiels à la société sont ces hommes et ces femmes proches de la terre et de l’Humain. J’espère que cela ne sera pas oublié le jour d’Après. Dans tous les cas, le consommateur ne l’oubliera pas.
Quels sont les projets de Karethic…. aujourd’hui… demain et dans les années à venir ?
Carole Tawema, Karethic : Nous continuons à développer des produits multifonctions et simples autour du karité brut ou des rituels de beauté de la femme africaine, utiles à la société, qui répondent au besoin de ralentir et réduire la quantité de produits nécessaires pour prendre soin de sa peau tout en protégeant la planète.
Cela nous permet d’innover sans cesse ou d’améliorer des produits existants déjà sur le marché en créant des versions plus responsables d’un point de vue social et environnemental.
Par exemple notre dernière nouveauté « La taie de Beauté Majestaie » qui permet de protéger et sublimer à la fois la peau et les cheveux est née en associant un rituel de beauté adopté dans le secteur du luxe, -dormir sur une taie de soie pour protéger sa peau-, à un rituel de beauté adopté par les femmes aux cheveux crépus, fragiles et cassants, dormir sur une taie en satin. Les tissus que nous avons sélectionné pour la Majestaie permettent d’obtenir le même résultats en évitant d’exploiter les vers à soie, de décimer les koalas en Australie tout en étant pensé pour être recyclables. D’un point de vue social, nous avons choisi de confier la réalisation des taies aux couturières de notre ESAT en région lyonnaise.
Des nouveautés
La prochaine nouveauté sera aussi un produit multi-usages, une crème hydratante et déodorante (et non un déodorant crème) qui peut s’utiliser sur tout le corps et permet à la fois d’hydrater, nourrir et protéger la peau, tout en luttant contre les bactéries.
Nous encourageons nos clients à s’initier aux cosmétiques DIY avec des recettes disponibles sur notre site internet. Le karité brut est -et a toujours été- notre meilleure vente. Pour ceux qui n’ont pas le temps de faire eux même, nos formules sont minimalistes avec peu d’ingrédients et proches d’une recette DIY.
Je perçois le DIY comme la cuisine familiale, nos produits Karethic, comme un déjeuner dans un excellent restaurant bio, voire gastronomique avec des ingrédients frais, la cosmétique industrielle (bio ou conventionnelle) comme du fast food bio ou conventionnel. L’essentiel est que le consommateur puisse choisir en toute connaissance de cause, en fonction de ses moyens et du temps dont il dispose.
Dans les années à venir j’espère que nous serons toujours là pour contribuer à la transformation positive de l’industrie cosmétique encore trop minée par les dogmes, les préjugés et un manque de transparence.
Personnellement, qu’est-ce qui vous permet en ce moment de mieux faire face à cette situation…. d’incertitude ?
Quelques conseils, encouragements ou réflexions que vous souhaitez partager avec nos lecteurs ?
Carole Tawema, Karethic :
Nos clients, l’équipe Karethic, l’homme de ma vie, mes voisins et mes chats m’ont permis de vivre le confinement de façon plus positive. Le fait de penser aux autres et non à soi en priorité, de réfléchir au chemin parcouru permettent d’évacuer les peurs.
Nous serons tous impactés d’une façon ou d’une autre mais il est essentiel de commencer dès maintenant à penser au monde que nous souhaitons demain pour nous et les futures générations.
Le projet d’application Konsoleader que nous souhaitons construire avec un socle d’acteurs engagés de la société civile, reste pour moi une des façons d’agir de façon pacifique et concrète pour transformer en profondeur et durablement les modes de consommation.
L’engagement et changement à impact positif
Il faudra s’engager beaucoup plus qu’auparavant, chacun à son niveau, en fonction de ses compétences et de ce dans quoi nous nous épanouissons sans attendre que les solutions proviennent d’autrui. Nous n’avons plus le choix. La bonne nouvelle c’est que nous ne sommes pas seuls à vouloir ce changement à impact positif. Dans chaque territoire, au niveau local les solutions sont là. Le plus important est de veiller à ce que « le local ne devienne pas un bocal » qui nous enferme dans le rejet de l’autre.
Un grand merci à Carole Tawema d’avoir répondu à nos questions, allez rejoindre ses comptes pour en savoir plus sur la marque et les produits :
Tests produits solaires : comparaison des approches, analyses…et des résultats
Constat : Chaque été, les magazines de consommateurs en Allemagne et en France effectuent des tests produits solaires. Mais ils ne partagent pas les mêmes avis. Voir même : les magazines de consommateurs entre eux n’émettent pas les mêmes avis et n’obtiennent pas les mêmes résultats.
Nous avons donc pris le temps de regarder les différents tests produits solaires de ces derniers mois, en France et en Allemagne, qui n’obtiennent pas les mêmes résultats, …tout simplement la plupart du temps par ce qu’ils n’appliquent pas les mêmes méthodes de tests… ni les mêmes critères d’évaluations. L’un des constats de base qui revient depuis plusieurs années, c’est celui qui concerne les filtres minéraux qui apparemment ne protègeraient pas aussi bien que les filtres chimiques, notamment avec des manquements autour de la protection UV-A.Voici donc un aperçu des derniers tests solaires, accrochez-vos ceintures, on passe même la frontière.
A) Le magazine allemand Stiftung Warentest : tests produits solaires juillet 2019
Stiftung Warentest
Produits Testés:19 produits solaires avec indices de protection (IP ou SPF) élevés (SPF 30, 50, 50+). Marques « conventionnelles » et marques de cosmétique naturelle et bio.Tests produits solaires.
Critères de test :
Méthodes de test UV-A & UV-B
Critères des déclassement:
Respect de l’indice de protection : qui compte pour 35% de l’évaluation
Indice de protection (UV-B): méthode de test :In vivo
non-respect des indices de protection
Apport d’hydratation: 20 %
Indice de protection (UV-A): méthode in vitro, mise en relation avec l’indice UV-B ( 1/3)
non-respect de l’indication «waterproof»
Application : 25 %
Emballages/ indications : 20%
manquements sur les emballages/ indications
microbiologie
qualité microbiologie de la formule
Substances parfumantes controversées
présence de substances parfumantes controversées, du type Lilial,(BMHCA), HICC
Résultats ?
7 produits reçoivent la meilleure note, «très bien», comme par exemple le lait solaireNivea Sun protection & et soin (IP 30),le lait solaire Ombra Sun Ultra Sensitiv de Aldi (IP 30) ou le lait solaire Sundance de DM (IP 30)
7 produits reçoivent la note «bien», dont deux produits de cosmétique naturelle et bio, le lait solaire Sensitiv de Lavera (IP 30) et le lait solaire de Alverde (IP 30)
Conclusion : Pas de distinction entre filtres chimiques et filtres minéraux, en tout cas pas de déclassement pour une catégorie de composants spécifiques (filtres chimiques potentiellement classés perturbateurs endocriniens, par exemple). Pas de déclassement de produits solaires bio à base de filtres minéraux pour protection UV-A ou UV-B insuffisante, non plus.
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B) Le magazine allemand ÖKOTEST : tests produits solaires de juin 2019
ÖKOTEST
Produits Testés : le test comportait en tout 20 produits, à la fois des marques «conventionnelles» et des marques de cosmétique bio certifiés.
Test produits solaires.
Critères de test :
Critères des déclassement:
Analyse de la composition
Conservateurs de synthèse controversés, susceptible d’être des libérateurs de formaldehydes
Filtres UV de synthèse considérés comme controversés du type Octocrylen ou Ethylhexylmethoxycinnamat ou Benzophenon-3 susceptibles d’agir comme perturbateur endocriniens et/ou problématique environnementale
Des PEG, polluants et susceptibles de rendre la peau plus perméable à d’autres substances
Des composants à base d’huiles minérales (paraffine, Hydrogenated Polyisobuten, etc) ou de silicones
Des substances parfumantes allergisantes
Résultat ?
3 produits sont classés «très bien» (cosmétique naturelle et bio + 1 conventionnel), dont les produits solaires de Eco Cosmetics, Dado Sans,Lavera
et les 5 produits restants (conventionnels) passent directement à la case «déconseillés».
En fin de liste parmi les produits classés insuffisants -déconseillés- on retrouve par exemple les produits de Clinique, Garnier, Lancaster, Piz Buin
Conclusion : L’analyse portait essentiellement sur la liste des ingrédients, la composition de la formule et l’étiquetage. Déclassement des produits en fonction des composants considérés comme controversés par Ökotest :filtres UV de synthèse potentiellement classés perturbateurs endocriniens, composants issus de la pétrochimie, etc.
Indice de protection (UV-B) + (UV-A) : méthodes de test :non précisés
indice de protection UV-B / UV-A non respecté
Composition : 30 %
Présence de composants potentiellement allergènes (vu qu’il s’agit ici de produits certifiés en cosmétique naturelle et bio : des composants issus d’huiles essentielles type linalool)
présence de molécules anti-inflammatoires (du type propolis ou pollen extract) qui donneraient « une fausse et dangereuse impression de protection »
Etiquetage : 10 %
indications et descriptifs manquants
Résultats ?
5 produits comme Dermatherm, Eq Evoa,… Gamarde reçoivent les meilleurs scores de 17/20 à 10/20….et les derniers des scores de 9,5/20, principalement pour protection UV-A ou UV-B insuffisante.
Conclusion :Déclassement en fonction du non-respect de la protection UV-A/B (quelles méthodes de test ?) et des critères établis par le magazine. Selon ces analyses certains produits respecteraient la protection UV-A/B donnée, d’autres non. Le magazine ne donne pas d’indication précise concernant la méthode de mesure UV-A utilisée, par ex. Les résultats diffèrent par ailleurs avec l’analyse suivante, celle de Que Choisir, qui estime que les filtres chimiques seraient les seuls fiables en terme de protection UV-A, par ex.
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C) Que Choisir juillet-août 2019 : tests produits solaires, France
Que Choisir
Produits Testés:20 crèmes solaires pour enfants, à la fois des marques «conventionnelles» et des marques de cosmétique bio certifiés.Tests produits solaires.
