spacer
Accueil | Vos remarques & suggestions | Contact | Téléchargement | Crédits | Presse
 
lo m ro
   
lu m ru
lo m ro
   
lu m ru
lo m ro
   
lu m ru
 
 

La conservation
La mention « sans parabènes » est souvent utilisée à des fins publicitaires. Les parabènes sont sous les feux de la rampe et, avec eux, un aspect particulier des produits cosmétiques: la conservation. Dans les produits cosmétiques conventionnels, les parabènes sont les conservateurs les plus utilisés. Sont-ils aussi les plus problématiques? Quels modes de conservation sont les bons, lesquels sont douteux pour la santé?

kons1 Dans mes livres « La vérité sur les cosmétiques » et « La vérité sur les cosmétiques naturels », j’attribue la note « passable » aux parabènes. Une série d’autres conservateurs ont reçu des appréciations plus mauvaises: « insuffisant » et « déconseillé ». Ces différences montrent qu’il y a des conservateurs qui sont nettement plus problématiques que les parabènes. Et il y a le contraire: des modes de conservation meilleurs que ceux qui utilisent les parabènes. Comme mes analyses de produits le montrent, la palette d’appréciations attribuées aux conservateurs va de la meilleure « très bien » à la moins bonne  « déconseillé ». 

« Sans parabènes » : un argument publicitaire parfois très trompeur pour le consommateur
La mention « sans parabènes » peut induire le consommateur en erreur d’une manière assez incongrue. Ainsi, un fabricant australien fait-il la publicité d’un produit emballé dans un paquet évoquant la nature et muni de l’indication « Sans parabènes ni sulfates ». Mais si ce produit ne contient effectivement pas de parabènes, il contient un composé organohalogéné comme conservateur, le Methyldibromo Glutaronitrile. Celui-ci se trouve en tête de la liste des substances allergisantes et je lui ai donné la plus mauvaise note: « déconseillé ». Renoncer aux parabènes et utiliser à la place des conservateurs comme le Methyldibromo Glutaronitrile ou le Methylchloroisothiazolinone, c’est remplacer le diable par Belzébuth. D’ailleurs, le Methylchloroisothiazolinone est aussi un composé organohalogéné auquel j’ai attribué la plus mauvaise note, et qui a échappé de peu à une interdiction.

 

La conservation: un défi, résolu de manières très différentes
Chaque produit cosmétique doit être microbiologiquement stable. C’est à dire qu’après ouverture du contenant, il ne faut pas qu’il y ait prolifération de trop de microorganismes comme des bactéries, des levures ou des moisissures. Ces microorganismes ne peuvent pas vivre sans eau, mais la plupart des cosmétiques contiennent de l’eau. Donc il est nécessaire de choisir un mode de conservation.
En employant les grands moyens de la chimie, il est facile d’assurer la conservation d’un produit. Avec l’un des premiers conservateurs employé, le formaldéhyde, tout marchait à merveille. Même à petite dose, il est déjà extrêmement efficace. Mais aussi extrêmement dangereux comme on le sait maintenant. Entre-temps, il a été classé dans la catégorie des substances cancérigènes.
Comme le sait tout responsable compétent d’un département de recherche et développement, il n’existe pas de conservateurs non problématiques. Les conservateurs doivent détruire les microorganismes. Ils remplissent ainsi leur fonction. Mais chaque produit qui détruit les microorganismes peut s’avérer agressif pour la peau et même dangereux pour la santé, s’il n’est pas soigneusement dosé et s’il n’a pas été testé quant aux effets secondaires indésirables.

