la vérité sur les cosmétiques

Une liste d’une vingtaine de substances identifiées comme problématiques dans les cosmétiques est-elle suffisante ?

Liste des ingrédients cosmétiques : identifier une vingtaine à éviter , c’est suffisant ?

L’article sur le site de Que Choisir du mois mois de mars 2016 « Produits cosmétiques: les fiches des molécules toxiques à éviter »  ( lire l’article) a fait beaucoup de vagues.
Et de nombreux médias ont remis en avant la problématique de la présence d’ingrédients douteux dans les produits cosmétiques.

Une initiative salutaire, qui a le mérite de montrer que ces ingrédients douteux sont  aujourd’hui toujours aussi largement présents dans les produits cosmétiques ou produits de beauté, utilisés au quotidien.

Mais à coté de cela, il ne faut pas perdre de vue que, ce qui pose problème, ce n’est pas seulement la présence de ces ingrédients douteux dans les cosmétiques, mais c’est aussi  la présence de matières problématiques et polluantes dans tous les autres produits de la vie quotidienne (produits alimentaires, meubles et objets qui nous entourent, vêtements,  produits d’entretien,  etc.). L’accumulation de toutes ces matières peut parfois représenter un véritable «cocktail chimique» suffisamment impressionnant, pour qu’on puisse en retrouver les traces dans les analyses de sang.

Mais il existe bien entendu pour chaque catégorie de produits des alternatives aux cosmétiques conventionnels, des produits naturels et cosmétiques naturels qui ne représentent pas de risques et qui n’ajoutent pas de nouveaux éléments à la pollution environnementale ambiante.

L’approche choisie dans l’étude de Que Choisir se focalise sur une vingtaine de composants ou de catégories de composants et propose «un panorama de produits cosmétiques contenant des molécules toxiques.»

Tout ce qui peut être une information complémentaire mise à disposition du consommateur va  bien sûr dans le bon sens, je m’interroge néanmoins sur l’approche un peu réductrice qui consiste à identifier une sorte de «Top Ten» (type paraben ou parabens) de composants à éviter.

Il existe malheureusement bien d’autres composants controversés qui n’apparaissent pas dans la liste, mais qui entrent toujours dans la composition de nombreux produits cosmétiques.

Comme par exemple les substances synthétiques listées ci-dessous :

Je précise que cette liste n’est absolument pas exhaustive, elle démontre juste qu’il existe bien plus de composants controversés et problématiques que les 20 cités dans l’article de Que Choisir.

Toute la liste des composants susceptibles de former des nitrosamines
Triethanolamine /Cetyl-PG Hydroxyethyl Palmitamide/ Diethanolamine Bisulfate/ Dimethyl MEA/ Dimethylamine/ Bronopol …

Les ingrédients susceptibles de libérer du formaldéhyde
2-Bromo-2-Nitropropane-1,3-Diol/ Quaternium-15/ DMDM Hydantoïne,…

Les composants organo-halogénés
Trichloroethane / Dimethylaminosteryl Heptyl Methyl Thiazolium Iodide/ Chlorphenesine/ Chlorhexidine Dihydrochloride /Chlorobutanol /Bromochlorophene…

Toute la panoplie des colorants azoïques présents dans le maquillage
CI 11680 /CI 11710/CI 18050…

Les « fixateurs » et « révélateurs » utilisés par exemple dans le colorations chimiques
Toluene-2,5-Diamine /Resorcinol/ 3-Hydroxyphenol…

Les PEG
PEG-Stearate/PEG-350/ PEG-10M…

Les quats et polyquats
Cetyltrimethylammonium chloride (CTAC) /Quaternium-5 …

Les autres perturbateurs endocriniens (phtalates dans les parfums, filtres UV dans les solaires, etc…) :

Diethyl Phthalate /BHT/ 4-Methylbenzylidene Camphor /Benzophenone/Oxybenzone…

La liste est malheureusement bien loin d’être exhaustive , et on ne peut pas, à mon sens, réduire le débat à une « liste de quelques substances à éviter. »

Mon autre interrogation porte sur la classification des allergènes.
C’est sur ce point notamment que diverge notre avis avec l’approche de Que Choisir.

Les Allergènes

Dans l’article de Que Choisir, on peut lire « les substances allergènes proviennent principalement des parfums incorporés dans les formules pour les rendre plus plaisantes. Mais la présence de parfum n’est pas forcément synonyme de présence d’allergènes, et le contraire n’est pas vrai non plus. »
Dans la liste des allergènes incriminés, on retrouve pêle-mêle des parfums de synthèse (Alpha-Isomethyl Ionone), des conservateurs à base d’alcool (benzyl alcohol) et des composants issus d’huiles essentielles (Citral, Limonene , Geraniol etc…).
Toutes ces substances peuvent bien entendu provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes, mais à ce stade, il serait important de différencier entre les substances naturelles (celles issues d’huiles essentielles) et les parfums et conservateurs de synthèse. Les substances naturelles peuvent, elles aussi, parfois déclencher des réactions allergiques, il existe par exemple des personnes qui sont allergiques aux graminées, aux fraises et aux agrumes. Généralement les personnes concernées connaissent leurs allergies et évitent tout simplement ces substances au quotidien.
La même logique s’applique pour les composants issus d’huiles essentielles, si le fait d’éplucher une orange ou de recevoir un bouquet de roses provoque des réactions allergiques, dans ce cas, il suffit d’éviter produits contenant des huiles essentielles à base d’agrumes (Citral, Limonene etc.) ou de rose (Géraniol), etc.…

Ces composants sont des parties isolées (des fractions) d’huiles essentielles utilisées par exemple en cosmétique naturelle et bio pour parfumer et pour conserver. Cela signifie également qu’ils sont présents en quantité très faible, généralement cités à la fin de la liste INCI. Ce sont donc ces composants isolés, ces fractions d’huiles essentielles (et non l’huile essentielle dans son ensemble) qui doivent être détaillés depuis 2005 à la fin de la liste des composants pour informer les personnes qui seraient susceptibles de réagir à ces molécules.

