DOVE DermaSpa Crème pour les mains 75 ml,-4,49 €
DOVE, marque grand public du groupe UNILEVER, se positionne comme engagée pour « l’estime de soi ».
Mais côté formulation, est-ce que la crème DOVE DermaSpa tient la promesse d’un soin hydratant doux pour la peau… ou s’agit-il encore d’un discours marketing bien ficelé ?
Comme toujours, nous avons pris la liste INCI et passé chaque ingrédient à la loupe. Résultat ? Une formulation très éloignée du naturel annoncé : silicones, huiles minérales, PEG, allergènes parfumants et même un composant interdit en Europe depuis 2021.
DOVE DermaSpa Crème revu à la loupe
Et même si la marque a désormais aussi quelques produits certifiés en cosmétique naturels et bio ( = gamme de déodorants), cette partie est clairement «anecdotique» face à l’offre globale.
Les engagements de DOVE
La marque DOVE s’est surtout engagée dans des campagnes « pour l’estime de soi », présenté ainsi sur le site:
« Nous aidons les prochaines générations de femmes à developper une relation positive avec leur apparence, nous les aidons à gagner en estime de soi afin qu’elles puissent se réaliser pleinement »
Et comme toujours, on aime bien prendre un produit au hasard, regarder de plus près la formulation… et vérifier si le discours marketing cadre avec la réalité.
Descriptif produit crème DOVE DermaSpa sur la page de la marque*
« Apaise instantanément les mains • Crée pour les peaux très sèches et rugueuses • Formule non-grasse • Enrichie en Cell-Moisturisers™, des actifs hydratants extraits d’huiles naturelles •Combine une expérience de spa somptueuse chez vous avec des soins experts dermatologiques • Convient aux peaux sensibles (….)Quand vous avez les mains gercées ou juste très sèches, trouver la meilleure crème mains est essentielle pour leur offrir le soin dont elles ont besoin. Transformez votre peau très sèche avec nos traitement crème mains Dove DermaSpa Intensive. Elle est un traitement avec des nutriments qui aident à restaurer la peau sèche pour des mains magnifiquements lisses et douces. »
Prenons le temps de vérifier la composition du produit en analysant de plus près la liste de composants, la liste INCI de la Crème DOVE DermaSpa :
Ingrédients/ INCI*:
Aqua, Glycerin, Stearic Acid, Caprylic/Capric Triglyceride, Dimethicone, Glycol Stearate, PEG-100 Stearate, Petrolatum, Acrylates/C10-30 Alkyl Acrylate Crosspolymer, Arachidic Acid, Caprylyl Glycol, Carbomer, Cetyl Alcohol, Cyclopentasiloxane, Disodium EDTA, Glyceryl Stearate, Hydroxystearic Acid, Palmitic Acid, Parfum, Phenoxyethanol, Stearamide AMP, Stearic Acid, Triethanolamine, Alpha-Isomethyl Ionone, Benzyl Alcohol, Citronellol, Coumarin, Geraniol, Hexyl Cinnamal, Hydroxyisohexyl 3-Cyclohexene Carboxaldehyde,Limonene, Linalool, CI 77891



Ingrédients évalués selon la recherche INCI du site
Analyse des composants de la DOVE Crème DermaSpa
Comme toujours, ce sont les 5-8 premiers composants qui constituent majoritairement le «profil» du produit. Et en même temps, le regard sur l’ensemble de la formulation reste indispensable. Le produit choisi reflète parfaitement ce propos : même si le début de la liste INCI est constitué de composants « bon élèves », l’ensemble de la formulation est plutôt désastreux : des composants controversés et problématiques pour l’humain (dont certains considérés comme réellement problématiques, notamment des perturbateurs endocriniens), les animaux et la planète et pratiquement zéro composants réellement naturels, issus de plantes. Le ton de la formulation est donné.
Des substances controversées se sont glissées dans la formule
- TRIETHANOLAMINE un composant qui est utilisé soit comme substance tampon, comme émulsifiant ou tensioactif, susceptible de former des nitrosamines, cancérigènes
- Du Phenoxyethanol, conservateur de synthèse controversé, potentiel toxique avéré (nocif pour le foie, notamment)
- Dimethicone composants à base de silicones, peu biodégradables, donc polluants .
- Petrolatum, composant à base d’huiles minérales, ces huiles minérales ou synthétiques procurent hydratation, -certes-, mais posent problème à bien d’autres niveaux (voir ci-dessous)
- Des PEG (PEG-100 Stearate/Laureth-7) qui font partie des matières éthoxylées. Obtenues à partir de gaz extrêmement réactifs et toxiques, issues d’un procédé chimique qui impose des mesures de sécurité les plus strictes. Les PEG sont par ailleurs susceptibles de rendre la barrière de la peau plus perméable à d’autres substances et sont peu biodégradables, donc polluantes.