duschen

Un savoir-faire spécifique: le concept de conservation des fabricants de cosmétiques naturels et bio
Pour les pionniers des cosmétiques naturels et bio, la question de la conservation fut le plus dur des challenges des années 60/70. Un travail de développement de plusieurs années et beaucoup d’expérience furent nécessaire pour arriver à de bons résultats, et pour pouvoir concevoir même des produits sans conservateurs de synthèse.
Ce qu’il faut faire pour garantir la stabilité microbiologique d’un produit dépend d’une série de facteurs: de la formulation du produit, de sa production et d’un troisième élément – non des moindres – du type de conditionnement. Assurer la conservation sans conservateurs de synthèse nécessite tout un ensemble de mesures. C’est à cela qu’ont travaillé pendant de nombreuses années les sociétés de cosmétiques naturels et bio. Leur concept est le suivant: faire en sorte que le moins de microorganismes possibles ne puissent se développer lors de la production  ou du conditionnement, ou pénétrer dans le produit au moment de l’utilisation. Mieux on y réussit, moins on a besoin de conservateurs et le moyen de conservation restant malgré tout nécessaire pourra être plus doux.

 

Insuffisant et déconseillé: Les conservateurs au potentiel de risque le plus élevé
Une annexe à la Directive Européenne sur les Cosmétiques indique quels conservateurs sont autorisés. Les mettre tous dans le même sac serait une négligence, car ils se distinguent de façon significative.
La manière de conserver un produit et les conservateurs utilisés relèvent de la seule responsabilité du fabricant. Il lui incombe aussi de garantir qu’aucun conservateur indésirable ne sera introduit dans le produit par des matières premières ayant déjà été soumises à un précédent mode de conservation.
Les fabricants ont le choix. Dans les cosmétiques conventionnels, on utilise généralement un mélange de conservateurs de synthèse.
Ce sont les composés organohalogénés qui ont le potentiel de dangerosité le plus élévé.
Les substances halogènes ont un potentiel allergisant très important, elles sont réactives et peuvent, en pénétrant dans les tissus, se décomposer, se fixer et causer des dégâts.
•   Comme personne ne peut savoir exactement ce qui se passe sur la peau de l’utilisateur, les matières hautement réactives représentent un risque particulier. En interaction avec d’autres substances réactives, elles peuvent déclencher une réaction imprévisible. Cette problématique, appelée « effet cocktail », n’est encore que très peu étudiée.  

Potentiel de dangerosité du formaldéhyde et des libérateurs de formaldéhyde
Les libérateurs de formaldéhyde comme le DMDM Hydantoin sont utilisés en remplacement des formaldéhydes. Dans certaines conditions ( un contact prolongé avec l’eau par exemple), ils libèrent des formaldéhydes.
En juin 2004, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) annonçait que 26 scientifiques de 10 pays étaient arrivés à la conclusion que les formaldéhydes étaient cancérigènes pour l’homme. En juin 2006, l’Institut Fédéral Allemand de l’Evaluation des risques (Bundesinstitut für Risikobewertung ) informait : « Effet cancérigène du formaldéhyde inhalé suffisamment prouvé ».  De ce fait, l’utilisation de formaldéhyde dans les aérosols fut interdite. A part cela, le formaldéhyde est autorisé dans les produits bucco-dentaires (jusqu’à 0,10 %, soit 1000 ppm) et dans d’autres produits cosmétiques (jusqu’à 20 %, soit 2000 ppm).
Pour l’industrie, le formaldéhyde reste irremplaçable dans les durcisseurs d’ongles conventionnels. Il n’existe aucun produit de remplacement ayant les mêmes propriétés.
L’interprofession allemande concernée, l’IKW (Industrieverband Körperpflege und Waschmittel) est inquiet et prépare ses membres à un éventuel changement de classification du formaldéhyde dans la juridiction allemande des produits chimiques. En juin 2006, la fédération notait: « Si le formaldéhyde était classé carcinogène de cat. 1 ou cat. 2 dans la juridiction sur les produits chimiques, son utilisation dans les cosmétiques sera formellement interdite. Des conférences ont montré que les autorités étaient  d’accord pour  faire une différence entre les formaldéhydes et les libérateurs de formaldéhydes, c’est à dire que les libérateurs de formaldéhydes ne seraient probablement pas directement touchés par la réglementation sur les formaldéhydes. »