Les substances naturelles seraient donc elles aussi problématiques ?
Je vous renvoie aux pages 182-188 du livre « La Vérité sur les Cosmétiques » de Rita Stiens.

Du chapitre « Un produit naturel est-il toujours doux et de qualité ? » à « La nature à l’état pur est mieux tolérée » Rita Stiens précise notamment page 184 :
« Cela dit, il faut se garder d’en conclure abusivement que les substances naturelles ne sont pas en mesure – elles non plus- de nous protéger. En effet, la médecine naturelle reposant sur une expérience longue de plusieurs siècles, les ingrédients qu’elle emploie sont généralement bien connus et l’on sait faire la différence entre ceux qui sont bénéfiques et ceux qui nécessitent des précautions. »
et page 187
« Est ce que les huiles essentielles qui contiennent du géraniol et/ou du citral sont mieux tolérées que le géraniol et le citral purs ? On dispose des résultats d’une étude sur la tolérance de la peau aux huiles essentielles, étude qui compare les effets des  composants de ces huiles (le géraniol et le citral) avec les effets de ces mêmes substances à l’état pur. Toutes ces recherches sont conformes aux normes GLP (Good Laboratory Practise) et tiennent compte des recommandations du groupe de travail Colipa (….) Les tests montrent clairement que toutes les huiles essentielles qui contiennent du géraniol ou du citral sont nettement mieux supportées par la peau que les substances sous leur forme pure. En conclusion, une huile essentielle a un potentiel allergène inférieur à celui de ses composants isolés.» 
En cosmétique naturelle et bio, les fabricants utilisent habituellement les substances odorantes des huiles essentielles sous leur forme complexe naturelle, c’est à dire l’huile essentielle dans son ensemble, non fractionnée.

Ensuite se pose de nouveau la question du choix des composants… et des produits.

En cosmétique naturelle et bio, les produits sont exclusivement parfumés aux huiles essentielles, les parfums de synthèse (tout comme les conservateurs de synthèse, etc.) ne sont pas autorisés par les différents labels.
Il existe quelques gammes de cosmétiques bio certifiées qui sont  « sans parfum », mais de manière générale les huiles essentielles font partie des composants largement utilisés en cosmétiques naturelle et bio, tout comme les huiles végétales.

Côté Formulation

Si l’on voulait à tout prix éviter d’utiliser des huiles essentielles, ou des composants d’huiles essentielles (ingrédients naturels), on serait obligé « par défaut » de choisir à la place des produits qui contiennent des parfums de synthèse, et la plupart des  produits « conventionnels » sont parfumés avec des parfums de synthèse, regroupés sous le terme générique de « Parfum ».
Ces parfums sont souvent allergisants et se rajoutent alors au cocktail impressionnant de substances de synthèse que l’on peut retrouver dans un produit cosmétique conventionnel. Même constat, si l’on voulait à tout prix éviter dans la formulation les composants à base d’alcool, autorisés et utilisés en cosmétique naturelle et bio pour les différents processus de conservation, on aurait le choix entre « avoir des produits qui ne se conservent pas ou mal » … ou « utiliser des conservateurs de synthèse problématiques » et bien plus controversés.
Un autre point, sur lequel notre interprétation diffère légèrement de l’approche de Que Choisir, c’est la question des deux bases lavantes, pointées du doigt au même niveau  : le Sodium lauryl sulfate et Ammonium Lauryl Sulfate. La plus irritante reste le Sodium Lauryl Sulfate, qui sert d’étalon pour toutes les autres bases lavantes, l’Ammonium Lauryl Sulfate a un potentiel irritant bien moindre.
Et il existe comme toujours également d’autres alternatives moins irritantes, plus intéressantes. Le sujet des bases lavantes ou tensioactifs sera abordé de nouveau prochainement sur ce site.

Pour éviter les autres composants à risque cités dans l’article, il suffit d’opter pour des produits de cosmétique naturelle et bio certifiés.

Ces composants controversés ne sont tout simplement pas autorisés par les différents cahiers des charges en cosmétique naturelle et bio dans leurs produits, donc la question ne se pose même pas.

 

Octobre 2014

J’ai reçu le message suivant dans mon livre d’or de la part de «Beth» le 16 septembre « On a l’impression que vous avez crée ce site pour casser les produits cosmétiques de France. J’ai remarqué que vous mettez souvent en valeur les produits cosmétiques naturels fabriqués en Allemagne. » J’ai également reçu un message de la part de «Courilleau» le 1er octobre 2014 qui va dans le même sens : « Je trouve que vous exagérez les qualités des industriels Allemands, j’ai acheté des produits de la marque Docteur Hauschka et je trouve que c’est bien cher au regard des ingrédients c’est à dire de l’eau, de l’alcool pour que ça se conserve. J’ai remarqué aussi que les fabricants de cosmétique Allemands sont assez branché alcool, ça ne coûte pas cher et ça conserve tout… ». Est ce que j’ai vraiment une dent contre la cosmétique naturelle et bio française ?
Que veulent dire Courilleau et Beth, quand ils me reprochent de mettre en avant les cosmétiques allemands et de défavoriser d’autres cosmétiques ? Courilleau pour sa part avance au moins un point concret : le sujet de l’alcool, c’est à dire l’utilisation de l’alcool en tant que conservateur.
Point de discorde : conservation/alcool 
Quel est le meilleur moyen pour conserver les produits de cosmétique naturelle et bio ?
C’est une question clé. Le constat vaut de manière générale : Les moyens de conservation autorisés sont précisés en détail dans un annexe de la règlementation des cosmétiques. Une tout petite partie de ces moyens de conservation sont également autorisés en cosmétique naturelle et bio.
Tous les standards de certification de cosmétique naturelle et bio autorisent à peu près le même tronc commun de conservateurs de synthèse. Ils s’agit bien là de conservateurs chimiques et non de composants entièrement naturels.
L’alcool ne fait pas partie du listing des moyens de conservation. Mais ce composant possède également des effets de conservation. Il existe plusieurs matières actives de ce type. La glycérine ou les huiles essentielles, par exemple, contribuent également à la conservation d’un produit.