Critères de test :
Méthodes de test UV-A & UV-B
Critères des déclassement:
protection UV-B
Indice de protection (UV-B) + (UV-A) : méthodes de test :non précisés
indice de protection UV-B non respecté
Protection UV-A
indice de protection UV-A non respecté
Appréciation
Test d’usage
Perturbateurs endocriniens
Présence de perturbateurs endocriniens
Phenoxyethanol
Présence de phénoxyéthanol
Nano (étiqueté)
Présence de nanoparticules (indiqués sur la liste INCI)
Allergènes
Présence d’allergène
Etiquetage
Etiquetage non conforme
Résultats ?
En tête de liste, parmi les produits recommandés, on retrouve essentiellement des marques conventionnelles Avène, Rien, Ambre Solaire…. les produits de cosmétiques naturelle et bio, à base de filtres minéraux comme Alphanova ou Acorelle sont les derniers du classement, principalement à cause de la protection UV-A insuffisante.
Conclusion :Déclassement et classement en fonction des critères établis par le magazine. Selon ces analyses les filtres chimiques seraient les seuls fiables en terme de protection UV-A (quelles méthodes de test ont été utilisées?). Une analyse qui est en opposition avec l’analyse de 60 Mio de consommateur et celle de Stiftung Warentest, : ces deux magazines arrivant à des conclusions différentes dans leur analyse de la protection UV-A des différents produits solaires à base de filtres minéraux.
Différents critères et différentes approches
Aucun magazine cité auparavant n’utilise les mêmes critères de sélection ou de déclassement, mais la question encore plus importante, en tout cas en ce qui concerne la mesure de protection UV-A et UV-B, serait de savoir si les magazines utilisent les mêmes méthodes de test ?
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La question de l’harmonisation des méthodes de test UV-A et UV-B
La question de la protection des UV-A qui serait insuffisante pour les produits solaires à base de filtres minéraux, par exemple (donc tous ceux du secteur des cosmétiques bio, notamment, car seuls les filtres minéraux y sont autorisés) revient depuis des années, à chaque test produit solaire.
Scénario suivant :
Magazine de consommateur met en avant ses résultat de test, souvent alarmants.
Les médias relayent.
Le fabricant répond avec ses propres résultats qui diffèrent. (Les tests UV-A et UV-B sont d’ailleurs obligatoires avant la mise sur les marché.)
Confusion générale
Qui a tort, qui a raison ?
Tout le monde … et/ou personne, en fait ?
Car les différentes interprétations proviennent notamment des différentes méthodes de test, qui produisent souvent des résultats différents.
Rappel des tests produits dernières années…et des réactions
Vu que la problématique est récurrente, voici également quelques communiqués et mises au point proposés par exemple par COSMED, (l’association professionnelle de la filière cosmétique en France) qui répondait il y a quelques années déjà aux tests produits solaires, avec des résultats similaires.
« Une erreur de méthode : La revue a fait procéder par ses experts (non cités) à une série d’analyses in vitro en utilisant la norme internationale ISO 24443. Pour des raisons techniques parfaitement identifiées, cette norme est connue par tout expert sérieux comme ne devant pas être utilisée pour les produits de hauts indices 50 ou 50+, ou comportant des écrans minéraux, ceux-là même que conteste Que choisir. La norme utilisable dans ces cas est la norme ISO 24442 in vivo. Les industriels ont utilisé la bonne méthode. Celle-ci est reconnue également par les autorités de contrôles. Les experts indépendants ont donc confirmé, à juste titre, la sécurité et le haut niveau de protection de ces produits. Du reste, un des laboratoires mis en cause a été contrôlé par la DGCCRF ce mois de juin sur ses produits solaires, sans qu’aucune remarque n’ait été faite. «
Fédération des entreprises de la beauté, qui avait également pris position :
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Différentes approches pour mesurer la protection UV-B et UV-A
UV-B
Il existe plusieurs méthodes pour déterminer la protection UV-B, le chiffre indiqué par l’indice de protection ou FPS (= Facteur de protection solaire) sur le produit. Rappel: l’indice de protection indiqué sur le produit se réfère à la protection contre le rayonnement UV-B uniquement. Le ratio protection UV-A/ UV-B doit être égal à un tiers (min.) 1:3. Mais la protection contre les UV-A ne nécessite pas de logo spécifique, seul le FPS est obligatoire. Ex : un indice de protection UV-B de 15 nécessite un indice de protection de UV-A de 5 minimum.
Methode In-Vivo = tests effectués directement sur la peau de volontaires, ce qui peut poser des questions d’éthique
Methode In-Vitro = tests effectués en laboratoire
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Des efforts d’harmonisation pour les méthodes de mesures UV-B
La norme IN VIVO ISO 24444, est actuellement la méthode de mesure du SPF reconnue au niveau international. Mais même actuellement les différentes méthodes de test utilisées peuvent mener à des résultats… différents. Le site de l’ISO précise ainsi :
« Différentes méthodes normalisées sont disponibles et sont décrites dans le Rapport technique ISO/TR 26369[4].Toutes ces normes sont similaires en ce qui concerne certains paramètres mais diffèrent par d’autres. Les différences peuvent conduire à des écarts de résultats. Par conséquent, une harmonisation est nécessaire pour obtenir la même valeur de FPS pour un seul et même produit, quel que soit le pays où il est soumis à essai. »
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En route vers une normalisation de la mesure du SPF IN VITRO
La méthode in vitro de mesure du SPF/FPS soumise à l’ISO par Cosmetics Europe (L’Association européenne des cosmétiques, anciennement appelée COLIPA), vient d’être acceptée par le Comité Technique de l’ISO, elle représenterait ensuite une alternative au test in vivo (qui posent des problèmes d’éthique) et serait reconnue au niveau international.
En ce qui concerne la mesure de protection contre les UV-A il existe également différentes approches…
Plusieurs méthodes et normes internationales ISO pour mesurer la protection UV-A
ISO 24 442 (IN VIVO)
La méthode d’évaluation « in vivo » ISO 24442:2011 actuellement en cours de révision, elle sera à terme remplacée par une autre norme :ISO/AWI 24442
Et c’est cette norme qui ne semble pas adaptée aux solaires à base de filtres minéraux, ce qui évidemment amène à des résultats différents.
On peut notamment lire sur le site de l’ISO:
« La présente Norme internationale d’essai spécifie un mode opératoire in vitro pour caractériser la protection UVA apportée par des produits de protection solaire. Des spécifications sont données pour permettre de déterminer les caractéristiques d’absorbance spectrale de la protection UVA de façon reproductible.
Afin de déterminer les paramètres de protection UVA pertinents, la méthode a été mise au point pour fournir une courbe d’absorbance spectrale UV à partir de laquelle des calculs et des évaluations peuvent être effectués. Les résultats de ce mode opératoire de mesure peuvent être utilisés pour d’autres calculs exigés par les autorités réglementaires locales. Ces calculs comprennent le calcul du facteur de protection contre les ultraviolets A (FPUVA) [corrélé au FPUVA in vivo du mode opératoire d’essai de pigmentation persistante (PPD)], de la longueur d’onde critique et de la proportionnalité de l’absorbance des UVA. Ces calculs sont facultatifs et sont liés aux exigences d’étiquetage locales des produits de protection solaire. Cette méthode repose sur les résultats du FPS in vivo pour élaborer la courbe d’absorbance des UV.
La présente Norme internationale n’est pas applicable aux produits en poudre tels que les produits en poudre compacte ou en poudre libre. »
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Conclusion : Les différents résultats des tests s’expliquent par des méthodes d’évaluation différentes… et les résultats de tests produits qui varient d’un magazine de consommateur à l’autre… et d’un pays à l’autre sont également tout simplement le résultat de critères de tests … qui ne sont pas les mêmes.
Qui a raison, au final ?
Vu que ni les méthodes de test, ni les critères d’évaluations sont identiques, ces tests sont effectuées sur différentes bases et ne sont donc…. pas comparables. Par ailleurs, les marques et fabricants utilisent parfois des méthodes de test différents de celles utilisées par les magazines de consommateurs.En attendant une harmonisation des méthodes de test :à chacun de s’informer, de poser les questions aux acteurs concernées (marques, magazines de consommateurs, associations) pour au final se faire sa propre opinion.
1 ) Vous êtes présent sur la scène des certifications depuis quelques années, présentez-nous votre organisme, Expertise Végane Europe et son évolution….
Expertise Végane Europe est un organisme de contrôle et labellisation spécialisé créée sur le modèle de la certification agriculture biologique pour répondre à l’absence de réglementation de l’allégation « vegan ». Nous intervenons sur le terrain pour réaliser des audits et contrôles permettant d’assurer la fiabilité de l’allégation et des produits. Nous expertisons toutes sortes de produits : alimentaire, matières premières, cosmétiques, textile, dispositifs médicaux, produits issus de l’agriculture végane…
2) Concernant la certification des cosmétiques véganes, selon vous, quelles sont aujourd’hui les attentes des marques et des consommateurs ?
Les consommateurs recherchent globalement des produits plus sains, véganes et respectueux de l’environnement. Ainsi, les marques s’adaptent à cette nouvelle tendance en formulant des produits cosmétiques à base de matériaux naturels ou peu transformés, et remplacent les sources animales. La certification végane implique également l’aspect « sans cruauté », c’est à dire que ni le produit fini ni les ingrédients n’ont occasionné de tests sur les animaux vivants (aujourd’hui une obligation européenne). Chez EVE, c’est aussi et surtout un produit fini qui n’a occasionné de tests in-vitro sur des supports animaux morts et sous-produits animaux (cornée de bœuf, œuf, tissus animaux, cellules de rongeurs etc.) comme il est encore autorisé et d’usage dans la cosmétique actuelle.
3) De quelle manière votre démarche de certification se distingue-t-elle des autres certifications vegan ou labels de protection animale ? (Vegan Society, One Voice, Peta….)