Dans quelle mesure les libérateurs de formaldéhydes sont-ils problématiques?
Comme les exemples ci-dessous le montrent, les libérateurs de formaldéhyde sont employés comme conservateurs dans toutes sortes de produits cosmétiques. Doit-on les traiter comme des formaldéhydes purs ou non? Les experts ne sont pas d’accord sur ce point.
La libération de formaldéhyde est un processus que l’on rencontre aussi dans la nature. Dans  le cas de poissons stockés par exemple, le formaldéhyde provient d’une libération enzymatique à partir du triméthylaminoxyde présent dans la chair du poisson. Dans certains légumes comme les tomates, le chou fleur, les oignons verts ou les épinards, on trouve 3 à 60 ppm de formaldéhyde. On en trouve aussi à l’état naturel dans les fruits (raisins, pommes, poires) ou le poisson. Quelles conclusions doit-on en tirer? Il existe de nombreuses données concernant les dangers du formaldéhyde. Les affirmations concernant l’inocuité du formaldéhyde libéré reposent largement sur des déductions et des suppositions.
Aucun consommateur qui achète un produit conservé avec des libérateurs de formaldéhyde ne sait combien de formaldéhyde celui-ci contient. Tous les libérateurs de formaldéhyde ne libèrent pas les mêmes quantités, ceci est très variable. La fumée de cigarettes par exemple libère 57 à 115 ppm de formaldéhyde. La protection des non-fumeurs sert justement à ce que les autres ne respirent pas cette fumée. Et les paquets de cigarettes portent un avertissement sur le danger qu’ils représentent pour la santé.  Dans les produits bucco-dentaires, en comparaison (qui peuvent facilement être avalés), le formaldéhyde y est autorisé jusqu’à 1000 ppm, dans d’autres produits cosmétiques jusqu’à 2000 ppm.
Compte tenu de l’état des connaissances sur le formaldéhyde pur, une évaluation globale du style « les libérateurs de formaldéhydes sont inoffensifs » n’est, à mon avis, pas défendable. La dose contenue dans un produit cosmétique est-elle réellement minime (de l’ordre de celle qu’on trouve dans certains aliments) ou est-elle plus élevée? Comme le consommateur ne peut pas savoir à quelle quantité de formaldéhyde il va être confronté, j’ai choisi de continuer à attribuer la mention « insuffisant » aux libérateurs de formaldéhyde.

Composés organohalogénés et libérateurs de formaldéhyde:

666 Iodopropynyl Buthylcarbamate
666 Chloroxylenol
666 Methylchloroisothiazolinone
666 Methyldibromo Glutaronitrile
666 Diazolidinyl Urea
666 Chlorphenesin
666 Methylisothiazolinone
666 Imidazolidinyl Urea
666 DMDM Hydantoin
666 MDM Hydantoin

Exemples de mode de conservation de produits conventionnels, soins du visage
La conservation d’un produit cosmétique n’est pas uniquement assurée par un  seul conservateur mais par un mélange. Les composés organohalogénés et les libérateurs de formaldéhyde, en rouge ici, appartiennent encore et toujours au répertoire standard des conservateurs, comme les exemples suivants le montrent.

L'Oréal: RevitaLift Double Lifting
666 Methylparaben
666 Diazolidinyl Urea
666 Butylparaben
666 Chlorphenesin
   
Vichy: Myokine
666 Methylparaben
666 Iodopropynyl Buthylcarbamate
666 Butylparaben
   
Garnier: UltraLift
666 Chlorphenesin
666 Imidazolidinyl Urea
666 Methylparaben
666 Phenoxyethanol
666 Propylparaben
   
Avène: Hydrance Crème hydratante
666 Chlorphenesin
666 Phenoxyethanol
   
Mixa bébé: Lait de toilette très doux
666 Imidazolidinyl Urea
666 Methylparaben
666 Propylparaben

 