Quel type de conservation est nécessaire pour un produit ?
Pour déterminer quel type de conservation est nécessaire pour un produit précis et pour décider si ce produit nécessite l’utilisation de conservateurs issus du listing des conservateurs autorisés, il faut aussi tenir compte de la formulation globale d’un produit et de bien d’autres facteurs, comme les emballages (en tube ou pot).
En ce qui concerne la conservation des produits cosmétiques, il n’y pas qu’une seule approche ,- et il y a toujours eu une multitude de différentes façons de faire.
Certains fabricants utilisent par exemple de l’alcool et n’emploient aucun des conservateurs de synthèse autorisés. Ce qui ne veut pas dire que l’alcool est présent dans chaque produit.
D’autres utilisent principalement les conservateurs de synthèse doux autorisés en cosmétique naturelle et bio.
D’autres encore conservent les produits par d’autres moyens, par exemple la méthode de l’UHT (procédé encore très rare). Plus d’informations à ce sujet ici : www.laveritesurlescosmetiques.com/themen2014_07.php
Et certains travaillent avec des composants de matières actives combinés; comme par exemple des matières actives à base de glycérine, de Sodium Levulinate et de Sodium Anisate, qui remplissent une double fonction ; ils sont à la fois matières actives (protection du ph naturel de la peau) et agents antimicrobiens (et conservateurs). Un produit qui contient ce type de matières actives, peut pratiquement se conserver tout seul. Ce qui veut dire qu’il n’est pas nécessaire de rajouter de conservateurs supplémentaires, ou de l’alcool.
Dans son message, Courilleau prétend apparemment qu’il serait préférable de se passer d’alcool et d’utiliser à la place les conservateurs de synthèse autorisés en cosmétique naturelle et bio. Beaucoup de fabricants de cosmétique naturelle en bio travaillent ainsi, pas seulement en France. Voici quelques exemples de marques françaises.

A

B

Qu’est ce qui est mieux ? L’alcool ou d’autres moyens de conservation ?
En critiquant l’alcool, il faudrait répondre à une question: Est ce qu’il est préférable d’utiliser à la place de l’alcool un mélange de conservateurs de synthèse comme le sorbate de potassium, l’acide déhydroacétique, du benzoate de sodium et l’acool benzylique ?
Il faudrait également prendre en considération que les différents conservateurs de synthèse sont employés en quantité différente dans les différents produits certifiés. Quelle composition des conservateurs habituellement utilisés dans quelle quantité est préférable à un taux d’alcool ? Je ne connais aucune étude ou aucun expert qui pourrait répondre à cette question.

Même les conservateurs de synthèse doux autorisés en cosmétique naturelle et bio ne sont pas «tout blanc» non plus.
Pour quelle raison ? Les conservateurs sont sensés neutraliser des microorganismes. Tant qu’ils agissent ainsi, ils remplissent leur fonction. Mais toute matière qui détruit des microorganismes peut également s’avérer problématique pour la peau ou la santé, si elle n’est pas dosée avec précaution ou si ses effets secondaires n’ont pas suffisamment été étudiés.
Il n’existe aucune d’étude qui démontre la toxicité des conservateurs de synthèse doux autorisés en cosmétique naturelle et bio.
Ce qui ne veut pas dire non plus qu’ils sont tout à fait irréprochables. Il y a par exemple des personnes qui ne supportent ni l’acide benzoïques (Benzoic Acid), ni l’acide sorbique (Sorbic Acid).
Etant donné que les conservateurs de synthèse autorisés en cosmétique naturelle et bio ne sont pas complètement irréprochables, des taux limites d’utilisation ont été fixés, même pour ces composants. Selon le règlement européen des cosmétiques, leur utilisation est réglementée par un taux d’utilisation maximale : deux exemples :
L’acide benzoïque (Benzoic Acid) ne peut être utilisé qu’à hauteur de 0,5%, pour les produits qui sont sensés rester sur la peau.
Pour les composants Sorbic Acid et Dehydroacetic Acid la concentration maximale est de 0,6%.
La liste INCI d’un produit indique si les produits sont conservés avec des conservateurs de synthèse ou avec de l’alcool. La liste ne donne par contre pas d’indication plus précise concernant les méthodes de conservation en détail. D’autres conservateurs peuvent également se retrouver dans la formulation, par le biais de matières premières isolées notamment, qui ont elles-mêmes été conservées avec des conservateurs de synthèse. C’est ainsi que chaque produit représente un véritable «puzzle» en matière de conservation.

Alcool: Tout dépend de la quantité employée et du type de produit concerné
Qu’est ce qui joue en défaveur de l’alcool ? L’argument principal, -qu’il dessècherait la peau-, n’est pas tenable. La glycérine, par ex., est un composant principal de beaucoup de crèmes. Si l’on appliquait de la glycérine en concentration de 100%, elle soustrairait de l’hydratation à la peau. En concentration bien moindre, la glycérine a un effet positif.
Concernant l’alcool, tout dépend de la quantité employée et du type de produit dans lequel il est utilisé.
Par ailleurs : pour l’alcool, l’aspect naturel joue également un rôle important. Surtout pour des fabricants qui utilisent principalement de l’alcool bio.