- Du Disodium EDTA, peu biodégradable et polluant.
- ACRYLATES/C10-30 ALKYL ACRYLATE CROSSPOLYMER problématique environnementale (microplastiques)
- Cyclopentasiloxane (silicone) perturbateur endocrinien suspecté, problématique environnementale (bioaccumulable et toxique dans l’environnement)
- Hydroxyisohexyl 3-Cyclohexene Carboxaldehyde (Lyral), ➡️ composant interdit depuis août 2017 en Europe Règlement (UE) 2017/1410, mise sur le marché interdite à partir du 23 août 2021.
- Le Carbomer, un gélifiant problématique sur le plan environnemental, polluant.
- Le « Parfum » indiqué dans la liste des INCI peut également parfois poser problème: étant donné qu’il s’agit d’un produit non certifié (en cosmétique naturelle et bio) il y a des fortes chances que ce soit un parfum de synthèse, qui contient très souvent également des phtalates, classés également comme perturbateurs endocriniens. Pour éviter la présence de phtalates, la seule certitude serait d’opter pour un produit certifié, les parfums de synthèse ne sont tout simplement pas autorisés par les différents cahiers de charges en cosmétique naturelle et bio.
Les huiles minérales (paraffine, etc) nécessitent aussi quelques explications supplémentaires
Le Petrolatum fait ici partie du « socle » de la formulation; ces huiles sont controversées et peuvent être considérées comme problématiques en cosmétique. L’avantage de ces huiles et cires de paraffine en cosmétique se résume surtout à un point ; leur prix bas.
C’est un composant de base issu de la pétrochimie (résidu de pétrole), particulièrement lucratif pour l’industrie cosmétique. Faciles d’utilisation (avantage de stabilité, sans oxydation) avec des propriétés protectrices et un prix de revient peu élevé, ces ingrédients issus de la pétrochimie sont largement utilisés par l’industrie cosmétique.Mais les huiles minérales comportent par contre de nombreux désavantages. Composées de chaines d’hydrocarbures dépourvues d’oxygène, elles ne peuvent être métabolisées par l’organisme, par exemple. En effet, en forte concentration ces huiles forment sur la peau un film presque étanche, occlusif, ne lui permettant pas de «respirer».Les huiles minérales représentent par ailleurs aussi un réel problème environnemental : le processus d’extraction et du raffinage du pétrole présentent un bilan écologique désastreux.
La problématique des Mosh et Moah
Autre problématique, les cosmétiques contenant des composants à base d’huiles minérales contiennent souvent des hydrocarbures aromatiques MOAH, substances classées potentiellement cancérigènes.
Une fois de plus, cette problématique ne concerne pas seulement le secteur des cosmétiques, les huiles minérales ont fait parler d’elles* avec la problématique de contamination des produits alimentaires par les huiles minérales contenues dans les encres des emballages.
La problématique d’huiles minérales contenant des MOAH en cosmétique fait l’objet de discussions depuis un moment. Au-delà des effets d’accumulation potentielle dans l’organisme se pose par exemple la question de l’utilisation de baumes à lèvres ou des rouges à lèvres qui contiennent des huiles minérales, car ces produits appliqués souvent au quotidien sur les lèvres sont en partie ingérés. Comme nous l’avons vu dans le test produit concernant par exemple des baumes pour les lèvres, le fait de s’appliquer des produits à base d’huiles minérales sur les lèvres peut poser problème aussi;
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Verdict : une crème “spa”… mais surtout pétrochimique
Difficile de parler de soin « expert » ou « respectueux » quand la base de formulation repose sur des huiles minérales, des silicones et des conservateurs controversés. Ironique pour une marque qui revendique des valeurs éthiques et animales, tout en utilisant des substances polluantes contribuant à la dégradation de l’environnement. Et comme toujours, la question du cocktail d’ingrédients chimiques reste posée : individuellement tolérés, mais que deviennent-ils combinés ?
Oui, la crème est végane… mais loin d’être écologique.
On ne le répètera assez jamais une marque engagée pour les animaux ou même un produit certifié végan… qui n’est pas aussi écologique que possible, respectueux de l’environnement de vie des animaux… ne fait aucun sens. Et la multiplication de composants problématiques et controversés fait aussi référence à l’effet cocktail: des substances chimiques qui, prises isolément, sont sans danger, peuvent devenir nocives lorsqu’elles sont mélangées.
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UPDATE 2025 : ce produit a été remplacé – nouvelle gamme disponible. Qu’en est-il de la formulation ? A peine mieux…
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Note ; cet article date de 2023
Les formules peuvent évoluer, même une gamme entière peut changer d’orientation d’une année à l’autre et les marques peuvent choisir de supprimer ou de rajouter certains composants ou même produits, par exemple. Les tests reflètent fidèlement la réalité du moment de l’évaluation.