Les parabènes
Dans mes livres, j’ai toujours pris le parti de dire qu’en cas de doute, le consommateur devait opter pour la sécurité, et je n’ai pas changé d’avis. Lorsqu’en 2004, une étude de chercheurs britanniques fit la une et laissa à penser qu’il pourrait y avoir un lien entre les parabènes employés dans des déodorants et le cancer du sein, il était nécessaire de vérifier dans quelle mesure cette affirmation était scientifiquement prouvée.
Partant du principe que « dans le doute, c’est la sécurité qui prime », j’avais attribué aux parabènes la note 4 (passable). Auparavant, ils avaient la note 3 (satisfaisant). Pourquoi descendre d’un cran? Parce qu’il y avait un doute sur l’effet cancérigène. Il fallait peser l’importance de ces doutes. D’après mon évaluation, l’étude britannique n’était pas en mesure de justifier les soupçons concernant l’effet cancérigène. C’est pourquoi je n’ai pas non plus doté les parabènes de la note 5 ou 6. Mais les doutes n’étant pas dissipés, j’ai maintenu la note 4.
Cette note « passable » ne doit cependant pas faire oublier que certains conservateurs employés présentent un potentiel de dangerosité plus élevé et même avéré. C’est le cas par exemple des substances qui dénaturent les protéines.
Or, dans le débat publique, les parabènes sont devenus synonymes de substances cosmétiques problématiques et potentiellement dangereuses pour la santé. Je déplore qu’on en soit arrivé là et j’insiste avec véhémence pour un regard plus nuancé. Seule un approche nuancée permet de distinguer ce qui est problématique de ce qui l’est moins.

kons2 Pas de lien entre parabènes et le cancer du sein
De 2004 à 2006, le SCCP (comité de conseillers scientifiques de la Commission Européenne /  Scientific Committee on Consumer products) s’est activement penché sur les parabènes. Qu’est-il advenu des doutes sur les parabènes?  Le résultat principal indique que l’effet cancérigène des parabènes n’a pas pu être prouvé. Les auteurs de l’étude britannique (Darbre et Harvey) se sont distanciés de la conclusion selon laquelle il y aurait une relation entre parabènes et cancer du sein. Ils ont clairement indiqué que leur étude ne permettait pas d’établir un tel lien.
D’autres études, comme par exemple, celle de l’institut danois de recherche alimentaire et vétérinaire (Danish Institute of Food and Veterinary Research) ont également conclu qu’il n’y avait pas de corrélation entre les parabènes et le cancer du sein. L’institut allemand d’évaluation des risques, est arrivé, lui aussi, à la même conclusion. Les parabènes peuvent déclencher  des allergies mais comparativement à d’autres substances, les parabènes jouent un  rôle mineur dans la fréquence de déclenchement d’allergies.

Les moulins du SCCP tournent lentement
Quand le SCCP se met en branle, cela peut durer des années, voire des décennies, avant que les contrôles ne soient terminés. Cependant, en matière de méthylparabène et d’éthylparabène, une décision a été prise en 2005 : une modification de la réglementation actuellement en vigueur n’est pas justifiée.
En ce qui concerne le propyl-, l’isopropyl-, le butyl- et l’isobutylparabène, le SCCP a demandé de rassembler des données supplémentaires. La raison en est la présupposition que l’industrie disposerait de données qu’elle n’aurait pas jusqu’ici présentées. Par conséquent, il a été décidé en 2006 que les données présentées jusqu’ici (par exemple deux études se basant sur des expériences sur les animaux) présentaient trop de lacunes pour qu’on puisse leur accorder une valeur scientifique. 
Y a-t-il un problème avec le propyl-, l’isopropyl-, le butyl- et l’isobutylparabène? Y-a-t’il un problème de protocole scientifique d’études et de leur réalisation?  De quoi s’agit-il au fond? Il ne s’agit  pas de confirmer ou d’infirmer des découvertes concrètes concernant un hypothétique  danger des parabènes puisque de tels résultats n’existent pas.
La question que se pose le SCCP est: la concentration maximale actuellement autorisée doit-elle être maintenue ou non? Prendre cette décision est un processus difficile. Le fait que cela prenne beaucoup de temps ne permet pas pour autant de tirer de grandes conclusions.
L’un des principaux problèmes pour l’évaluation des études est le suivant: il n’existe pas de résultat d’un seul bloc. Les études présentées proviennent de laboratoires différents et chaque étude est difficilement comparable à une autre. Les recherches sont faites selon diverses méthodes, à partir d’autres interrogations de départ, sur des animaux différents, avec des dosages différents, et elles portent une fois sur tel parabène, une fois sur tel autre etc. Par conséquent, les données recueillies peuvent généralement être interprétées de manières très différentes. Certaines études posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. C’est le cas par exemple quand leurs résultats contredisent ceux d’autres études. Quoiqu’il en soit, en ce qui concerne les parabènes cités, il n’existe pas d’indication concernant d’éventuels dommages pour la santé dus aux principes chimiques (comme par exemple la dénaturation des protéines).