Il existe des produits de cosmétique naturelle et bio -aussi de marques allemandes- qui n’utilisent ni l’alcool, ni les conservateurs de synthèse autorisés
D’affirmer de manière généralisée comme le fait Courilleau que „les fabricants de cosmétique Allemands sont assez branché alcool“ est un constat erroné, avec tous le respect que je dois à cette contribution.
Les fabricants qui travaillent avec l’alcool en tant que conservateur n’intègrent pas l’alcool de manière systématique dans tous leurs produits.
Voici un exemple concret concernant les produits de la marque Dr. Hauschka, étant donné que la marque est citée par Courilleau. Les exemples suivants montrent d’une part que ce ne sont pas seulement des produits allemands qui contiennent de l’alcool, mais également des produits venant d’autres pays. Par exemple des produits en provenance de Lettonie (produits certifiés selon la cahier des charges français Ecocert) ou de Suisse.
Ces exemples montrent par ailleurs qu’il existe des produits avec ou sans alcool chez une même marque, comme c’est par exemple le cas pour Dr. Hauschka (et pour bien d’autres).
Ces exemples illustrent également bien le fait qu’il existe des produits de cosmétique naturelle et bio allemands, mais également d’autres pays (notamment français) qui contiennent ni alcool, ni conservateur de synthèse autorisé en cosmétique naturelle et bio.
C

D

E

Les produits ne sont pas mis en avant ou laissés de côté en fonction de leur type de conservation ou de leur pays der provenance.

  • Les exemples de produits le montrent bien : d’analyser la conservation d’un produit en fonction de son pays de provenance mène à l’impasse.Vous constaterez par ailleurs qu’aucun des conservateurs de synthèse autorisés en cosmétique naturelle et bio ne se retrouve classé en dessous de la note 2 (bien) dans l’évaluation du lexique INCI. Ces évaluations se basent également sur le fait qu’il s’agit dans ce cas-là de substances de synthèse.
  • En ce qui concerne les conservateurs utilisés dans les différents produits, les consommateurs ont le choix, indépendamment de le provenance du produit.
  • Ceux qui souhaitent privilégier des produits sans alcool en trouveront dans le commerce.
  • Il existe également des produits qui ne contiennent ni alcool, ni conservateurs de synthèse autorisés en cosmétique naturelle et bio.
  • L’hypothèse qui affirmerait que les produits qui contiennent de l’alcool doivent obligatoirement être considérés plus problématiques que les produits qui contiennent des conservateurs de synthèse autorisés en cosmétique naturelle et bio, ne tient pas debout.

Ce n’est pas une question de „nationalité“, mais une question de fabricants – et de type de certification
Je voudrais revenir à la question du départ : comment se fait-il que l’on pourrait avoir l’impression que la provenance d’un produit viendrait en compte dans l’analyse d’une thématique autour des cosmétiques ?

  • En ce qui concerne le mode de conservation, ni les produits français, ni les produits d’autres pays qui travaillent avec les conservateurs de synthèse autorisés sont défavorisés par rapport aux fabricants qui utilisent l’alcool à la place. Les évaluations des produits varient essentiellement entre 1 (très bien) et 2 (bien). Avec une mention «bien», on ne peut vraiment pas parler d’évaluation négative.
  • Pour quelle raison Beth affirme donc que „on a l’impression que vous avez crée ce site pour casser les produits cosmétiques de France“? Peut être qu’elle/il n’apprécie pas les remarques critiques au sujet de quelques aspects du cahier des charges français Ecocert.
    Concernant le référentiel Ecocert (qui ne certifie pas que des produits français, mes également en provenance d’autres pays), j’émets par exemple des critiques à l’égard de l’utilisation des huiles de synthèse (=huiles ésterifiées), qui sont autorisés dans les formulations, sans aucune restriction. Cela signifie en pratique que de tels huiles de synthèse peuvent réduire le taux ou même entièrement remplacer d’authentiques huiles végétales dans des crèmes, par exemple. Voir : www.laveritesurlescosmetiques.com/themen_008_fr.php
  • Dans le lexique INCI, les authentiques huiles végétales reçoivent la note 1 (très bien), car il s’agit là d’authentiques composants naturels.
  • Les produits qui contiennent des huiles ésterifiées ne sont pour autant pas dévalués dans mes analyses de produits. Les huiles ésterifiées autorisées en cosmétique naturelle et bio reçoivent la note 2 (bien). La différence d’évaluation se justifie par le fait qu’il s’agit d’huiles de synthèse d’origine naturelle et non d’authentiques huiles végétales naturelles.

L’utilisation d’eau florale à la place de l’eau – un gage de qualité ?

Dans son message Courilleau émet des critiques au sujet de l’utilisation de l’eau dans les produits du Dr. Hauschka. Sans doute que la lectrice/le lecteur voulait attirer l’attention sur le fait que dans beaucoup de crèmes certifiées par Ecocert, on privilégie l’utilisation d’eaux florales à la place de l’eau employée habituellement. Est ce qu’il s’agit là d’un avantage qualitatif ?

  • A mon avis non, car une eau florale contient principalement de l’eau et très peu de composants végétaux.
    Pour quelle raison utiliser alors de l’eau florale à la place de l’eau? Concernant la certification Ecocert, cet aspect est en lien avec le calcul du taux bio. Mes critiques visent cette pratique du référentiel Ecocert qui permet d’intégrer la partie aqueuse dans le calcul du taux bio. Mais c’est un autre sujet, que vous pouvez approfondir dans mon livre.
  • Quand j’émets des critiques, je rattache ces critiques à des arguments concrets et reste ouverte à l’échange avec d’autres points de vue. Dans les messages de Beth et Courilleau je n’ai malheureusement pas trouvé de points concrets pour un échange constructif.