Notre organisme se distingue par son objectif d’incarner un organisme certifié ISO qui répond aux exigences des organismes certificateurs en terme d’expertise approfondie, de procédure, d’indépendance, de contrôle et d’audit régulier. Ce que ne proposent pas les associations telles Peta et One Voice car leur cœur de métier est le militantisme et la communication. Essentielles au départ, aujourd’hui leurs certifications sont trop simples à obtenir et n’impliquent pas de contrôle physique ni échantillonnage. Nous nous distinguons également par l’agrément des services (100% végane) et par notre certification Agriculture Biocyclique Végétalienne, qui garanti un produits végane depuis le champ jusqu’à l’assiette.
4) Sur notre site (en analysant la formulation des produits, par ex.), nous avons souvent constaté que les cosmétiques labellisés ou estampillés « vegan », n’intégraient pas forcément l’aspect de la protection environnementale. Vu que les animaux sont aussi les premières victimes de la pollution et du réchauffement climatique, cela ne fait pas vraiment sens.
Le véganisme implique le refus de la marchandisation des animaux : les produits issus de l’élevage, de l’abattage, de la chasse et de la pêche. Tout autre notion est hors sujet de l’allégation. Ainsi nous pouvons difficilement impliquer d’autres principes qui ne respecterait pas cette allégation de base, comme la notion de pollution. Malheureusement, le public ne discerne par bien cette notion de refus de la marchandisation et l’assimile trop souvent au bio ou au naturel, voir à d’autres notions hors sujet. Les hydrocarbures, les substances controversées ou les produits transformés correspondent tout de même à l’allégation végane. Les entreprises ont le droit d’obtenir la certification végane si elles le souhaitent si l’allégation est valable. Maintenant il appartient au consommateur de les boycotter en raison de leurs aspects négatifs. Ne pas participer au trafic des animaux n’est pas un gage de perfection.
5) Est-ce votre votre démarche de certification apporte des garanties supplémentaires en matière de protection de l’environnement ?
Pour répondre à ses problématiques environnementales, nous avons tout même une liste de substances refusées afin d’affirmer notre engagement personnel à l’amélioration continue des formulations. Nous interdisons donc les principales substances controversées telles les phtalates, parabènes, l’aspartame, les nanoparticules, le bisphénol, les glutamates…La liste est disponible sur notre site Internet. Il est possible que cette liste évolue pour répondre à éventuelles nouvelles découvertes scientifiques relatives à des substances dangereuses.
D’autres présentations de projets ou marques se trouvent sur le site.
Le dioxyde de titane, qu’est ce que c’est exactement ?
On fait le point…Dans la nature, le dioxyde de titane est présent sous la forme de rutile, un minéral tétragonal. On retrouve le dioxyde de titane (TiO2) dans de nombreuses applications (additif alimentaire, cosmétiques, pigments), notamment pour ses propriétés d’absorption des rayons ultraviolets et son caractère colorant blanc (additif alimentaire). Il est utilisé dans le secteur alimentaire (colorant), cosmétiques (filtre UV) ou les peintures (colorant, pigment); par exemple.
Dans les cosmétiques, ce composant est généralement utilisé en tant que colorant/pigment ou filtre minéral pour sa capacité à réfléchir, disperser et absorber les rayons ultra-violets (UV). Il s’agit d’un composant qui utilisé dans différents produits cosmétiques (conventionnels OU bio), il est donc également autorisé par les différents cahiers des charges en cosmétique naturelle et bio (BDIH, NaTrue, Ecocert, Cosmébio, Soil Association, ICEA, etc). Son utilisation en cosmétique naturelle et bio est donc tout à fait répandue, le dioxyde de titane étant principalement utilisé comme filtre minéral dans les produits solaires ou pigment dans les produits de maquillage.
Nom INCI (tel qu’il apparait sur les étiquettes des produits cosmétiques) : titanium dioxyde.
Dioxyde de titane, quel danger ? D’où vient la controverse, d’ailleurs ?
La méfiance envers le composant vient du fait que le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) ait classé le dioxyde de titane parmi les composants potentiellement cancérogènes pour l’homme (catégorie 2 B).
Comme toujours, les études scientifiques doivent être interprétées dans leur contexte et il est important de ne pas en tirer des conclusions hâtives ou généralistes. En effet, l’étude du CIRC évoque un risque cancérogène du dioxyde de titane sous forme de poussières inhalées par les poumons (sous forme aérienne, en suspension). L’inhalation intensive de dioxyde de titane type « poudre libre » peut donc poser problème et nécessite des mesures de protection, notamment pour les travailleurs exposés aux fines particules de ce composant.
Et cette problématique d’inhalation massive de particules fines, par exemple dans un contexte industriel, qui peut poser des problèmes de santé importants concerne non seulement ce composant, mais aussi d’autres composants susceptibles d’être inhalés à grande échelle dans un contexte professionnel (comme par exemple le charbon, laines minérales, graphite, etc, etc, etc )
Et le dioxyde de titane en tant qu’additif alimentaire ou dans les confiseries ?
En dehors des cosmétiques, quels produits contiennent du dioxyde de titane ?
Le dioxyde de titane en tant que additif alimentaire (nom en tant qu’additif alimentaire; E 171) est interdit depuis 2020 en France dans l’alimentation et depuis 2022 en Europe. Pourtant, il est encore présent dans de nombreux médicaments. Ce qui pose problème c’est l’absorption de ce composant sous forme de nanoparticules, comme c’était le cas dans les bonbons, chewing-gums ou même dans les médicaments, par exemple. Le fait d’ingérer le dioxyde de titane sous forme de nanoparticules, est problématique sur le long terme.
Faudrait-il donc éviter tout produit cosmétique contenant du dioxyde de titane ?
L’application cutanée de crèmes contenant du dioxyde de titane, quant à elle, n’est pas mise en cause par ces études, il est important de faire la distinction entre les différents contextes d’utilisation.
La plupart des dioxydes de titane actuellement utilisés en cosmétique ont d’ailleurs également subi un traitement de surface qui consiste à enrober chaque grain d’oxyde de couches de composés organiques (polyols, esters, etc.) ou inorganiques (alumine, silice, etc.). Cette étape le rend stable, non volatile et non assimilable par le corps.
En ce qui concerne l’utilisation du dioxyde de titane de manière générale (hors contexte nano) dans les produits de cosmétique naturelle et bio certifiés, certains labels préconisent, dans ce contexte d’incertitude de remplacer ce composant par une alternative, lors ce qu’elle existe, comme le précise par exemple Cosmébio*. Le label précise par ailleurs à juste titre que « si le dioxyde de titane venait à être interdit par le label …. cela signifierait également qu’il y aurait plus du tout de références en matière de maquillage et de produits de protection solaire ».
Solaire, quel produit choisir ?
Le cas des produits solaires (bio ou conventionnels)
Est-ce que toutes les crèmes solaires contenant du dioxyde de titane sont donc concernées par cette problématique ?
Récapitulons : ce qui pose problème, c’est l’inhalation massive de poussières de dioxyde de titane, son ingestion en tant qu’additif alimentaire, son utilisation sous forme de nanoparticules dans les sprays et non sa simple présence dans une formulation de crème.
➡️ Ce qui peut poser problème également, c’est la présence de ce ingrédient dans des dentifrices ou rouges à lèvres, par exemple, car les produits appliqués sur la bouche (dentifrices, rouge à lèvres, baumes, etc) sont partiellement ingérés.
Ce qui pourrait éventuellement poser problème aussi, c’est la présence de ce composant sous forme de nanoparticules dans les crèmes, sans problème pour la peau saine (étude EU NanoDerm*), d’autres études se penchent sur la problématique que des produits contenant des nanoparticules pourraient avoir sur les peaux endommagées, mais selon les dernières études il semblerait que la barrière de protection reste intacte et que les substances ne dépassent pas l’épiderme. Affaire à suivre…
En ce qui concerne la thématique des nanoparticules dans les solaires je vous invite à lire l’article suivant, qui évoque également la question ci-dessous: « Idée reçue : Les produits solaires bio contiennent tous des « nanoparticules » de filtres minéraux. »
Le dioxyde de titane est par ailleurs l’une des seules alternatives (avec l’oxyde de zinc) aux filtres UV de synthèse, pour la plupart très controversés, classés perturbateurs endocriniens, etc….
Mais la présence de dioxyde de titane dans un produit cosmétique ne veut pas dire «inhalation massive de poussières fines», ni automatiquement dire que ce composant est présent sous forme de «nanoparticules».
dentifrices et dioxyde de titane – éviter
Sous forme de poudre libre, composant minéral incorporé, ou rajouté dans des confiseries et additifs alimentaires ?
Il est néanmoins important de faire la distinction entre le dioxyde de titane ingéré sous forme de nanoparticules en tant qu’additif alimentaire, le dioxyde de titane inhalée sous forme de « poudre libre » (ce qui concernait plutôt le secteur industriel), le dioxyde de titane dans le domaine médical (médicaments,), alimentaire (confiseries), et le dioxyde de titane dans les cosmétiques oraux (dentifrices, rouge à lèvres, etc) et en tant que minéral incorporé dans des crèmes ou autres cosmétiques.
Conclusion dioxyde de titane dans les cosmétiques
Le dioxyde de titane est à ce jour toujours autorisé dans tous les cosmétiques, avec restrictions.
➡️ Son utilisation sous forme de nanoparticules est interdite dans les sprays et aérosols.
➡️ En tant que filtre UV, il est limité par le règlement cosmétique européen (1223/2009) à un dosage de 25% du total de la formule.
➡️ Le dioxyde de titane pose surtout problème s’il est ingéré, avalé ou utilisé sous forme de nanoparticules
Cadre règlementaire: précisions et mise à jour 2019/2020
Le 4 octobre 2019, la Commission européenne a adopté le 14ème ATP du règlement CLP. Ce texte comprend notamment la classification harmonisée du dioxyde de titane et prévoit une classification CMR Carcinogène de catégorie 2, par inhalation.
