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» Huiles végétales naturelles versus huiles estérifiées

Si vous remplaciez dans votre cuisine une huile d’olive de qualité par une huile « d’origine naturelle » obtenue à partir d’une réaction avec d’autres composants, est ce que vous seriez d’avis que cette huile contient les mêmes valeurs nutritives que l’huile d’olive pure ? La réponse est sans doute ‘non’ et cela à juste titre. Si l’on applique cet exemple aux cosmétique bio, cela nous amènerait à la question suivante ; Est ce que les huiles estérifiées, -qui sont de plus en plus employées en cosmétique bio-, sont tout aussi bien, voire efficaces, que les véritables huiles végétales?

À quel point les huiles contenues dans un produit sont-elles naturelles ? Dans les formulations de cosmétiques naturels, on constate quelques différences. Huile végétale pure, estérifiée – comme le montrent beaucoup de produits, les huiles estérifiées ont été promues par un certain nombre de fabricants au rang de matière première principale – et cela au détriment d’authentiques huiles végétales.

On reconnaît les huiles estérifiées aux termes INCI, comme par exemple :

Oel• Caprylic Capric Triglyceride
• Coco Caprylate Caprate
• Oleyl Erucate
• Oleyl Linoleate
• Decyl Oleate

Appartiennent aussi à ce groupe des composés d’une structure chimique légèrement différente comme par exemple l’éther.
Termes INCI :
• Dicaprylyl Ether
• Octyldodecanol

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Quels sont les arguments contre les huiles estérifiées?

Les huiles estérifiées sont – d’une manière ou d’une autre – d’origine naturelle mais diffèrent fondamentalement des huiles végétales purement naturelles en ce sens qu’elles résultent de la chimie des acides gras. Les huiles végétales sont le point de départ de ces huiles appartenant au groupe des triglycérides, ce qui signifie que trois acides gras sont liés à une unité de glycérol (glycérine). Le glycérol est un polyol, un alcool triple auquel trois acides gras peuvent se lier.
Par conséquent, les huiles végétales peuvent être dédoublées (en glycérol et en acides gras). Une telle séparation est obtenue à l’aide d’une lessive caustique comme l’hydroxide de potassium ou l’hydroxide de sodium. Une fois dédoublés, le glycérol et les acides gras entrent immédiatement en réaction avec la lessive pour former les sels sodiques ou potassiques des acides gras correspondants. C’est ainsi qu’on obtient les savons, selon un processus de base appelé la saponification.
Les huiles estérifiées sont, elles aussi, le résultat du dédoublement d’une huile végétale. C’est-à-dire qu’on utilise les différents acides gras, que l’on combine avec du glycérol ou d’autres alcools pour obtenir de nouvelles liaisons ayant des propriétés différentes.
Les huiles estérifées sont le produit d’une réaction entre des acides gras (des acides fermes et cireux à chaînes plus longues, comme par exemple l’acide stéarique, l’acide oléïque, l’acide palmitique etc.) et des alcools (des alcools gras ou des polyols comme le glycérol). Ces huiles peuvent par contre également contenir des substances issues de la pétrochimie, comme c’est le cas pour l’Isopropyl Palmitate.

Quels sont les arguments en faveur des véritables huiles végétales?

D’une part, les huiles végétales ont toujours été un pilier des cosmétiques naturels en tant que principal ingrédient de la base. Et pour cause : chaque vraie huile végétale constitue en soi un mélange d’agents actifs complexe et spécifique.

oel2D’autre part, si les huiles estérifiées sont naturelles, ce ne sont pas pour autant d’authentiques « produits de la nature ». Pourquoi les consommateurs qui accordent de l’importance à une huile de table de toute première qualité mettentils le prix et choisissentils une huile d’olive vierge ? Parce que seule une huile véritable peut agir sur la santé. De même, pour bénéficier de toutes les vertus d’une pomme, il faut croquer la pomme entière. Un fruit décomposé et associé à d’autres ingrédients ne serait plus la pomme d’origine. Il en va de même des huiles estérifiées.

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Les huiles estérifiées sont moins « riches » que les véritables huiles végétales.

Qu’il s’agisse de composants secondaires de plantes ou de vitamines, de part leur composition les huiles estérifiées sont considérablement plus pauvres que les véritables huiles végétales. Il leur manque des éléments importants de matières actives et ils n’offrent pas la combinaison de matières actives cotenue dans la véritable huile végétale employée dans son intégralité.
Les partisans des huiles estérifiées avancent que pour les crèmes, elles seules permettent d’obtenir une consistance laissant sur la peau une sensation très proche de celle que procurent les produits conventionnels. Et ils arguent que certains consommateurs se plaignent des crèmes contenant la proportion habituelle de véritables huiles végétales parce qu’elles moins douces, crémeuses ou légères. Avec des huiles esterifiées, on peut effectivement obtenir une sensation de soin pour la peau que l’on obtient habituellemt qu’avec des huiles de silicones.
Est ce que cet effet justifie leur utilisation ? Je ne le pense pas. Dans le domaine des cosmétiques naturels, il doit bien exister d’autres moyens que l’utilisation des huiles estérifiées pour essayer d’améliorer la sensation que produisent les crèmes sur la peau.On pourrait par exemple varier la combinaison des huiles (jojoba, huile de noyau, huile de graines) ou en tester d’autres.

Quelle est la position d’Ecocert et du BDIH ?

En ce qui concerne l’utilisation des huiles estérifiées en cosmétique naturelle et bio, les positions d’Ecocert et du BDIH divergent.

• Le BDIH allemand a choisi la restriction. Il préconise de ne pas dépasser, dans une formule de cosmétique naturel, 10 % de substances estérifiées (huiles estérifiées ou ma-tières premières hydrogénées). Dans la phase huileuse, ce taux peut aller jusqu’à 50 % maximum. La volonté du BDIH étant que les huiles végétales continuent à jouer un rôle central.

• Pour des certifications basées sur le cahier de charges Ecocert, il n’y a pas de restrictions. Je suis pour les restictions, car la propension à se tourner vers les huiles estéri-fiées et à les utiliser comme élément principal de la base des cosmétiques naturels signifie par conséquent que l’on renonce à une qualité naturelle qui jusqu’ici était justement l’apanage des seuls cosmétiques naturels sur le marché.

 

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