 

Commentaire : cet article date d’octobre 2014
Les compositions des produits peuvent changer, même une gamme entière peut changer d’orientation d’une année à l’autre et choisir de supprimer ou de rajouter certains composants, par exemple. Aucun site ou magazine de consommateur actualise en permanence ces changements, ce serait un travail gigantesque, à faire en continu. Et les articles ne sont pas supprimés à la simple demande des fabricants qui expliqueraient que les formules aient changé de formulation depuis la parution du test. Le test produit reflète par contre «l’image exacte du moment», les tests sont clairement datés.

Marques et produits testés :

Ekia – Crème Extrême
Cattier – Nectar Éternel Bio Soin anti âge anti ride
Florame – Baume Cou et décolleté remodelant Anti-âge
Douce Nature – Fleur de Shampooing – cheveux gras
Dr. Hauschka (Allemagne) – Crème de Jour à la Rose
Dr. Hauschka (Allemagne) – Crème de Jour à la Mélisse (pour peaux mixtes)
Logona (Allemagne) – Crème de Jour Rose Bio
Melvita (France) – Bio Excellence Naturalift Crème Jeunesse Jour
Farfalla (Suisse) – Age Miracle Crème régénérante riche
Mádara (Lettonie) – Crème contour des Yeux Time Miracle
Sante (Allemagne) – Crème de jour bio Peaux sèches aux baies de Goji
Phyts (France) – Crème Absolue Fermeté Anti Rides

Juillet 2014

Les conservateurs peuvent potentiellement être dangereux pour la santé. Voir à ce sujet l’article  suivant « Du Methylisothiazolinone à la place des parabènes ?  que vous trouverez prochainement dans l’onglet des articles
 
De quelle manière sont conservés les produits en cosmétique naturelle et bio certifiée ?
Les différents fabricants utilisent des approches diverses. Il existe une nouvelle méthode, -la conservation UHT-, qui se passe de conservateurs et de moyens de conservation comme l’alcool, mais qui n’est utilisée jusqu’à présent que par quelques marques, notamment Dermatherm et Gravier.

La conservation: un défi, résolu de manières très différentes

Chaque produit cosmétique doit être microbiologiquement stable. C’est -à- dire qu’après ouverture du contenant, il ne faut pas qu’il y ait prolifération de trop de micro-organismes comme des bactéries, des levures ou des moisissures. Ces micro-organismes ne peuvent pas vivre sans eau, mais la plupart des cosmétiques en contiennent. Donc il est nécessaire de choisir un mode de conservation.

  • En employant les grands moyens de la chimie, il est facile d’assurer la conservation d’un produit. Avec l’un des premiers conservateurs employés, le formaldéhyde, tout marchait à merveille. Même à petite dose, il est déjà extrêmement efficace, mais aussi extrêmement dangereux comme on le sait maintenant. Entre-temps, il a été classé dans la catégorie des substances cancérigènes.
  • Tout responsable compétent d’un département de recherche et développement sait qu’il n’existe pas de conservateurs non problématiques. Les conservateurs doivent détruire les micro-organismes et remplissent ainsi leur fonction. Mais chaque produit qui détruit les micro-organismes peut s’avérer agressif pour la peau et même dangereux pour la santé, s’il n’est pas soigneusement dosé et s’il n’a pas été testé quant aux effets secondaires indésirables.

Les concepts de conservation des fabricants de cosmétiques naturels et bio

Jean-François Gravier est Directeur des Laboratoires Gravier. Les Laboratoires Gravier fabriquent des cosmétiques naturels et bio depuis 1975. Jean-François Gravier : «Depuis toujours, l’Homme cherche à conserver notamment son alimentation plus longtemps ; les méthodes les plus connues sont : le sel, l’alcool, la fermentation, le froid, le fumage, la dessiccation, … » Pour les pionniers des cosmétiques naturels et bio, la question de la conservation fut le plus dur des challenges des années 1960/1970. Un travail de développement de plusieurs années et beaucoup d’expérience furent nécessaire pour arriver à de bons résultats, et pour pouvoir concevoir même des produits sans conservateurs de synthèse.

  • Ce qu’il faut faire pour garantir la stabilité microbiologique d’un produit dépend d’une série de facteurs: de la formulation du produit, de sa production et d’un troisième élément – non des moindres – du type de conditionnement.

Il existe des méthodes de conservation très variées en cosmétique naturelle et bio.

Parmi les marques pionnières de la cosmétique naturelle et bio on trouve des approches très différentes, même encore aujourd’hui.

Possibilité n°1 en cosmétique naturelle et bio certifiée : la conservation avec des substances de synthèse

Jean-François Gravier: « En cosmétique, tous les cahiers des charges bio acceptent les conservateurs de synthèse de type acide sorbique, acide déhydroacétique, l’acide benzoique, etc. Tous ces conservateurs font partie d’une liste officielle : ce sont les conservateurs listés, au nombre de 57 aujourd’hui, avec une évolution prochaine. »
Un grand nombre de fabricants en cosmétique naturelle et bio certifiée utilisent ce type de conservateurs. D’autres ont fait le choix de privilégier d’autres méthodes.

  • Les marques allemandes pionnières de la cosmétique naturelle et bio comme par exemple Weleda, Logona, Dr. Hauschka ou Lavera avaient fait le choix, -et le maintiennent jusqu’à aujourd’hui-, de se passer des conservateurs de synthèse autorisés en cosmétique naturelle et bio. A la place, ils ont développé un système de conservation différent.