Des précautions d’emplois et des notes sont ajoutées concernant la classification du dioxyde de titane, notamment « sous forme de poudre contenant 1 % ou plus de dioxyde de titane qui se présente sous la forme de particules ou qui est incorporé dans des particules ayant un diamètre aérodynamique ≤ 10 µm ». La classification finale en CMR sera ensuite reprise par un règlement omnibus pour définir son application en cosmétique. Potentiellement, l’utilisation du dioxyde de titane dans un produit ayant des applications pouvant conduire à l’exposition des poumons de l’utilisateur final par inhalation pourrait être exclue.
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Cadre règlementaire: précisions et mise à jour 2024
Le Comité Scientifique SCCS en charge de l’évaluation de la sécurité des ingrédients cosmétiques a récemment publié son avis sur la sécurité d’utilisation de l’ingrédient Titanium dioxide (TiO2) (Opinion SCCS/1661/23).
En mars 2021, le groupe scientifique sur les additifs alimentaires et les arômes (groupe FAF) de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un avis sur la sécurité du TiO2 (E171) en tant qu’additif alimentaire indiquant qu’une préoccupation concernant la génotoxicité ne pouvait être exclue.
La Commission européenne a alors demandé au SCCS de réévaluer la sécurité du TiO2 en cosmétique, en se concentrant sur la génotoxicité et l’exposition par inhalation et par voie orale (soin des lèvres, rouge à lèvres, dentifrice, poudre libre, spray pour cheveux).
Résultat : les preuves disponibles ne sont pas suffisantes pour exclure le risque de génotoxicité de presque tous les types de grades de TiO2 utilisés dans les produits cosmétiques oraux. La seule exception concerne les 2 grades nanos (RM09 et RM11) pour lesquels les données de génotoxicité fournies n’indiquent aucun problème. Des informations supplémentaires sont toutefois nécessaires pour les considérer comme sûrs d’utilisation dans les produits de soin oraux.L es conclusions données dans les précédentes opinions (et SCCS/1583/17, SCCS/1617/20) sur la sécurité du TiO2 utilisé dans les produits cosmétiques pouvant entraîner une exposition par inhalation restent également inchangées.
Précisions : l’article date de 2017, mais est régulièrement mise à jour avec de nouvelles données.
Juin 2017
L’huile de palme & les cosmétiques
Focus ingrédient, huile de palme. En ce qui concerne les composants de base de la cosmétique, de plus en plus de consommateurs savent désormais repérer de nombreux composants problématiques ou controversés, utilisés principalement par la cosmétique « conventionnelle ». Dans un premier temps, les consommateurs avertis choisiront donc peut être des crèmes «sans parabènes» ou des après-shampooing «sans silicones», sans forcément s’intéresser à l’intégralité de la composition. Une faille que les pro du marketing de l’industrie cosmétique savent désormais exploiter à grande échelle, en proposant des formules gavées de composants controversés, mais anoblis par quelques mentions qui se veulent rassurantes. La focalisation unilatérale et exclusive sur la «problématique des parabènes» par exemple, a permis aux fabricants de faire passer en douce des conservateurs de synthèse bien pires dans leurs produits.
Dans un deuxième temps, ces consommateurs porteront peut être leur regard sur l’offre élargie des cosmétiques bio certifiés et s’intéresseront également aux sujets de fond. Et bien que la cosmétique naturelle et bio certifiée soit une réelle alternative à l’industrie cosmétique conventionnelle, il y a bien sûr aussi des sujets qui font débat, des approches à critiquer ou des façons de faire… à perfectionner. Très souvent, ces débats ou inquiétudes de la part des consommateurs tournent autour de quelques sujets récurrents que je qualifierais de «zones grises». Non pas parce qu’il s’agit de pratiques mafieuses douteuses du secteur, mais tout simplement par ce que ces sujets nécessitent un peu plus d’explications, d’éclaircissements.
Parmi les questions qui reviennent régulièrement, notamment posées par des consommateurs qui découvrent les cosmétiques bio, il y a par exemple l’utilisation d’huiles essentielles, la présence de composants à base d’aluminium, la présence d’alcool etc, etc.
Et très souvent, les interrogations ou critiques se basent pas forcément sur des arguments spécifiques ou études scientifiques, mais plutôt sur des informations relayées sur certains sites ou médias, sans vérification des différentes sources, par exemple.Parmi les composants du rayon cosmétique qui soulèvent de nombreuses questions, il y a bien sûr également la présence de composants à base d’huile de palme.
Désormais, le grand public connaît la problématique des plantations d’huiles de palme, liée à des monocultures qui détruisent la biodiversité et entraînent des phénomènes de déforestations massives.
Au-delà de la problématique environnementale et du péril que ces plantations représentent pour l’écosystème (végétal, animal et humain), ce marché mondial lucratif, basé principalement sur le profit de quelques multi-nationales, soutient des systèmes d’exploitation économique.
Largement utilisée surtout dans l’industrie agro-alimentaire (environ à 71%, suivi de 5% biocarburants, et 24% biens de consommation, dont cosmétiques), on reproche à cette huile également son taux élevé d’acides gras saturés, qui peut poser problème en surconsommation. Ceci-dit, la même chose vaut pour le beurre dans notre frigo et l’huile de palme fait partie de l’alimentation de base de beaucoup de pays, traditionnellement consommée dans le cadre d’une alimentation globalement équilibrée.
A quoi sert l’huile de palme dans les produits cosmétiques ?
Concernant l’utilisation de l’huile de palme pour la formulation des cosmétiques ; l’huile de palme est souvent utilisée comme matière première dans les processus de saponification (fabrication du savon), mais permet également de constituer d’autres composants, par exemple des émulsifiants, indispensables pour la formulation des cosmétiques. On retrouve également de nombreux composants annexes (des agents texturants, des huiles hydrogérénées,etc) issus d’huile de palme.
En tant que matière première pure, l’huile de palme est une huile végétale qui peut représenter certains avantages : comme la plupart des huiles végétales, elle est émolliente, nourrissante et protectrice. En ce qui concerne la fabrication des savons, l’huile de palme assure la consistance nécessaire qui permet d’éviter que les savons ne ramollissent ou se liquéfient trop rapidement.Inutile de rappeler que l’économie de l’huile de palme dans son ensemble pose de sérieuses problématiques sur le plan environnemental et intensifie les phénomènes d’exploitation économique.
Le consommateur qui s’intéresse à la question a donc le choix soit de boycotter systématiquement tout produit contenant de l’huile de palme (vaste programme…) ou de regarder un peu plus près les différentes provenances de cette matière première.
Et plus on va dans le détail, plus on s’aperçoit que le sujet est suffisamment complexe, d’où l’importance de s’attarder davantage sur les différentes sources d’approvisionnement.
Voici un rapide aperçu des initiatives autour du « sourcing » de l’huile de palme, qui ne concerne pas seulement le secteur des cosmétiques, bien entendu.
Parmi les initiatives visant à faire évoluer la problématique, on retrouve tout d’abord:
A) La certification RSPO « Green Palm »
L’huile de palme certifiée RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil) est portée par le comité de développement durable de l’huile de palme. Initiée à la base par des acteurs de toute la chaîne de production et de distribution de l’huile de palme, ainsi que des ONG du secteur social et environnemental. Cette table ronde a débouché sur le programme « GreenPalm ».
Limites ? Ce sont des initiatives qui vont dans le bon sens, mais qui restent très limitées, car elles impliquent et s’adressent à des grands groupes industriels, qui ont tendance à niveler vers le bas, visant à maintenir leur profit. Au-delà de la protection limitée de l’environnement, les pesticides restent autorisés et la problématique de l’exploitation économique et humaine n’est pas prise en considération de manière conséquente.
B ) L’initiative « Palm Oil Innovation Group » (POIG)
Cette initiative, composée également de membre du RSPO et d’ONG (dont Greenpeace et le WWF) souhaite dépasser les exigences de base du RSPO et rajoute des critères nettement plus stricts de protection environnementale et production équitable.
Limites ? Il ne s’agit toujours pas de production irréprochable, l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques reste autorisée et les conditions de travail sont certes améliorées, mais ne vont pas aussi loin que les exigences du commerce équitable certifié.
L’huile de palme issue de l’agriculture biologique est certifiée par exemple par Ecocert Greenlife et propose au-delà des principes de protection environnementale garantis par les initiatives ci-dessus, un cahier des charges strict de méthodes de cultivation: pas de pesticides, ni d’engrais de synthèse, par exemple.
Limites ? «Certification bio» ne veut pas nécessairement ou automatiquement dire certification « équitable ». Une grande partie de la production d’huile de palme bio provient de deux groupes Daabon (Colombie) et Agropalma (Brasil). Le groupe Daabon (Colombie) avait fait l’objet de plusieurs controverses et critiques dans le passé.
Il existe également une certification équitable de la part de Ecocert, ESR d’Ecocert, mais visiblement très peu associée aux projets d’huile de palme.
Les différents projets certifiés en agriculture biologique peuvent par contre en théorie s’associer à des certifications de commerce équitable, en respectant le cahier des charges exigeant de « Fair For Life » par exemple.
Dans toute cette jungle d’initiatives plus ou moins exigeantes, il existe néanmoins des approches qui appliquent les principes de l’agriculture bio et du commerce équitable de manière claire, transparente et … surtout cohérente.
Parmi ces initiatives, on trouve notamment les deux projets suivants :
Créée en 2006, Seredipalm est à la base un projet initié par une marque américaine de cosmétiques, Dr. Bronner’s, qui cherchait une solution pour s’approvisionner en huile palme bio et en parallèle développer le commerce équitable et biologique de cette matière première.
Dr Bronner’s est une entreprise familiale de savonniers, principalement reconnue pour ses savons « minimalistes », réputée aux Etats-Unis et bien au-delà. La société s’était lancée dans une vaste campagne globale de recherche pour se procurer les composants principaux auprès de fournisseurs regroupés dans des projets d’agriculture durable et équitable, qui puissent fournir les composants de base. C’est dans ce cadre-là que le projet Serendipalm vit le jour au Ghana.
