KIEHL’s Facial Fuel Moisturizer – Composition analysée
Comme pour de nombreuses marques dites « pseudo-naturelles », KIEHL’s mise largement sur un storytelling bien rodé et des budgets marketing conséquents. La marque se présente comme héritière d’une pharmacie new-yorkaise fondée en 1851, proposant « le soin le plus expert et inspiré de la nature ».
Sur son site, dans la rubrique Découvrir Kiehl’s, la marque promet : « Nos formulations uniques ne contiennent que des plantes et des ingrédients d’origine naturelle de la plus haute qualité. »
Vraiment ? Il est temps de confronter cette promesse à la réalité des ingrédients. Pour cette Vérité Cosméto du Mois, nous avons passé au crible la crème hydratante KIEHL’s Facial Fuel Moisturizer (75 ml – 29,50 €).
KIEHL’s Facial Fuel Moisturizer revu à la loupe
Ce que dit la marque sur son site : « Notre crème hydratante pour homme réveille la peau terne grâce à l’extrait de châtaigne, de soja et des vitamines C et E. Elle revitalise et dynamise la peau. »
Analyse des composants Crème hydratante KIEHL’s Facial Fuel Moisturizer
Ingrédients/ INCI:
Aqua/Water, Cyclohexasiloxane, Alcohol Denat., Glycerin, Propanediol, Dimethicone, Zea Mays Germ Oil/Corn Germ Oil, Panthenol, Ascorbyl Glucoside, Triethanolamine, Phenoxyethanol, Glyceryl Linoleate, Polyperfluoromethylisopropyl Ether, Polyacrylamide, Dimethiconol, Glyceryl Oleate, Carbomer, Cetyl Alcohol, C13-14 Isoparaffin, Parfum/Fragrance, Acrylates/C10-30 Alkyl Acrylate Crosspolymer, Glycine Soja Oil/Soybean Oil, Caffeine, Tocopherol, Hydrogenated Lecithin, Castanea Sativa Seed Extract/Chestnut Seed Extract, Benzophenone-4, Menthol, Limonene, PEG-100 Stearate, Glyceryl Stearate, Pentylene Glycol, Laureth-7, Hydrolyzed Soy Protein, Potassium Cetyl Phosphate, Disodium EDTA, Glyceryl Linolenate, Citrus Aurantium Dulcis Juice/Orange Juice, Citrus Limon Juice/Lemon Juice, Linalool, Ethylhexylglycerin, Sodium Benzoate, Citral, Potassium Sorbate, CI 42090/Blue 1, CI 14700/Red 4




Ingrédients évalués selon la recherche INCI du site
Analyse des composants
Comme toujours, ce sont les 8-10 premiers composants qui constituent majoritairement le « profil » du produit. Le premier composant étant présent en quantité la plus élevée et la suite en ordre décroissant. Et on est déjà bien loin de la promesse «uniquement des plantes et des ingrédients d’origine naturelle de la plus haute qualité». Parmi ces premiers composants, on retrouve par exemple déjà des composants à base de silicone, le Cyclohexasiloxane et Dimethicone, ou des conservateurs très controversés du type Phenoxyethanol, etc. Complétés plus bas dans la liste par d’autres substances tout aussi controversées, problématiques pour l’humain, le règne animal et l’environnement.
D’autres substances controversées se sont glissées dans la formule
- Le Triethanolamine, un composant qui est utilisé soit comme substance tampon, comme émulsifiant ou tensioactif, susceptible de former des nitrosamines, cancérigènes.
- Du Phenoxyethanol, conservateur de synthèse controversé, potentiel toxique avéré (nocif pour le foie, notamment)
- Différents composants à base de silicones, peu biodégradables, donc polluants Cyclohexasiloxane, Dimethicone, Dimethiconol.
- Du Polyperfluoromethylisopropyl, qui fait partie des substances Poly- et Perfluoroalkyles (PFAS), Polluants Organiques Persistants PFAS (voir article dédié à ces Polluants Eternels)
- Des Acrylates/C10-30 Alkyl Acrylate Crosspolymer, problématique environnementale (microplastiques)
- Du C13-14 Isoparaffin, issue d’huile minérale, inadapté en tant que soin de la peau, et problématique environnementale
- Du Benzophenone-4, un filtre UV de synthèse polluant, perturbateur endocrinien suspecté
- Des PEG (PEG-100 Stearate/Laureth-7) qui font partie des matières éthoxylées. Obtenues à partir de gaz extrêmement réactifs et toxiques, issues d’un procédé chimique qui impose des mesures de sécurité les plus strictes. Les PEG sont par ailleurs susceptibles de rendre la barrière de la peau plus perméable à d’autres substances et sont peu biodégradables, donc polluantes.
- Du Disodium EDTA, peu biodégradable et polluant.
- Du Carbomer, un gélifiant problématique sur le plan environnemental, car polluant
- Le colorant azoïques CI14700. Les colorants azoïques (pigments de synthèse) peuvent déclencher des allergies et certains colorants azoïques sont classés «cancérigènes possibles».
- Le « Parfum » indiqué dans la liste des INCI peut également parfois poser problème: étant donné qu’il s’agit d’un produit non certifié (en cosmétique naturelle et bio) il y a des fortes chances que ce soit un parfum de synthèse, qui peut être problématique s’il contient par exemple de phtalates (perturbateur endocrinien). Le Dietyl phtalate se retrouve souvent dans les parfums comme « agent fixateur », (ce qui permet de fixer le parfum dans la durée et de rendre les parfums moins volatils). Dans ce cas précis, il n’est pas nécessaire de le déclarer dans la liste INCI. Pour éviter systématiquement la présence de phtalates, il est préférable de choisir pour un produit certifié, les parfums de synthèse ne sont tout simplement pas autorisés par les différents cahiers de charges en cosmétique naturelle et bio.
Et les ingrédients naturels annoncés ?
Ils sont bien présents… mais relégués en fin de liste, donc en faibles quantités. Rien à voir avec une formule réellement naturelle ou majoritairement végétale.
VERDICT
La marque affirme que « nos formules ne contiennent que des plantes et des ingrédients d’origine naturelle ».
Au vu de cette analyse… difficile de ne pas parler de greenwashing manifeste.
Et la question des perturbateurs endocriniens ?
Un module d’auto-apprentissage dédié existe désormais : Comment éviter les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques ?
Car oui, il est possible de faire des choix plus sûrs, mais cela demande une lecture critique des compositions
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Note importante : Cet article date de 2023.
Les formules peuvent évoluer , mais les tests reflètent fidèlement la réalité du moment de l’évaluation.