Paracelsus reste la ligne directrice
Il se confirme régulièrement que, comme l’avait dit le célèbre naturopathe / guérisseur Paracelsus: „tout est question de dosage”. Ceci est valable pour tout ce que nous trouvons délicieux et bon pour la santé. Concernant les vitamines par exemple. Si nous mangeons de manière équilibrée, nous absorbons une quantité saine de vitamine. Si nous faisons appel aux compléments alimentaires, qui peuvent être surdosés, cela peut devenir très dangereux. Surtout pour les vitamines qui sont stockées dans les graisses du corps (comme la vitamine A). Un surdosage permanent risque de déclencher des maladies graves comme par exemple des problèmes de foie, et peut augmenter les risques de cancer. Même en ce qui concerne les vitamines, il existe donc des études conséquentes et d’autres sont en cours pour pouvoir déterminer quelles sont les doses à ne pas dépasser.
Classer les parabènes dans la zone entre « bon » et « mauvais »  ne signifie pas pour autant que les parabènes soient le meilleur mode de conservation. Il existe des alternatives. Et de nombreux produits cosmétiques naturels certifiés ne contiennent même aucun conservateur de synthèse.
On trouve surtout des parabènes en tant que conservateurs dans les marques souhaitant se donner un look végétal, naturel, une conscience « verte », mais qui ne sont pas des produits naturels certifiés bios. Dans tous les cas de figure, tant qu’on n’a pas jeté un coup d’œil sur les composants du produit qui nous intéresse, on ne peut jamais savoir si une marque renonce vraiment de façon conséquente aux conservateurs potentiellement dangereux.

Mes positions sur la conservation
Comme les produits qui suivent le montrent, à l’intérieur même d’un groupe de produits  (comme ici les produits de douche et les shampooings), les modes de conservation varient considérablement. Les mélanges de conservateurs sont extrêmement différents d’un produit à l’autre. Cela vient entre-autres du fait que les fabricants utilisent leur « recette » habituelle. Si on voulait s’en donner la peine, on pourrait la modifier. Mais changer de mode de conservation demande de l’énergie, a un coût et s’accompagne de problèmes.
La mondialisation joue ici un rôle central. Si l’on veut commercialiser des produits dans tous les pays du monde, il est nécessaire de tenir compte des réglementations pour cosmétiques des différents pays, également en matière de conservation. Pour pouvoir vendre dans le monde entier, il faut trouver un dénominateur commun. Lorsqu’un produit est développé, la préoccupation est le plus souvent de savoir si on va pouvoir le vendre à l’échelle internationale, et non de choisir un mode de conservation le plus doux possible.

 

La palette d’appréciations va de „très mauvais” à „très bien”

Garnier: Neutralia gel douche
666 DMDM Hydantoin
666 Chlorhexidine Digluconate
666 Phenoxyethanol
666 Methylparaben
Appréciation sur la conservation
666 La conservation est assurée par le composant DMDM Hydantoin (qui peut libérer du formaldéhyde), par le composé organohalogéné Chlorhexidine Digluconate, ainsi que par le phénoxyéthanol et le méthylparabène. La mauvaise appréciation se justifie par la présence du composé organohalogéné et du libérateur de formaldéhyde.
Yves Rocher:  Shampooing Phytum
666 Methylchloroisothiazolinone
666 Methylisothiazolinone
Appréciation sur la conservation
666 Conservé à l’aide de „mastodontes”: un composé organohalogéné, le  Methylchloroisothiazolinone, et le Methylisothiazolinone qui peut libérer du formaldéhyde.
   