S’appuyant exclusivement sur des petits producteurs, ce projet concerne plus de 670 petits paysans, possédant des champs en moyenne de 3ha, entourés de plantations de cacao et d’agrumes. Au-delà des salaires équitables, les partenaires bénéficient de formations à l’agriculture biologique et d’une prime de commerce équitable versée à l’ensemble de la communauté, permettant de financer des travaux et installations communautaires. Sur le terrain, la filiale Serendipalm est gérée administrativement par l’équipe ghanéenne et bénéficie du soutien du groupe. Serendipalm est l’employeur local le plus important, respecté et reconnu à la fois par ses 300 employés, -dont beaucoup de femmes sans qualifications particulières-, et par l’ensemble de la communauté locale.
Le projet Serendipalm fournit aujourd’hui également différentes sociétés du secteur alimentaire bio comme Rapunzel et la GEPA, Artisans du Monde. Le projet est garanti par différentes certifications bio et certifié commerce équitable « Fair For Life ».
Le groupe Natural Habitats est fournisseur d’huile de palme bio, cultivée selon les principes du commerce équitable.
Les différentes plantations de petits producteurs sont basées en Equateur et au Sierra Léone. Certifications Fair For Life (commerce équitable) Ecocert et USDA organic, EU organic (bio).
A vous de jouer
Plusieurs pistes s’offrent ainsi au consommateur éclairé qui souhaite encourager le sourcing équitable et écologique de l’huile de palme, que ce soit pour ses produits alimentaires ou cosmétiques.
L’option d’un boycott global de cette matière première dans tous les produits peut représenter un réel challenge de consommation sur le long terme et également pénaliser les quelques initiatives réellement exemplaires de commerce équitable et bio.
On est bien d’accord, le fait de s’orienter vers des produits certifiés bio ne représente qu’une partie des garanties, et seuls les projets qui garantissent à la fois des certifications bio et équitables feront avancer le débat.
En dehors des quelques marques qui mettent en place ou soutiennent ces projets uniques, le consommateur aura son rôle à jouer pour faire bouger les lignes, en choisissant les produits contenant de l’huile de palme «durable», «équitable» et «bio» en connaissance de cause et en incitant ses marques préférées à augmenter leur niveaux de garanties et de certifications… en toute transparence.
D’autres présentations de projets ou de marques sur le site.
août 2016
Suite à un article au sujet des « Vernis Bio » paru dans l’Express le mois dernier*, voici quelques questions abordées lors de l’entretien avec la journaliste :
Quelles sont les substances chimiques dominantes dans un vernis à ongles classique ?
L’odeur prégnante lors de l’application du vernis à ongles classique ou «conventionnel» vous donne une indication claire; ils sont composés d’environ 70 % de solvants, de résines, de pigments et d’autres composants chimiques qui peuvent poser problème. Les attentes des consommateurs envers les vernis sont aussi élevés : les formules doivent rester liquides dans le flacon…mais se durcir à l’application, elles doivent sécher rapidement… être disponibles en teintes mattes ou brillantes, ne pas s’effriter et tenir …le plus longtemps possible.
La plupart des fabricants y répondent en formulant des vernis avec des composants chimiques -certes autorisés par la législation des cosmétiques-, mais qui sont problématiques à plusieurs niveaux. Celui des réactions allergiques, par exemple. Selon une étude de 2010 du Professeur Hausen du centre dermatologique de l’hôpital de Buxtehude*, en Allemagne, beaucoup de réactions allergiques et d’eczémas du visage seraient également provoqués par les composants controversés des vernis, aussi surprenant que cela puisse paraître. Cela serait surtout dû au fait que les mains touchent en permanence le visage.
Aux Etats-Unis, plusieurs études ont constaté que les personnes qui travaillaient par exemple quotidiennement avec des vernis et d’autres produits pour les ongles dans des salons de beauté spécialisés « ongleries » s’exposaient à des risques importants pour leur santé, liés surtout à la surexposition aux solvants : irritations cutanées, réactions allergiques, maux de tête, problèmes respiratoires, problèmes neurologiques, risques lors de la grossesse etc**….
Quelles sont leurs effets sur notre santé ? (allergisants, perturbateurs endocriniens, cancérigènes…)
Parmi les principaux composants chimiques problématiques et controversés que l’on peut retrouver dans les vernis, il y a les suivants :
* Le toluène : un solvant, composant polluant, irritant pour la peau, les yeux et le système respiratoire. Son l’utilisation dans les cosmétiques est limitée à 25% du produit fini. Il peut provoquer des allergies et devenir réellement problématique pour la santé lors d’expositions importantes, ou sur le long terme. (irritant, potentiel réprotoxique et mutagène, sensibilisant)
* Les phthalates sont principalement utilisés dans les produits pour les ongles en tant que solvants et plastifiants, empêchant les vernis de craqueler. Certains phtalates comme le Dibutyl Phthalate (DBP) ne sont en principe plus autorisés en tant que composants dans la réglementation des cosmétiques européenne, car suspectés d’être des perturbateurs endocriniens*.
* Le formaldéhyde est présent dans les vernis en tant que durcisseur de matière. Il peut provoquer des allergies, des irritations de la peau, des yeux, des voies respiratoires. C’est un composant qui est par ailleurs classé cancérogène au niveau européen.
* Le camphre, est un assouplissant qui rend la texture du vernis plus malléable. En forte concentration, ce composant peut provoquer nausées et maux de têtes. Même si on le retrouve en quantité minime dans les vernis, il s’ajoute à ce « cocktail » de composants chimiques problématiques.
* La colophane est une résine qui peut provoquer des réactions allergiques et symptômes asthmatiques.
*Le règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 (refonte de la directive 76/768/CEE) interdit l’utilisation dans les produits cosmétiques de substances classées CMR de catégorie 1 ou 2 (parmi lesquelles le (DEHP) phtalate de di-2-éthylhexyle, le phtalate de dibutyle(DBP), et le phtalate de bi-2-méthoxyéthyle (DMEP).
Et d’un point de vue écologique, en quoi posent-elles problème ?
Etant donné que la plupart des vernis conventionnels sont majoritairement composés de solvants, le fait de remplacer ces solvants par d’autres composants principaux à faible impact écologique (eau, gomme laque…) ferait sens. Les produits à base de solvants comportent également des risques liés à la haute inflammabilité, que ce soit au niveau domestique, professionnel ou industriel
Pourquoi faire des vernis plus naturels est-il si compliqué ?
Des vernis de toutes les couleurs qui peuvent concurrencer avec tous les aspects des produits conventionnels,…du mascara «waterproof»… du rouge à lèvres qui résiste à tous les baisers… Il reste quelques défis à réaliser pour les fabricants de cosmétiques naturels et bio certifiés. Mais les fabricants qui veulent par exemple faire certifier leurs produits en tant que cosmétiques naturels et bio sont aussi tout simplement restreints par des cahiers des charges stricts, qui interdisent justement les composants chimiques problématiques… qui sont parfois si efficaces. Comme par exemple les silicones pour le mascara waterproof, les fixateurs et révélateurs pour obtenir toutes sortes de colorations pour les cheveux et…. les solvants et certains colorants flashy pour les vernis.
Mais certains fabricants de cosmétique naturelle et bio investissent en recherche et développement pour pousser les limites toujours plus loin et peut être pouvoir proposer demain des vernis comparables ou identiques aux produits conventionnels. Depuis peu les premières marques certifiées ont fait leur apparition sur le marché : Provida avec son vernis certifié (incolore) et Logona avec sa petite gamme de vernis, premiers vernis colorés certifiés BDIH et Natrue.
D’autres marques avaient déjà sorti des vernis certifiés en 2011, qui ont malheureusement été retirés assez rapidement du marché après les retours négatifs d’utilisatrices peu satisfaites.
Ensuite, le consommateur a toujours son rôle à jouer…
Les consommateurs sont-ils prêt à accepter certaines limites, comme c’est par exemple le cas pour les colorations pour cheveux véritablement naturelles qui ne peuvent pas éclaircir de manière naturelle les cheveux ?
D’opter pour un mascara, sans silicones, mais qui ne serait pas waterproof ?
Le consommateur est-il prêt à attendre que ces défis soient relevés, ou préfère-il opter pour son confort d’utilisation… là tout de suite ?
Il est sûr que certains fabricants sérieux de cosmétique naturelle et bio se penchent sur la question et investissent dans la recherche pour développer des produits innovants, mais en fonction des challenges techniques de formulation cela peut prendre un peu de temps, voir des années. Le consommateur aura toujours le choix entre des produits 100% naturels qui correspondent peut être… ou peut être pas à toutes ses attentes ou des produits moins naturels, qui correspondant à 100% des attentes, mais qui contiennent toujours des composants problématiques.
Ce qui est certain, c’est que l’offre des alternatives s’élargit d’année en année, que les consommateurs se renseignent davantage sur les composants des produits cosmétiques et exigent plus de transparence sur la problématique de certaines compositions.
Est-ce que les vernis naturels (les fameux 3-free, 4-free, 4-free, 6-free, 7-free, 8-free) qui sont désormais sur le marché (Kure Bazaar, Une, Avril etc.) sont pour vous satisfaisants ? Pourquoi ?
Tout ce va dans le sens de « moins de composants problématiques » est salutaire. Ensuite il faudra néanmoins veiller à ne pas trop simplifier le débat. Un vernis « 3/4/5…… free » n’est pas forcément un vernis « naturel » -encore moins un vernis qui pourrait être qualifié de « bio ».
C’est un vernis moins problématique dans le sens où il contient moins de substances chimiques controversés- et forcément moins il y en a, mieux c’est…Même constat pour la certification « vegan » : les vernis peuvent tout à fait être « certifiés végan » (ce qui ne veut pas automatiquement dire « bio ») et avoir une composition « classique »; plus ou moins naturelle ou à base de composants controversés. Un vernis véritablement naturel serait dans ma définition un vernis formulé bien sûr sans solvants ou sans aucune des autres substances problématiques, – mais de préférence certifié en cosmétique naturelle et bio pour avoir le maximum des garanties.