Possibilité n°2 : Assurer la conservation sans conservateurs de synthèse

Assurer la conservation sans conservateurs de synthèse nécessite tout un ensemble de mesures. Un facteur essentiel : faire en sorte que le moins de micro-organismes possibles ne puissent se développer lors de la production ou du conditionnement, ou pénétrer dans le produit au moment de l’utilisation. Mieux l’on réussit, moins l’on a besoin de conservateurs.

  • Les fabricants qui n’utilisent pas de conservateurs de synthèse ne peuvent généralement pas se passer de matières premières conservatrices, notamment de l’alcool. Les huiles essentielles et certains extraits peuvent également avoir des propriétés conservatrices.
  • Les huiles essentielles ne peuvent par contre que jouer un rôle secondaire dans la conservation du produit, car un dosage plus élevé avec certaines huiles essentielles peut augmenter le risque de réaction allergique.

Est-ce que les conservateurs de synthèse autorisés en cosmétique naturelle et bio certifiée sont mieux que l’alcool ?

Il n’y a pas de chiffrage ou d’étude comparative exploitable. Ce qui reste valable de manière générale : aucune substance à action conservatrice n’est libre de tout soupçon. Chaque matière à effet conservateur a ses avantages et ses inconvénients.
Même les conservateurs autorisés en cosmétique naturelle et bio, comme par exemple l’acide salicylique, peuvent provoquer des réactions cutanées.

  • Est-ce que l’alcool pose problème ? Employé à de hautes doses, il peut avoir un effet négatif sur le film hydrolipidique de la peau et la dessécher. Mais c’est exactement ce que les fabricants responsables ont étudié et pris en considération.
  • Si de l’alcool est employé pour faire partie de la conservation, il est en général dosé de façon à être en accord et supporté selon le type de peau.
  • Pour les cosmétiques naturels et bio, la seule alternative à ces substances à effet de conservation secondaire, étaient jusqu’à présent les conservateurs autorisés dans les cahiers de charges. Mais l’alcool a un grand avantage : il est naturel. La plupart du temps, on utilise même de l’alcool issu de l’agriculture biologique. Et tous les conservateurs autorisés par les labels sont des substances de synthèse (chimiques).

Certaines autres méthodes ne sont pas idéales ou seulement adaptées pour certains produits.

Il existe aussi d’autres moyens pour conserver les cosmétiques sans conservateur classique. Monsieur Jean-François Gravier explique à ce sujet :

  • « Dans les années 80, on a essayé le froid, avec une conservation de 1 à 2 semaines, incompatible avec un usage moderne.
  • On peut aussi utiliser la concentration, produits avec très peu d’eau, le meilleur exemple étant le savon.
  • On peut également jouer sur le pH : en dessous de 3 et au dessus de 10, la prolifération bactérienne est très fortement inhibée ; inconvénient de cette méthode, on est loin du pH physiologique.
  • La fabrication stérile de A à Z avec des matières premières stériles (exempt de micro-organismes), en salle stérile ; inconvénient de cette méthode, les substances naturelles ne sont pas stériles et les contraintes techniques (salle iso 5 sur toute la chaine) sont très contraignantes. De plus, pour rendre les matières premières stériles, on stérilise au rayonnement gamma.
  • La stérilisation gamma est une autre méthode de conservation en tuant toutes les bactéries. Méthode utilisée pour éliminer les bactéries en cosmétique classique quand un lot est contaminé. « 

Une méthode sans aucun conservateur : UHT

On connait le procédé UHT-(Ultra-High-Temperature) surtout par le biais de la stérilisation du lait (le lait UHT). Monsieur Gravier nous explique les avantages que peut représenter ce procédé :

« Depuis quelques années, il se développe une nouvelle méthode pour avoir des cosmétiques sans conservateur : la méthode UHT, brevet français récent, utilisé par quelques grands groupes, Dermatherm et le laboratoire Gravier.

  • Cette technique unique au monde est malheureusement peu utilisée encore dans le milieu de la bio, ce qui est dommage. Les grands groupes ont compris l’intérêt de cette technologie pour supprimer totalement tous les conservateurs qu’ils soient listés ou non.
  • La contrainte majeure de cette technologie est l’usage d’une salle iso 5 pour le conditionnement. Ayant des produits réellement sans conservateur, il faut conditionner en salle stérile pour éviter toutes les contaminations. Supprimer tous les conservateurs est la tendance actuelle, notamment pour les produits bébé pour avoir des produits plus ‚safe’. D’ailleurs, la réglementation va dans ce sens. »

Pour quelle raison la méthode UHT n’est-elle pas utilisée par tous les fabricants en cosmétique naturelle et bio ?

Tout simplement parce que c’est lié à des transformations et des changements de fonctionnement importants. Même les fabricants les plus importants de la cosmétique naturelle et bio restent des petites entreprises, comparé au secteur conventionnel. La plupart de ces entreprises sont même très petites. On sous-estime souvent l’effort que cela représente de passer à un système de conservation différent.

  • On oublie par exemple qu’il faut généralement revoir l’ensemble des formules. Le fait de supprimer juste quelques substances n’est tout simplement pas suffisant et risquerait de déséquilibrer l’ensemble de la formulation.
  • Il serait tout à fait souhaitable qu’un jour la cosmétique se passe de toute sorte de conservateurs. Mais aujourd’hui nous sommes encore loin de cet objectif. Dans la réflexion autour de ce sujet, il ne faudrait pas perdre de vue que la cosmétique naturelle et bio certifiée n’a jamais autorisée ou employée de conservateurs problématiques tel des composés organo-halogénés ou des libérateurs de formaldéhyde.