Dessange: Shampooing raviveur de couleur
666 Sodium Methylparaben
666 DMDM Hydantoin
666 Phenoxyethanol
666 Ethylparaben
666 Propylparaben
666 Isopropylparaben
666 Methylparaben
666 Butylparaben
Appréciation sur la conservation
666 Conservé à l’aide de DMDM Hydantoin qui peut libérer du formaldéhyde. S’y ajoutent le phénoxyéthanol et six parabènes.
Garnier: Fructis protection couleur
666 Sodium Methylparaben
666 DMDM Hydantoin
666 Methylparaben
666 Butylparaben
Appréciation sur la conservation
666 Conservé à l’aide du composant DMDM Hydantoin qui peut libérer du formaldéhyde, et de trois parabènes.

Sisley: Eau de Campagne Phytogel Douche et Bain
666 Benzoic Acid
666 Phenoxyethanol
666 Methylparaben
666 Butylparaben
666 Ethylparaben
666 Propylparaben
Appréciation sur la conservation
6 Conservé à l’aide d’acide benzoïque, de phénoxyéthanol et de parabènes.
The Body Shop: Gel douche Vanille
666 Phenoxyethanol
666 Sodium Benzoate
666 Methylparaben
666 Butylparaben
666 Ethylparaben
666 Isobutylparaben
666 Propylparaben
Appréciation sur la conservation
6 Conservé à l’aide de Sodium Benzoate, phénoxyéthanol et parabènes.

La Roche-Posay: Douche crème concentrée/ Crème douche concentrée
666 Potassium Sorbate
666 Sodium Benzoate
666 Methylparaben
Appréciation sur la conservation
6 Il s’agit d’un mode de conservation assez doux avec du sorbate de potassium et du benzoate de sodium, autorisés aussi dans les produits alimentaires. S’y ajoute un parabène (méthylparabène).
Nivea: Lait de douche Lotus & Beauty
666 Sodium Benzoate
666 Sodium Salicylate
666 Methylparaben
Appréciation sur la conservation
6 Un mode de conservation assez doux composé de benzoate de sodium, de salicylate de sodium et d’un parabène (méthylparabène).

Sanoflore: Gel douche abricot et mélisse
666 Potassium Sorbate
666 Benzoic Acid
Appréciation sur la conservation
666 Uniquement des composants doux comme l’acide benzoïque et le sorbate de potassium.
Florame: Gel douche à l’huile essentielle biologique  de feuilles de menthe
666 Sodium Benzoate
666 Potassium Sorbate
Appréciation sur la conservation
666 Mode de conservation doux avec du benzoate de sodium et du sorbate de potassium (autorisé aussi dans les produits alimentaires).

Sante: Gel douche Sun Wave
Ce produit est exempt de conservateurs de synthèse.
Appréciation sur la conservation
666 Probablement avec des substances qui remplissent plusieurs fonctions, comme les huiles essentielles par exemple.
   
L'Occitane: Gel douche à l'huile essentielle de Lavande
Ce produit est exempt de conservateurs de synthèse.
Appréciation sur la conservation
666 Probablement avec des substances qui remplissent plusieurs fonctions comme les huiles essentielles par exemple.

 