La garantie « Ecocert » cité par Mlle Ambroise est un label de cosmétique naturelle et bio parmi d’autres (Natrue, Bdih, Cosmébio, Soi Association (UK), etc) et ne peut pas être considéré comme la seule référence.
Dans un vernis à ongles, le « taux bio » ne peut pas être un argument clé : une huile corps ou visage peut par exemple être 100% bio, dès que l’on passe à des formulations plus complexes (crèmes, émulsions, etc) le taux bio ne fait plus sens, car des composants naturels, mais pas bio (Bio = issu de l’agriculture biologique) rentrent dans la composition: de l’eau, des émulsifiants, des composants minéraux, etc, etc etc. Pour les vernis, on remplacera par exemple la partie principale le solvant par de l’eau (vernis à eau) ou de la gomme shellac, qui sont des composants naturels, mais pas bio.
Parmi les produits de maquillage bio certifiés par exemple on trouve des poudres minérales pour le visage, qui ne peuvent pas être considérés « bio », car elles ne proviennent pas de l’agriculture bio. Par contre s’il s’agit de produits certifiés en cosmétique naturelle et bio, ces produits sont toujours exempts de composants controversés, problématiques et polluants, c’est le tronc commun des différents cahiers des charges en cosmétique bio.
Et si on décodait les 5 « idées reçues » les plus fréquentes sur les produits solaires ?
Il en existe certainement encore d’autres, mais voici ceux que l’on croise le plus fréquemment.
La question de la protection totale à 100%
1) Idée reçue : Les produits solaires – surtout ceux dont l’indice de protection est le plus élevé- assurent une protection totale à 100%, qui permet de rester au soleil toute la journée.
Faux !
Soyons clair, honnête et précis : en exposant votre peau – même avec une crème solaire- toute une journée au rayonnement solaire direct, mais sans protection textile (vêtements, chapeau, parasol etc), vous prenez des risques réels de surexposition, avec toutes les conséquences que cela implique !
Aucune crème solaire, même avec un indice 50 ne vous protègera au-delà d’une certaine durée d’exposition. Et cette durée d’exposition maximale est une « notion individuelle » qui dépend non seulement de l’indice de protection du produit choisi, mais surtout de votre type de peau (les fameux « phototypes »), de l’intensité du rayonnement et du contexte de l’exposition. Il est clair que le besoin de protection n’est pas le même si vous flânez l’été même en plein soleil dans une métropole du Nord de l’Europe ou si vous faîtes de la voile dans les Caraïbes !
L’écran total…n’existe pas
Le terme «écran total», très à la mode il y a quelques années, ne peut d’ailleurs plus être utilisé par les fabricants de produits solaires ; les indices les plus élevés sont qualifiés maintenant de « haute protection » car la «protection totale» est un leurre.
Les individus représentent de grandes inégalités face au soleil, tout simplement à cause de leurs différentes natures de peau, classifiées en «phototypes ».
Chacun, chacune connait à peu près son type de peau et sa propension à attraper plus ou moins vite un coup de soleil, (signe d’une surexposition et provoqué par les UV-B) et devra donc adapter sa protection solaire et surtout son comportement face au soleil en fonction de son point de départ.
Une fois de plus, rien de nouveau dans ce constat : vous avez la peau très claire, les yeux clairs (phototypes 1), votre peau vous fera remarquer assez rapidement que son temps d’exposition est dépassé (rougeurs, coup de soleil, sensation de chaleur, etc), même en appliquant un produit solaire avec indice 50 à longueur de journée. Alors que votre voisin à la peau mate pourra par exemple rester deux heures de plus à plage avec un indice inférieur, avant que sa peau ne réagisse.
Respecter les limites que nous indique notre corps, adopter des comportements qui relèvent du «bon sens» (et qui vont par ailleurs souvent à l’encontre de nos « mauvaises » habitudes actuelles), restent la base d’une stratégie cohérente de protection face au rayonnement intense du soleil. Sur le site Dermato-Info on peut par exemple lire les recommandations suivantes :
Ne pas rester sur la plage des heures entières et ne pas dépasser une heure de bain de soleil par jour, les mélanocytes ayant recueilli la dose de soleil suffisante pour un bronzage de qualité. Préférer pour bronzer le soleil du matin ou de la fin de l’après-midi, pour bénéficier de la filtration des UV par l’atmosphère. Appliquer régulièrement des produits solaires performants (adaptés à votre phototype et aux conditions d’ensoleillement) dont le but n’est pas de prolonger le temps total d’exposition ni de promouvoir un bronzage intense, mais de permettre une exposition raisonnable sans risque.
Ce message n’est certes pas très glamour et il peut être perçu comme rabat-joie pour ces vacanciers qui aiment rester des heures durant exposés au rayonnement direct du soleil, à la plage par exemple, et qui préféreraient se fier aux produits solaires «miracles», infaillibles, qui les protégeraient toute une journée, peu importe le contexte global et le type de peau de départ.
L’application fréquente prolonge le temps d’exposition à l’infini ?
2) Idée reçue : En appliquant la crème solaire généreusement et surtout fréquemment, à longueur de journée…. on «rallonge» la possibilité de son temps d’exposition à l’infini…., surtout si on choisit un indice de protection élevé.
Faux, également.
Comme nous l’avons fait remarquer auparavant, le fameux «temps maximal d’exposition » est un paramètre qui varie d’un individu à l’autre et qui dépend de différents facteurs ; type de peau, étape du bronzage, indice de protection, intensité du rayonnement….
Petit rappel : sur quoi est basé le calcul de l’indice de protection (IP)* ?
Le fameux « coup de soleil » provoqué par les UV-B est une réaction inflammatoire de la peau qui nous signale ainsi sa limite de protection face au rayonnement des UV-B. La durée d’exposition d’une peau non bronzée et non-protégée avant qu’elle n’attrape ce coup de soleil varie – en fonction du type de peau- entre 5 et 30 minutes.
Non protégée, la peau du phototype 1 par exemple, serait « brûlée » au bout de 5 minutes. Protégée par un indice IP 10, la peau subira cet effet un peu plus tard : au bout de 10 x 5 minutes = 50 minutes. ; avec un indice de protection 50 , au bout de 250 min (50 x 5 minutes).
Mais cette durée d’exposition maximale n’est pas une science mathématique exacte où la minuterie se mettrait à sonner une fois le délai de 250 minutes écoulé, mais une indication qui peut varier d’une personne à l’autre.
Renouveler l’application de la crème fréquemment après les bains de mer, après avoir transpiré, pris des douches, etc, pendant le temps d’exposition que votre type de peau tolère, fait tout à fait sens.
Tout comme le fait d’appliquer le produit toujours en qualité réellement généreuse et de manière uniforme pour s’assurer d’une protection optimale. Mais le fait d’appliquer la crème à plusieurs reprises, tout au long de la journée n’augmente pas ce seuil maximal d’exposition à l’infini. Et ce seuil maximal reste une notion qui varie d’un individu à l’autre. Mais souvenez- vous du conseil du site Dermato-info : une heure de bain de soleil par jour suffit pour un bronzage de qualité !
L’indice de protection (IP) indique essentiellement la protection contre les UV-B et n’intègre pas dans son calcul les UV-A qui eux pénètrent dans les couches profondes de la peau, accélèrent le vieillissement cutané et peuvent provoquer à long terme des cancers cutanés. Mas pas de panique ! Toutes les protections solaires actuelles doivent se conformer à la réglementation qui impose depuis 2006 que toutes les crèmes solaires doivent à la fois protéger des UV-A ET des UV-B dans un rapport de 1 à 3. Une protection solaire avec un facteur de protection solaire IP de 30 devra par exemple garantir une protection d’indice 10 contre les UV-A .
(voir question plus bas)
*Le SPF, FPS ou IP, indiquent la même chose, SPF = Sun Protection Factor. IP = Indice de Protection.FPS = facteur de protection solaire.
« La courbe de protection inversée » des indices de protections ( IP)
La courbe de protection inversée des IP
Autre précision importante : les différents niveaux de protection
« La courbe de protection inversée » signifie aussi qu’il y a une différence bien plus importante entre un indice 15 et 20 qu’entre un indice de 30 et 50.
Exemple: le FPS ou FPS / IP permet d’évaluer le pourcentage d’UV « qui passent » et provoquent un érythème (=coup de soleil) un IP 2 arrête 50% des UV l’IP 15 arrête 93 % des UV l’IP 20 arrête 95% UV l’IP 30 arrête 97% UV l’IP 50 arrête 98% UV
(La différence entre un IP 30 et 50 et faible, uniquement… de 1% au final). Le constat reste le même : aucune crème solaire ne protège à 100%.
Produits solaires conventionnels ou bio, c’est la même chose ?
3) Idée reçue : Les produits solaires « conventionnels » ou les produits certifiés bio, c’est la même chose.
Faux !
Pour les produits solaires, les consommateurs peuvent choisir entre des produits qui contiennent des filtres UV de synthèse chimiques (ou parfois un mélange entre des filtres de synthèse et des filtres minéraux ) ou des produits qui contiennent uniquement des filtres UV minéraux.
Les filtres de protection solaire chimiques ou minéraux fonctionnent suivant des principes complètement différents. Les filtres chimiques pénètrent l’épiderme, créent une couche filtrante qui absorbe les rayons UV ; ils ne deviennent actif que 20 à 30 minutes après l’application, d’où la recommandation d’appliquer la protection solaire bien avant l’exposition.
Les filtres minéraux naturels -principalement le dioxyde de titane ou l’oxyde de zinc-en revanche se déposent sur la peau et réfléchissent les rayons UV, comme un miroir réfléchit la lumière, leur action est donc purement physique. Ces filtres de protection solaire naturels agissent immédiatement après application.
Des filtres de synthèse et des filtres minéraux
De manière générale l’industrie cosmétique ne peut utiliser que des filtres UV bien spécifiques : ceux autorisés dans le règlement européen des cosmétiques. Mais dans cette liste, on retrouve certains filtres UV de synthèse problématiques et également toute une série d’autres composants controversés et problématiques.