Que ce soit la méthode UHT ou par le biais de formulations spécifiques, les cosmétiques sans conservateurs sont un vrai plus

Les cosmétiques sans conservateurs représentent un réel avantage, sans aucun doute. Surtout dans les produits pour bébé et les produits pour peaux très sensibles.

 

Février 2014

Un grand nombre de personnes a bien retenu le nom des parabènes et les évite désormais en tant que conservateurs. Néanmoins, il serait maintenant temps de retenir un nouveau nom, celui du Methylisothiazolinone. Il suffirait déjà de se rappeler des appellations «Methyliso» et «Methylchloro» pour éviter deux substances au potentiel allergique très élevé.

Methylisothiazolinone et Methylchloroisothiazolinone
Ces deux conservateurs sont présent soit de manière isolée, dans ce cas on utilise essentiellement du Methylisothiazolinone, soit utilisés par paires : du Methylisothiazolinone en combinaison avec du Methylchloroisothiazolinone.

  • Dans ma base de données de désignations INCI, ces conservateurs récoltent de très mauvaises notes depuis longtemps, même si l’industrie des cosmétiques prétend qu’ils sont sûrs. Les preuves récentes en témoignent : le nombre de personnes qui ont des réactions allergiques importantes provoquées par le Methylisothiazolinone, est en augmentation constante. Même constat pour l’association du Methylisothiazolinone avec le Methylchloroisothiazolinone, on ne peut pas se fier à leur innocuité.
  • La Fédération pour l’Information des Cliniques Dermatologiques (Informationsverbund Dermatologischer Kliniken, IVDK) dispose de la plus importante banque de données concernant la problématique des allergies. 40 cliniques dermatologiques d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse appartiennent à cette fédération. Le système de veille de l’IVDK permet de donner rapidement et efficacement l’alarme. Le IVDK a lancé une alerte au sujet de ces nombreuses réactions allergiques provoquées par le Methylisothiazolinone. Le magazine de consommateurs allemand ,-Öko Test-, cite le professeur Axel Schuch, Directeur du IVDK: «Aucune autre substance allergisante ne provoque autant de réactions allergiques, avec une évolution presque épidémique».
    MethyL
    Des eczémas sur le visage et les mains, dus au Methylisothiazolinone
    Entre 2009 et 2012 le nombre de personnes concernées s’est multiplié par trois : le taux est passé de 1,94% à 6,02%. L’utilisation du Methylisothiazolinone est particulièrement problématique dans les produits qui restent sur la peau. Le professeur Schuch explique dans le magazine Öko test que «le Methylisothiazolinone ne devrait plus être utilisé dans des produits sensés rester sur la peau».
  • Courant Septembre 2013, l’émission de télé BBC-One-Watchdog signalait une augmentation considérable de réactions allergiques au produit Piz Buin 1-day-long sun Lotion, dues au Methylisothiazolinon et questionnait différentes sociétés au sujet de ce conservateur. Les communiqués de ces sociétés montrent qu’à ce stade presque tous les fabricants mettent encore en avant l’innocuité du Methylisothiazolinone.
  • Le site suivant démontre bien que le Methylisothiazolinone est utilisé dans plusieurs milliers de produits : http://www.goodguide.com/ingredients/53090-methylisothiazolinone

Deux exemples de crèmes : L’Oréal & Beiersdorf
En tant que composant «isolé», on retrouve du Methylisothiazolinone principalement dans des produits sensés rester sur la peau.

  • Beiersdorf (Nivea) fait partie de ces sociétés qui proposent des produits conservés avec du Methylisothiazolinone, utilisé à la place des parabènes. C’est par exemple le cas pour les produits de soin visage de la gamme „Pure & Natural“ (également disponible sur le marché sous le nom „Natural Balance“).
  • La crème BB Total Repair 10- Revitalift de L’Oréal contient également le conservateur Methylisothiazolinone.

Beiersdorf veut se passer du Methylisothiazolinone à partir de 2015
Si le fabricant Beiersdorf supprimera le Methylisothiazolinone à partir de 2015 dans ses produits, cela veut dire que beaucoup de produits avec cette substance très allergisante resteront encore sur le marché pendant un bon moment. Quoi qu’il en soit : d’autres fabricants de cosmétiques devraient suivre l’exemple de Beiersdorf au plus vite.

  • Le conseil scientifique de la commission européenne (SCCS) prévoit quelques interdictions au sujet des parabènes. Pour l’instant, il n’y a pas eu de réaction au sujet de l’augmentation de réactions allergiques dues au Methylisothiazolinone. Seule l’association Methylchloroisothiazolinone -Methylisothiazolinone a fait l’objet de quelques restrictions.

Tout aussi allergène : le Methylchloroisothiazolinone en tandem avec le Methylisothiazolinone
En 2010 le SCCS s’est penché sur la question de l’association du Methylchloroisothiazolinone avec du Methylisothiazolinone. Etant donné que cette association contient un potentiel allergique important, il a été décidé que cette combinaison serait autorisée uniquement dans des produits qui ne restent pas sur la peau, comme les shampooings, par ex. Il existe certainement plus d’un millier de produits qui contiennent une combinaison de Methylchloroisothiazolinone et de Methylisothiazolinone, voici juste quelques exemples :

  • Shampooing EverPure de L’Oréal.
  • Chez John Frieda , par exemple, le Masque Intensif Miraculous Recovery – Friss Ease, la Mousse Coiffante Boucles Idéales ou le Shampooing Go Blonder.
  • Le Shampooing Oil Nutrition, le Shampooing Intense Care et d’autres shampooings de la marque Dove.