La conservation des cosmétiques certifiés bios
En ce qui concerne les cosmétiques bios ou naturels certifiés, une chose est certaine: aucun d’entre eux n’est autorisé à contenir des conservateurs du groupe des conservateurs problématiques présentés ci-dessus.
•   La certification (allemande) du BDIH exclut également les parabènes.
•   La certification Ecocert/Cosmébio autorise un faible taux de parabènes, mais la certification aussi exclut un mode de conservation par les parabènes. Les parabènes peuvent tout au plus se trouver dans les matières premières en tant que conservateur.
Dans les différents cahiers des charges de certification les conservateurs qui peuvent être utilisés sont clairement indiqués. Il s’agit de ceux « identiques à des produits naturels » comme les acides benzoïque, salicylique ou sorbique. De fait, il s’agit aussi de conservateurs de synthèse, mais ce sont les plus doux que l’annexe de la réglementaton sur les cosmétiques contienne. De quel savoir-faire un fabricant de cosmétiques en matière de conservation dispose, dépend de son expérience et d’un long travail de développement.
•   Pour les cosmétiques naturels et bio, un système cohérent de conservation concerne l’ensemble du processus de fabrication: de la formulation du produit, en passant par la production, pour arriver au conditionnement adéquat  (les tubes ou vaporisateurs, par exemple). Donc des contenants qui garantissent que le moins de germes possibles ne pénètrent dans le produit au moment de l’utilisation.

duschen

 

« Sans conservateurs de synthèse », comment cela est-il possible?
Même les cosmétiques bios certifiés ne sont pas tous conservés de la même manière.
•   Premier cas de figure: Le produit contient un des conservateurs autorisés dans par les  cahiers des charge de cosmétiques bio. Benzyl Alcohol, Potassium Sorbate ou Benzyl Salicylate, par exemple. Si l’un des conservateurs autorisés est utilisé, la certification BDIH impose que soit ajouté la mention ‘conservé avec … ’[nom du conservateur]. Pour les produits certifiés Ecocert/Cosmebio, ceci n’est pas obligatoire.
•   Deuxième cas de figure: aucun des conservateurs, même ceux autorisés, n’est employé. Le produit peut donc porter la mention « sans conservateurs de synthèse ».
On se pose souvent la question de savoir comment la conservation peut être assurée sans recourir à des conservateurs de synthèse. Cela est possible par une synergie cohérente de tous les domaines concernés : conception du produit, qualité des matières premières, fabrication, conditionnement dans des contenants adéquats et sous conditions stériles (par exemple  en amenant de l’air purifié). Si l’on renonce à l’ensemble des conservateurs de synthèse, le produit est généralement conçu de manière à ce qu’il contienne des composants ayant des propriétés conservatrices, comme l’alcool ou les huiles essentielles.

Une longueur d’avance grâce à la recherche et l’expérience
Le grand succès des cosmétiques bios attire de nombreux fabricants de cosmétiques de la planète, qui aimeraient en profiter. L’éventail de fabricants de cosmétiques naturels et bio va d’entreprises qui sont depuis des décennies sur le marché et disposent de leurs propres départements de recherche et de développement, jusqu’à des marques ressemblant plutôt à des agences de marketing, qui font développer leurs produits par d’autres et ne les produisent pas elles-mêmes.
Un fabricant souhaitant mettre sur le marché une gamme de produits cohérents, modernes et complets, ne s’en sortira pas sans un  excellent savoir-faire en matière de conservation. Nombreux sont ceux qui échouent dans ce domaine et n’obtiennent pas la certification de leurs produits. Car s’ils est vrai que les fabricants de matières premières de cosmétiques au niveau mondial présentent souvent des nouveautés, une vigilance extrême est de rigueur en matière de conservateurs.  La « substance miracle » permettant d’obtenir une conservation douce et sûre n’existe pas. Des produits présentés comme capables de résoudre tous les problèmes de conservation de manière naturelle, se sont révélés problématiques, voire dangereux, lors des tests plus approfondis. Faire confiance aux dires des fabricants de matières premières peut s’avérer extrêmement risqué, comme l’expérience l’a déjà montré.

C’est la raison pour laquelle les entreprises sérieuses ont développé une série de moyens pour étudier et évaluer des matières premières en amont. L’instance décisive reste l’expérience et la qualité du département de recherche et développement. Même si de nombreuses précautions ont été prises en amont, les nouveaux conservateurs doivent être testés de fond en comble avant d’être utilisés. C’est lorsque certaines données nous interpellent que l’expérience joue un rôle important. La nécessité de dissiper tous les doutes s’impose alors. S’il le faut, on mettra en place des analyses chimiques poussées pour découvrir la vraie nature de la substance.

 

lu m ru