Les filtres UV chimiques ne sont pas autorisés par les différents cahiers de charge de cosmétique naturelle et bio, on y trouve donc essentiellement des filtres minéraux. Dans certains filtres UV chimiques des produits conventionnels, on peut trouver une quantité non négligeable de substances susceptibles de perturber le système hormonal; c’est à dire que certains filtres UV chimiques peuvent agir comme perturbateurs endocriniens*, entre autre les suivants:
Octyl Methoxycinnamate aussi appelé Ethylhexyl methoxycinnamate (OMC) ou Octinoxate Octocrylene
Parmi les filtres UV chimiques, certains sont considérés très allergènes, comme l’Oxybenzone par exemple, (leur utilisation est d’ailleurs limitée à un certain pourcentage dans la formulation globale) .
En plus, pour les filtres UV de synthèse, il faut prendre en compte l’impact environnemental, par exemple la pollution marine et la destruction des coraux engendrée par les UV chimiques qui a déjà fait l’objet de nombreusesétudes. On estime que les filtres les plus problématiques sur le plan environnemental sont les filtres chimiques Oxybenzone , Octinoxate,Ethylhexyl Methoxycinnamate, Benzophenone-3 et -4 et Methylbenzylidene Camphor.
Les filtres UV problématiques se rajoutent à d’autres ingrédients controversés
Et, dans les produits solaires «conventionnels», ce ne sont pas seulement les filtres UV qui peuvent poser problème, mais de nombreux composants chimiques controversés. Généralement on y retrouve, -parmi une liste non exhaustive qui varie d’un produit à l’autre -, des produits à risque comme par exemple certains conservateurs de synthèse classés eux aussi perturbateurs endocriniens, des composants susceptibles de développer des nitrosamines etc., etc.
Et bien sûr toute une panoplie de composants chimiques polluants (L’EDTA etc.), des composants issus d’huiles minérales ou à base de silicone et bien d’autres composants qui posent un sérieux problème pour l’environnement et par définition aussi pour les animaux marins et les humains, derniers maillons de la chaine alimentaire.
Les produits solaires certifiés bio protègent moins bien ?
4 ) Idée reçue : Les produits solaires certifiés bio ne protègent pas aussi bien que les produits «conventionnels ».
C’est faux de nouveau.
Régulièrement on retrouve dans la presse des titres comme « Les crèmes solaires ‘bio’ ne tiennent pas leurs promesses ! »
D’où viennent ces affirmations ?
Ces dernières années, plusieurs magazines de consommateurs ont testé différents produits solaires (marques conventionnelles et marques certifiées bio) et les derniers tests de Que Choisir par exemple affirment que les produits certifiés bio testés récemment ne tiendraient pas leur promesse concernant la protection contre les UV-A.
La règlementation et les exigences concernant la protection contre les UV-A et les UV-B est la même pour tous les fabricants des produits solaires, qu’ils soient du secteur conventionnel ou du secteur des cosmétiques bio certifiés. Il n’y a donc pas de différence à ce niveau là.au départ .(voir ci-dessus la précision concernant les indices UV-A et indices UV-B)
Mais la protection contre les UV-A est un sujet récurrent dans la presse des tests consommateurs en France et les résultats controversés s’expliquent notamment par les méthodes de test différentes pratiquées (in vivo ou in vitro) pour évaluer la protection contre les UV-A.
Les résultats d’autres magazines de tests au sujet de la protection UV-A (60 Millions de consommateurs du 07/2013 en France, ou en Allemagne le test récent Stiftung Warentest du 07/ 2016, les différents tests du magazine Ökotest) confirment au contraire que les produits solaires certifiés bio respectent bien dans leur formulation le ratio nécessaire UV-A / UV-B ( 1 à 3 ) et qu’ils protègent donc efficacement aussi contre les UV-A.
Si vous souhaitez approfondir le sujet ou connaitre la position des marques citées dans les tests produits concernant les méthodes de test utilisées, je vous invite d’aller voir le droit de réponse sur les sites des marques respectives, ainsi que la prise de position de Cosmed, association professionnelle de la filière cosmétiques.
Pour calmer un peu les esprits et en attendant que les méthodes de tests soient homologuées, et que les magazines de tests travaillent sur des données réellement comparables, il est important de se demander si le fait de baser l’intégralité de la protection solaire sur les seuls produits solaires est réellement la bonne approche?
Il faut rappeler que les protections solaires sont un outil parmi d’autres pour se protéger du soleil, plutôt qu’une sorte de «permis de bronzer » qui vous autoriserait à vous exposer ou à exposer vos proches à longueur de journée à un rayonnement excessif.
Produits solaires bio et nanoparticules
5) Idée reçue : Les produits solaires bio contiennent tous des « nanoparticules » de filtres minéraux.
Faux !
Les produits solaires bio contiennent des écrans minéraux (dioxyde de titane et oxyde de zinc) micronisés, parfois enrobés, mais micronisés ne veut pas dire «nanoparticules»
Les nanoparticules sont définies comme des éléments dont la taille se situe sur une échelle de 1 à 100 nm. Depuis 2013, la législation prévoit que les composants utilisés sous forme de «nanoparticules» doivent être déclarés avec le symbole (Nano). L’obligation de déclaration sur l’emballage rend l’identification plus facile.
Petit rappel : les solaires bio contiennent uniquement des filtres UV minéraux, les produits conventionnels principalement des filtres UV de synthèse chimiques ou parfois un mélange entre des filtres de synthèse et des filtres minéraux.
A notre connaissance et après avoir regardé de plus près de nombreux produits solaires, ce sont essentiellement les marques conventionnelles qui utilisent des filtres minéraux sous forme nanoparticules. Nous n’avons trouvé que quelques marques certifiées bio (moins de 4) qui indiqueraient la présence de nanoparticules et qui devront sans doute revoir leur formules en fonction des directives à venir des différents cahiers de charges en cosmétique naturelle et bio.
Il suffit de regarder de plus près la liste des ingrédients sur l’emballage, -surtout dans la catégorie les produits « conventionnels » avec indice de protection plus élevé-, qui utilisent parfois un mélange de filtres UV de synthèse et de filtres minéraux sous formes de nanoparticules. Ces filtres UV micronisés sous forme nano seront indiqués dans la liste INCI comme par exemple le METHYLENE BIS-BENZOTRIAZOLYL TETRAMETHYLBUTYLPHENOL [nano] ou le Titanium dioxide [nano].
Sans rentrer dans un débat plus approfondi sur la problématique des nanoparticules dans les cosmétiques, il faut savoir que les différents cahiers de charges encosmétique naturelle et bio (Cosmos, Natrue, Ecocert, BDIH, Soil Association, etc) sont en train de statuer et de se prononcer à leur sujet. La réglementation au sujet des composants évolue régulièrement, le processus d’évaluation des risques est un travail en continu, qui doit accompagner l’évolution du niveau des connaissances et des études scientifiques récentes.
Produits solaires : et si on remettait tout simplement un peu de bon sens dans tout ça ?
C’est un peu comme dans la discussion sur les régimes ou plutôt sur tous les sujets qui gravitent autour la perte de poids, on trouve des nouvelles approches, on invente de nouveaux régimes, des nouvelles astuces, des nouvelles techniques, on commercialise de nouveaux gadgets chaque année….
Mais en fait tout le monde sait ce qu’il suffit de faire pour être en meilleure forme et perdre du poids : manger mieux, manger moins, bouger plus et écouter son corps. Dans la discussion sur les produits solaires, il serait pertinent de rappeler que ces produits sont là en complément de recommandations relativement simples et logiques, que tout le monde connait d’ailleurs. ; ils ne sont qu’un « outil » parmi d’autres approches, que l’on retrouve dans la catégorie « bon sens », qui , elle, a toujours fait ses preuves !
Profiter du soleil, mais… de préférence avec modération
Limitez l’exposition entre 11h-16h, pendant ce créneau, cherchez l’ombre ou créez des espaces d’ombre.
Adoptez toute la panoplie de protection solaire, chapeau large, lunettes de soleil, parasol, etc.
Quand le rayonnement est au plus intense, portez des vêtements couvrants qui constituent déjà un moyen de photo-protection, que ce soit au quotidien ou à la plage.
N’exposez jamais directement au soleil les bébés et tout-petits, leur peau étant particulièrement sensible et vulnérable. Protégez leur peau, même à l’ombre, et jouez la carte de la sécurité avec des vêtements ou tentes anti-UV.
Habituez progressivement votre peau au soleil, dès le printemps, cela peut avoir un effet préventif bénéfique et permet aux mélanocytes de la peau de développer sa protection naturelle (photoprotection/ bronzage) .
Renforcez vos défenses naturelles en favorisant une alimentation riche en antioxydants (vitamine E, vitamine C) et caroténoïdes (contenus dans les fruits et légumes de couleur rouge orangée) qui protègent contre les méfaits des UVA.
Liste des ingrédients cosmétiques : identifier une vingtaine à éviter , c’est suffisant ?
L’article sur le site de Que Choisir du mois mois de mars 2016 « Produits cosmétiques: les fiches des molécules toxiques à éviter » ( lire l’article) a fait beaucoup de vagues.
Et de nombreux médias ont remis en avant la problématique de la présence d’ingrédients douteux dans les produits cosmétiques.
Une initiative salutaire, qui a le mérite de montrer que ces ingrédients douteux sont aujourd’hui toujours aussi largement présents dans les produits cosmétiques ou produits de beauté, utilisés au quotidien.
Mais à coté de cela, il ne faut pas perdre de vue que, ce qui pose problème, ce n’est pas seulement la présence de ces ingrédients douteux dans les cosmétiques, mais c’est aussi la présence de matières problématiques et polluantes dans tous les autres produits de la vie quotidienne (produits alimentaires, meubles et objets qui nous entourent, vêtements, produits d’entretien, etc.). L’accumulation de toutes ces matières peut parfois représenter un véritable «cocktail chimique» suffisamment impressionnant, pour qu’on puisse en retrouver les traces dans les analyses de sang.