Personne ne peut vraiment confirmer si la quantité maximale autorisée est vraiment sûre et ne posera aucun problème. Les personnes avec des peaux sensibles, à tendance allergique, devraient plus particulièrement faire attention à la composition de leurs produits.

Dans le cas de substances très allergisantes, comme l’association du Methylchloroisothiazolinone avec du Methylisothiazolinone, les taux de réactions allergiques peuvent s’emballer, tout comme c’est déjà le cas pour le Methylisothiazolinone, utilisé seul.

Janvier 2014

L’organisation mondiale de la santé (WHO) a qualifié les substances chimiques qui interfèrent avec le système hormonal (aussi appelées «perturbateurs endocriniens») dans une étude de 2013 de „global threat“, de «menace globale». Dans le secteur des cosmétiques les avis divergent, par exemple, au sujet du potentiel de toxicité de substances comme les parabènes qui interfèrent légèrement avec le système hormonal.
L’étude d’une association allemande de protection de l’environnement, le BUND (Bundes für Umwelt und Naturschutz Deutschland) démontre bien la problématique très répandue de l’utilisation de ces substances. Pour cette étude 60.000 produits de cosmétiques et de soin disponibles sur le marché allemand (et dans les pays germanophones limitrophes) ont été évalués. Le résultat :

  • 30 % des produits contenaient des perturbateurs hormonaux.
  • Un produit sur cinq contenait plusieurs perturbateurs endocriniens, par exemple des parabènes pour la conservation ou certains filtres UV. • Le Methylparaben était présent dans 24 % des produits, le Propylparaben dans 18 % des produits, L’ethylparaben dans 12 % et le Butylparaben dans 10 % des produits.
  • Chez les marques leaders du marché, comme L’Oréal et Beiersdorf (Nivea), presque un produit sur deux contenait des composants qui interfèrent de manière considérable avec le système hormonal.

 

 

 

 

 

Les produits de cosmétique naturelle et bio certifiés ne contiennent aucun perturbateur endocrinien

Selon l’étude de l’association allemande de protection de l’environnement (le BUND), vous ne trouverez aucun perturbateur hormonal chez les fabricants et marques suivantes (marques principalement représentées sur le marché allemand, liste non exhaustive) :

  •   Annemarie Börlind
  •   Dr. Hauschka
  • Laverana Naturkosmetik (marque: Lavera)
  • Logocos Naturkosmetik (marques: Logona, Sante)
  • Weleda Naturkosmetik
    Que l’on ne trouve pas de substance susceptible d’interférer avec le système hormonal dans les produits de cosmétique naturelle et bio certifiés, n’est pas très surprenant. Les substances concernées ne sont tout simplement pas autorisées.
    De manière générale, la règle suivante s’impose : les produits certifiés par les différents cahiers des charges de cosmétique naturelle et bio : ECOCERT, NATRUE, BDIH, COSMOS ou Nature & Progrès, ne peuvent pas contenir de perturbateurs endocriniens, comme des parabènes ou certains filtres UV de synthèse.Les conservateurs : un sujet particulièrement problématiqueLes fabricants de cosmétique conventionnelle disposent d’une large palette de différents conservateurs. Leur utilisation est contestée pour les raisons suivantes :
  •  Il existe des études qui démontrent que les parabènes présentent une légère activité oestrogénique.
  • Le Propyl-et Butylparaben sont par ailleurs susceptibles d’avoir un effet négatif (impactant) sur les hormones sexuels masculins (les androgènes), ce qui ne semble pas être le cas avec le Methylparaben und Ethylparaben.
  • En cosmétique naturelle et bio certifiée, on autorise seulement une liste très restreinte de conservateurs. Aucun des conservateurs considérés comme particulièrement problématique, (comme par exemple les substances organo-halogénées, susceptibles de libérer du formaldehyde) n’est autorisé.Une nouvelle règlementation européenne pour les parabènesEtant donné que le Comité Scientifique de Sécurité des Consommateurs Européens (SCCS) n’a jamais pris de décision claire concernant les parabènes, le Danemark a mis en place ses propres mesures : interdiction d’utiliser du Propyl-, Butyl-, Isopropyl- et Isobutylparaben dans les produits cosmétiques pour les enfants en-dessous de 3 ans. En 2013, le SCCS a finalement émis une règlementation au sujet des parabènes.

    Selon le SCCS, les parabènes autorisés ne représentent pas de risque, même pas pour les enfants. Concernant les tout-petits, jusqu’à l’âge de 6 mois, le SCCS ne peut par contre pas totalement écarter de risque, notamment au sujet des produits de soin pour le change.

  •  La zone délicate du change est souvent irritée, ce qui peut favoriser l’absorption de substances par la barrière cutanée. Afin de mieux évaluer les éventuels risques, il faudrait approfondir les recherches à ce sujet. Le meilleur conseil pour les parents aujourd’hui, c’est d’opter d’ores et déjà pour la sécurité en sélectionnant des produits de change qui ne contiennent pas de parabènes.Les consommateurs sont en mesure de faire pressionL’étude du BUND a crée un véritable tollé en Allemagne. Et cette étude a fait son effet :

    La société Johnson & Johnson, fabricant de la légendaire crème pour bébés Penaten a décrété qu’il n’y aurait plus de parabènes dans sa crème de change à partir de mi-mars 2014.

    Chasser la peste par le choléra

    Attention! De nombreux produits mentionnent désormais «sans parabènes» sur leurs emballages. Mais quels sont les conservateurs qui sont utilisés à leur place ?

    Les consommateurs devraient notamment vérifier si le « Methylisothiazolinone » est présent dans la liste des ingrédients. Très souvent ce composant est utilisé à la place des parabènes. Cela revient à chasser la peste par le choléra, car de plus en plus de personnes sont allergiques au Methylisothiazolinone.