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Déodorant + bio : Il n’existe pas de déodorant bio qui mérite cette appellation

Plus les produits avec la mention « bio » sont recherchés, plus la tentation de mettre de la poudre aux yeux des consommateurs est grande. Du moins, existe-il parmi les produits déodorants certifiés (certification Ecocert/Cosmebio ou BDIH) des déodorants bio ? Ma réponse est non car il existe seulement des produits qui contiennent des matières premières issues de l’agriculture biologique.

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Où est la différence ? Pourquoi un produit qui contient des matières premières issues de l’agriculture biologique n’est pas en même temps un produit bio ? Prenons un exemple explicite : d’après ma compréhension du langage un pull en coton peut seulement être un pull en coton s’il est entièrement composé de coton, ou du moins majoritairement. Il n’en est pas ainsi s’il est uniquement composé par exemple de 5 % ou 10 % de coton, à ce moment-là il ne s’agit pas d’après ma compréhension d’un pull en coton. D’après cette logique, tous les déodorants certifiés Ecocert/Cosmebio ou BDIH sont des produits ‘naturels’ car ils contiennent exclusivement des ingrédients naturels ou d’origine naturelle. Une partie de ces ingrédients est issue de l’agriculture biologique. En terme de volume global, il s’agit en fait de la minorité. Le consommateur peut en général constater par lui-même de quels ingrédients il s’agit car tous les fabricants (sauf Dr. Hauschka) les marquent d’une astérisque. Le déodorant Dr. Hauschka contient cependant aussi des ingrédients biologiques car le cahier des charges BDIH exige par exemple que l’extrait de sauge, lorsqu’il est employé, soit issu de l’agriculture biologique. Il en est de même pour la cire de jojoba contenue dans le déodorant Dr. Hauschka.

Lorsqu’on s’emploie à comparer les différents déodorants quant à leurs composants bio, on remarque que pour les deux certifications (Ecocert/Cosmebio + BDIH) seulement certains ingrédients sont issus de l’agriculture biologique. Il s’agit de composants comme les huiles essentielles, les extraits de plantes, les alcools bio. Qu’il ne s’agisse que d’une partie des ingrédients est dû au fait que certains composants comme les émulsifiants par exemple sont au mieux d’origine naturelle. Il n’existe tout simplement pas d’émulsifiants bio. Ceci vaut également pour d’autres composants (dont l’eau), ils représentent la majeure partie de la plupart des produits. Ce qui nous amène au grand sujet de l’eau.

La certification Ecocert/Cosmebio propose, à la différence de la certification BDIH, une particularité : l’eau peut, sous forme d’hydrolat, devenir un ingrédient bio. Ainsi de nombreux déodorants bio certifiés par Ecocert/Cosmebio contiennent un hydrolat bio représentant la majeure partie de la phase aqueuse. Sans un tel hydrolat bio la quantité minimale d’ingrédients bio requise d’au moins xx pour cent du produit final ne serait en général pas atteinte.

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L’eau de camomille ou d’arbre à thé est-elle à même de justifier la qualité bio d’un produit ? Ma réponse est : non. Voici un exemple : un déodorant à base d’hydrolat de camomille (en tant que seul composant bio) peut-il être considéré comme bio alors qu’un déodorant à l’extrait d’oseille bio et d’alcool bio ne le serait pas ? Selon les détracteurs de BDIH (voir News) le déodorant à l’hydrolat de camomille serait un cosmétique bio et le déodorant à l’extrait d’oseille bio et à l’alcool bio serait « seulement » un cosmétique naturel. Pourquoi ? Parce que le produit à l’hydrolat est certifié par Ecocert/Cosmebio et peut donc être appelé cosmétique bio et que l’autre déodorant est certifié par BDIH ce qui lui fait porter l’appellation de cosmétique naturel. Le fait est que les appellations en disent peu sur la réelle qualité bio d’un produit. Un produit certifié cosmétique bio peut contenir moins de qualité bio qu’un produit certifié cosmétique naturel, ou l’inverse.
Voici une petite vue d’ensemble des ingrédients bio des déodorants présentés :

• Sante (Cosmétique naturel contrôlé BDIH) : alcool bio, extrait d’oseille bio

• B com Bio (Cosmétique Bio Charte Cosmebio) : hydrolat (eau de camomille)

• Melvita (Cosmétique Bio Charte Cosmebio) : extrait d'aloe vera, huile de macadamia

• Labo J. Paltz (Cosmétique Bio Charte Cosmebio) : hydrolat d’arbre à thé, huiles essentielles

• Dr. Hauschka (Cosmétique naturel contrôlé BDIH) : extrait de sauge, cire de jojoba

• Bioregena (Cosmétique Bio Charte Cosmebio) : hydrolat d’arbre à thé, huiles essentielles

• Logona (Cosmétique naturel contrôlé BDIH) : alcool bio, extrait de sauge

• Biguine (Cosmétique Bio Charte Cosmebio) : alcool bio, extrait d'aloe vera, huiles essentielles

Je regrette beaucoup que dans le débat sur le thème de la « qualité bio » l’objectivité passe de plus en plus souvent au deuxième plan. Dans mon livre « La Vérité sur les Cosmétiques naturels » j’ai étudié le sujet en détail (pages 45-50). En conclusion : pour les deux certifications, Ecocert/Cosmebio comme pour la certification BDIH, les produits se démarquent tout d’abord par leur qualité naturelle. La qualité naturelle comme principe de base avec certaines matières premières issues de l’agriculture biologique : c’est la règle de départ pour les produits certifiés des deux «camps» de la certification.
La qualité globale d’un produit est déterminée uniquement par sa formule globale, donc par l’analyse de tous les ingrédients. Pour ne nommer qu’un seul exemple : un hydrolat bio ne fait pas d’un shampooing un bon produit quand le seul tensioactif employé est l’ammonium lauryl sulfate, composant irritant. En comparaison un shampooing qui ne contiendrait aucun ingrédient bio mais qui emploierait un tensioactif naturel des plus doux serait un choix bien meilleur. Comme tout ceci est quelque peu compliqué, je m’exprimerai désormais plus souvent sur ce sujet.

 

 

 

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