Mais il existe bien entendu pour chaque catégorie de produits des alternatives aux cosmétiques conventionnels, des produits naturels et cosmétiques naturels qui ne représentent pas de risques et qui n’ajoutent pas de nouveaux éléments à la pollution environnementale ambiante.
L’approche choisie dans l’étude de Que Choisir se focalise sur une vingtaine de composants ou de catégories de composants et propose «un panorama de produits cosmétiques contenant des molécules toxiques.»
Tout ce qui peut être une information complémentaire mise à disposition du consommateur va bien sûr dans le bon sens, je m’interroge néanmoins sur l’approche un peu réductrice qui consiste à identifier une sorte de «Top Ten» (type paraben ou parabens) de composants à éviter.
Il existe malheureusement bien d’autres composants controversés qui n’apparaissent pas dans la liste, mais qui entrent toujours dans la composition de nombreux produits cosmétiques.
Comme par exemple les substances synthétiques listées ci-dessous :
Je précise que cette liste n’est absolument pas exhaustive, elle démontre juste qu’il existe bien plus de composants controversés et problématiques que les 20 cités dans l’article de Que Choisir.
Toute la liste des composants susceptibles de former des nitrosamines
Triethanolamine /Cetyl-PG Hydroxyethyl Palmitamide/ Diethanolamine Bisulfate/ Dimethyl MEA/ Dimethylamine/ Bronopol …
Les ingrédients susceptibles de libérer du formaldéhyde
2-Bromo-2-Nitropropane-1,3-Diol/ Quaternium-15/ DMDM Hydantoïne,…
La liste est malheureusement bien loin d’être exhaustive , et on ne peut pas, à mon sens, réduire le débat à une « liste de quelques substances à éviter. »
Mon autre interrogation porte sur la classification des allergènes.
C’est sur ce point notamment que diverge notre avis avec l’approche de Que Choisir.
Les Allergènes
Dans l’article de Que Choisir, on peut lire « les substances allergènes proviennent principalement des parfums incorporés dans les formules pour les rendre plus plaisantes. Mais la présence de parfum n’est pas forcément synonyme de présence d’allergènes, et le contraire n’est pas vrai non plus. »
Dans la liste des allergènes incriminés, on retrouve pêle-mêle des parfums de synthèse (Alpha-Isomethyl Ionone), des conservateurs à base d’alcool (benzyl alcohol) et des composants issus d’huiles essentielles (Citral, Limonene , Geraniol etc…).
Toutes ces substances peuvent bien entendu provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes, mais à ce stade, il serait important de différencier entre les substances naturelles (celles issues d’huiles essentielles) et les parfums et conservateurs de synthèse. Les substances naturelles peuvent, elles aussi, parfois déclencher des réactions allergiques, il existe par exemple des personnes qui sont allergiques aux graminées, aux fraises et aux agrumes. Généralement les personnes concernées connaissent leurs allergies et évitent tout simplement ces substances au quotidien.
La même logique s’applique pour les composants issus d’huiles essentielles, si le fait d’éplucher une orange ou de recevoir un bouquet de roses provoque des réactions allergiques, dans ce cas, il suffit d’éviter produits contenant des huiles essentielles à base d’agrumes (Citral, Limonene etc.) ou de rose (Géraniol), etc.…
Ces composants sont des parties isolées (des fractions) d’huiles essentielles utilisées par exemple en cosmétique naturelle et bio pour parfumer et pour conserver. Cela signifie également qu’ils sont présents en quantité très faible, généralement cités à la fin de la liste INCI. Ce sont donc ces composants isolés, ces fractions d’huiles essentielles (et non l’huile essentielle dans son ensemble) qui doivent être détaillés depuis 2005 à la fin de la liste des composants pour informer les personnes qui seraient susceptibles de réagir à ces molécules.
Les substances naturelles seraient donc elles aussi problématiques ?
Je vous renvoie aux pages 182-188 du livre « La Vérité sur les Cosmétiques » de Rita Stiens.
Du chapitre « Un produit naturel est-il toujours doux et de qualité ? » à « La nature à l’état pur est mieux tolérée » Rita Stiens précise notamment page 184 : « Cela dit, il faut se garder d’en conclure abusivement que les substances naturelles ne sont pas en mesure – elles non plus- de nous protéger. En effet, la médecine naturelle reposant sur une expérience longue de plusieurs siècles, les ingrédients qu’elle emploie sont généralement bien connus et l’on sait faire la différence entre ceux qui sont bénéfiques et ceux qui nécessitent des précautions. »
et page 187 « Est ce que les huiles essentielles qui contiennent du géraniol et/ou du citral sont mieux tolérées que le géraniol et le citral purs ? On dispose des résultats d’une étude sur la tolérance de la peau aux huiles essentielles, étude qui compare les effets des composants de ces huiles (le géraniol et le citral) avec les effets de ces mêmes substances à l’état pur. Toutes ces recherches sont conformes aux normes GLP (Good Laboratory Practise) et tiennent compte des recommandations du groupe de travail Colipa (….) Les tests montrent clairement que toutes les huiles essentielles qui contiennent du géraniol ou du citral sont nettement mieux supportées par la peau que les substances sous leur forme pure. En conclusion, une huile essentielle a un potentiel allergène inférieur à celui de ses composants isolés.»
En cosmétique naturelle et bio, les fabricants utilisent habituellement les substances odorantes des huiles essentielles sous leur forme complexe naturelle, c’est à dire l’huile essentielle dans son ensemble, non fractionnée.
Ensuite se pose de nouveau la question du choix des composants… et des produits.
En cosmétique naturelle et bio, les produits sont exclusivement parfumés aux huiles essentielles, les parfums de synthèse (tout comme les conservateurs de synthèse, etc.) ne sont pas autorisés par les différents labels.
Il existe quelques gammes de cosmétiques bio certifiées qui sont « sans parfum », mais de manière générale les huiles essentielles font partie des composants largement utilisés en cosmétiques naturelle et bio, tout comme les huiles végétales.
Côté Formulation
Si l’on voulait à tout prix éviter d’utiliser des huiles essentielles, ou des composants d’huiles essentielles (ingrédients naturels), on serait obligé « par défaut » de choisir à la place des produits qui contiennent des parfums de synthèse, et la plupart des produits « conventionnels » sont parfumés avec des parfums de synthèse, regroupés sous le terme générique de « Parfum ».
Ces parfums sont souvent allergisants et se rajoutent alors au cocktail impressionnant de substances de synthèse que l’on peut retrouver dans un produit cosmétique conventionnel. Même constat, si l’on voulait à tout prix éviter dans la formulation les composants à base d’alcool, autorisés et utilisés en cosmétique naturelle et bio pour les différents processus de conservation, on aurait le choix entre « avoir des produits qui ne se conservent pas ou mal » … ou « utiliser des conservateurs de synthèse problématiques » et bien plus controversés.
Un autre point, sur lequel notre interprétation diffère légèrement de l’approche de Que Choisir, c’est la question des deux bases lavantes, pointées du doigt au même niveau : le Sodium lauryl sulfate et Ammonium Lauryl Sulfate. La plus irritante reste le Sodium Lauryl Sulfate, qui sert d’étalon pour toutes les autres bases lavantes, l’Ammonium Lauryl Sulfate a un potentiel irritant bien moindre.
Et il existe comme toujours également d’autres alternatives moins irritantes, plus intéressantes. Le sujet des bases lavantes ou tensioactifs sera abordé de nouveau prochainement sur ce site.
Pour éviter les autres composants à risque cités dans l’article, il suffit d’opter pour des produits de cosmétique naturelle et bio certifiés.
Ces composants controversés ne sont tout simplement pas autorisés par les différents cahiers des charges en cosmétique naturelle et bio dans leurs produits, donc la question ne se pose même pas.
Janvier 2014
L’innocuité du henné, dans son utilisation comme ingrédient des colorations capillaires végétales, a fait l’objet de nombreuses controverses dans le passé. C’est ainsi que le 1er juin 2012, la DGCCRF et l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, anciennement AFSSAPS) ont publié une mise en garde sur les risques liés à l’utilisation de produits de coloration capillaire importés d’Asie, non conformes et dangereux, à base de henné et contenant du paraphénylène-diamine (PPD) à une concentration très supérieure au taux maximal autorisé.
Pour Logocos, leader mondial sur le marché des produits de soin capillaires et des colorations capillaires végétales, l’importance d’écarter les doutes au sujet de la sécurité du henné, était de taille.
C’est dans ce but que les matières premières et associations d’ingrédients utilisés dans l’entreprise, ainsi que les produits finis, y compris aussi leurs conseils d’utilisation, ont été étudiés dans le cadre d’une collaboration de plusieurs années avec le SCCS (Scientific Committee on Consumer Safety = Comité Scientifique de Sécurité des Consommateurs), au sein d’un programme européen. Ses conclusions: Le henné utilisé par Logona et Sante a été reconnu comme sûr.
Ce qui veut concrètement dire que le henné (Lawsonia Inermis) est sûr en tant que colorant capillaire, si le taux de Lawson, -matière principale colorante-, se trouve en dessous de 1,4 pour-cent.
Conditions d’utilisation évoqués : 100 g de poudre de henné, 300 ml d’eau bouillante – comme recommandé pour les soins colorants de Logona et de Sante.
Etant donné que toutes les analyses ont été faites avec des matières premières de LOGOCOS, ces résultats ne peuvent par contre pas être généralisés et considérés comme évaluation de produits d’autres fabricants. Le rapport du SCCS est consultable en ligne (en anglais) sur le site Internet de la Commission Européenne : http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/consumer_safety/docs/sccs_o_140.pdf
Attention : La coloration noire à base de poudre d’indigo représente un risque
D’utiliser la poudre d’indigo (Indigofera Tinctoria) comme matière colorante isolée peut par contre représenter un risque.
Le Comité Scientifique de Sécurité des Consommateurs (SCCS) a évaluée la poudre d’indigo comme matière extrêmement sensibilisante et déconseille son utilisation pour la coloration des cheveux.